Amédée IX dit le Bienheureux

Bienheureux, Amédée IX (1465- 1472), troisième duc de Savoie l’est aux yeux de l’Église, qui le béatifia. Mais son court règne fut, lui, des plus malheureux pour la dynastie.

Eut-il été au couvent, Amédée aurait sans doute rempli son devoir monastique avec une joie à laquelle sa bonté et sa profonde piété le prédestinaient. Hélas, le destin voulut que le fils aîné de Louis ler et d’Anne de Lusignan dût se préoccuper, non du salut des âmes, mais de celui d’un État. Un État, en plus, engagé sur la pente du déclin depuis le règne de son père, dont il hérita de la faiblesse de caractère ; à quoi s’ajoute, facteur aggravant, une santé défaillante.

Né le 1′ février 1435 à Thonon, Amédée est éduqué par un précepteur franciscain, plus soucieux de lui inculquer le respect des vertus chrétiennes que de le préparer à la conduite des affaires publiques. En 1456, il épouse la princesse Yolande de France1, sœur du roi Louis XI, et se voit confier l’administration de la Bresse. En 1465, la mort du duc Louis fait de lui le nouveau souverain. L’héritier accepte la lourde charge à contrecœur, pressé par sa femme. Qui, déjà, affirme son ascendant. C’est que le règne d’Amédée fut, en pratique, celui de la duchesse Yolande. Intelligente, énergique, cette princesse française n’a, d’abord, guère de mal à orienter son époux dans le sens des intérêts de sa patrie natale. Ainsi, sommé de prendre parti, le duc se range-t-il aux côtés de son beau-frère Louis XI, confronté à la révolte des grands féodaux du royaume dans la « Ligue du bien public ». En juillet 1465, des Savoyards combattent aux côtés des troupes royales lors de la bataille de Montlhéry (près de Paris), qui voit la défaite des Ligueurs.

Amedee-IX-de-SavoieMais, en Savoie même, la haute noblesse s’agite et multiplie les intrigues, escomptant profiter de la faiblesse du pouvoir ducal. D’officieux, le rôle de Yolande devient officiel en 1469. Atteint d’épilepsie à la suite d’une grave maladie, Amédée, désormais incapable de gouverner, confie la Régence a son épouse, avec le consentement des États Généraux de Savoie. Cette décision mécontente trois frères du duc qui prennent les armes. La guerre civile menace ; elle s’ajoute aux malheurs de ce temps pour des populations déjà confrontées à la disette, à la peste et a des hivers rigoureux. Réfugiée dans la citadelle de Montmélian, la famille ducale est capturée après un bref siège. Amédée et sa famille sont conduits à Chambéry. Mais, par ruse, Yolande parvient à s’échapper et à rejoindre Grenoble d’où elle implore son frère à la rescousse. Louis XI fait lever une armée. La crainte d’une invasion conduit la fratrie insurgée à négocier : Yolande conservera les rênes du gouvernement ; en échange, ses trois beaux-frères sont admis au Conseil.

Son mal empirant. Amédée IX se retirera à Vercelli, dans le Piémont. Il trouve enfin la paix éternelle le 30 mars 1472, à 37 ans seulement. Les historiens soulignent volontiers qu’Amédée fut plus préoccupé par ses devoirs de chrétien que ceux de chef d’État. Sa vie durant, il fut d’une charité sans bornes envers les faibles et les démunis, qu’il accueillait à sa table. À Vercelli, il transforma une partie de son château en hospice.

La tradition rapporte qu’une série de miracles eurent lieu sur son tombeau. Le peuple lui voua une véritable dévotion. Il sera déclaré Bienheureux (2) par le pape Innocent XI en 1677. Ses restes reposent dans une chapelle de style baroque qui lui est dédiée, dans la cathédrale de Vercelli. Cette chapelle abrite aussi la tombe de son épouse Yolande, décédée en 1478. Il est représenté également sur le vitrail central de la chapelle des Savoie, dans la cathédrale de Chambéry. On le voit distribuant aux pauvres des morceaux de son collier en or.

Ses deux fils lui succéderont : Philibert (Philibert 1er dit le Chasseur) et Charles (Charles 1er

dit le Guerrier). Quant à ses trois filles : Anne sera mariée avec le prince de Tarente,  Marie, avec le prince de Neuchâtel, Philippe, Louise, avec le comte Hugues de Châlons : devenue veuve. Louise se fera Clarisse à Orbe; elle fut béatifiée en 1839 (fétée le 24 juillet).

(l) fille du roi Charles VII. Yolande (1434-1478) avait été élevée à la Cour de Savoie depuis l’âge de 2 ans.
(2) Le futur saint François de Sales avait intercédé auprès du pape Paul V pour sa béatification.
Source : l’almanach savoyard 2012

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