Anodontes et mulettes

Ces mollusques bivalves sont appelés ainsi parce que la  coquille qui les entoure et formée de deux parties, deux valves, tenues par un ligament élastique, une sorte de charnière. Ce coquillage, pardessus inusable de notre petit animal, est fait de plusieurs couches de substances diverses. La coquille est une production du manteau, membrane charnue qui renferme le corps du « mollusque » ; ce n’est pas une injure : effectivement, son corps est mou. Et il ne s’offensera  certainement pas de cette question : « Mais où est ta tête ? », car notre bivalve n’a pas de tête à proprement parler. Il possède un grand pied, un intestin, un cœur, un foie, des reins, deux siphons, même une espèce de bouche, mais une tête attachée au corps, non, on ne peut vraiment pas en distinguer. Au repos, le bivalve gît sur le flanc, à demi enfoncé dans le sable, les valves entrouvertes, il laisse pénétrer entre celles-ci un courant d’eau (60 litres par jour) dont il tire sa nourriture, grâce à un système de filtrage particulier : cette nourriture, ce sont des êtres microscopiques. Si un trouble-fête survient, le voici qui contracte ses deux muscles internes pour serrer ses valves et claquer la porte au nez de l’importun. Une espèce de mulette produit parfois des perles. Même si le commerce de la perle d’eau douce n’existe plus, on aime trouver ce petit joyau à l’intérieur d’un bivalve, cadeau spontané de cette étrange créature.

Autrefois, on pratiquait beaucoup la pêche et le commerce des perles des bivalves d’eau douce. Les bivalves sont très prolifiques et peuvent produire des milliers d’œufs.             

 Notre mollusque exhibe à tout le monde son acte de naissance : c’est sa coquille. Dans ce dessin le zéro représente la partie centrale qui est la plus ancienne, c’est le crochet. Pendant  la croissance la coque augmente par des sécrétions continuelles, qui se disposent en couches concentriques : sept stries dans le cas présent.2

Les petites larves du bivalve font de l’auto-stop. Privées de leur mère, elles s’attachent au ventre, aux branchies, à la queue du premier poisson venu, pour voguer vers d’autres lieux.

Le tégument qui revêt le coquillage à l’intérieur sécrète une substance qui, en s’amalgamant autour d’un corps étranger (grain de sable ou larve parasitaire), formera une perle.

Et voici le schéma de cette transformation : le corps pénètre dans la paroi du manteau ; puis il est graduellement recouvert d’une seule couche nacrée qui constituera la perle. Les perles de ces animaux ont rarement valeur commerciale.

On voit comment se déplace un bivalve. Première phase : il étend son pied sous le sable. Seconde phase : l’extrémité de ce pied s’élargit et se fixe au terrain. Troisième phase : à l’aide d’une contraction, le mollusque porte tout son corps en avant.

Quand notre bivalve allonge le pied, automatiquement les siphons de son corps entrent en action : l’un aspire l’eau et l’autre la rejette, comme l’indiquent les fléchettes.

Anatomie d’un bivalve, mis à nu après l’extirpation d’une valve.

8Jusqu’au milieu du XXe siècle on faisait une utilisation industrielle des bivalves, avant l’arrivée du plastique, pour fabriquer des boutons en nacre, qui ne sont plus, de nos jours utilisés que dans la haute couture.  Pour ce faire, on poinçonnait la couche interne de la nacre.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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