Assomption ou Dormition de la Vierge

La célébration de l’Assomption est la plus ancienne des fêtes mariales, établie dès le VIe siècle en Orient, fixée au 15 août par l’empereur byzantin Maurice. À l’origine de la fête existent un culte et un pèlerinage à Ephèse, là où suivant les traditions prit fin le séjour terrestre de la Vierge.

L’Église catholique croit à l’Assomption de la Vierge à la suite de sa mort: son corps n’a pas été descendu au tombeau, mais a été élevé au ciel. La commémoration de ce mystère fut introduite dans la liturgie catholique vers le milieu du VIe siècle et sa commémoration figure dans les Évangiles de Würzburg sous le nom de « Natale », c’est-à-dire la naissance de la Vierge à la vie céleste. Le terme fut rapidement remplacé par celui d’Assomption, qui résume la bienveillance de Dieu envers son humble servante.

Des processions ferventes s’organisent partout dans le monde chrétien, surtout en France qui fut en 1638  « consacrée »  à la Vierge parle roi Louis XIII pour la remercier d’avoir donné un héritier au trône. Depuis, le pays reste fidèle à la tradition. Dans les localités maritimes, on bénit les bateaux pour les mettre sous la protection de la Vierge.

Les chrétiens orthodoxes préfèrent, eux, parler de « Dormition », signifiant par-là que la mort ne peut corrompre la chair de celle en qui Dieu s’est incarné.

Selon le Sunaxari, recueil de récits populaires , « quand le Christ décida de faire venir sa Mère auprès de lui, il ordonna à l’ange de lui notifier par trois fois sa décision avec une palme. Heureuse de retrouver son fils, elle alla prier sur le mont des Oliviers; les arbres se penchaient à son passage pour lui rendre hommage.

De retour à la maison, elle prépara son lit et invita tous les parents et amis à assister à sa fin. Elle distribua les quelques vêtements qui lui appartenaient et, au milieu des plaintes de ses amies, elle s’allongea sur le lit. Des nuages couvrirent alors la maison où se trouvaient rassemblés pour la dernière fois les disciples. Puis, après un effroyable coup de tonnerre, la Vierge se « transfigura » et remit son âme au Christ ». Le Fils en gloire est souvent présent dans l’angle droit des icônes, tenant affectueusement l’enfant emmailloté.

Au milieu du mois d’août, en pleine abondance et prospérité, la fête de la Dormition peut être comparée à de  « petites Pâques » précédées d’un carême de quinze jours, période charnière de l’année, critique pour l’année à venir, selon les traditions populaires. Dans plusieurs régions du monde orthodoxe, on organise la procession de l’epitaphios, le reposoir de la Vierge, à l’instar de la coutume du Vendredi saint.

AssomptionDans les pratiques populaires, cette fête de la Vierge n’a rien de triste. Presque chaque localité a une église ou une chapelle dédiée à la Vierge aux multiples qualifications et partout les festivités religieuses s’accompagnent de foires et de kermesses. Dans la conscience des fidèles, elle est toujours vivante, toujours présente, dans leurs bonheurs comme dans leurs malheurs. Souvent les prémices des fruits de la terre sont apportés rituellement aux églises pour lui être dédiés, comme si toute l’abondance et la prospérité acquise dans l’année étaient un don de la Vierge. D’ailleurs, ce jour-là, la nature entière est bénie, affranchie des « esprits » qui la peuplent pendant la première moitié du mois d’août. Comme Noël, cette fête est l’occasion pour les migrants et les marins de revenir à la maison et les gens s’installent deux ou trois jours aux abords des églises et des monastères de la Vierge. Les fêtes de migrants du Portugal sont typiques de la volonté de ces milliers de gens de ne pas se couper de leur tronc national et culturel.

Le 15 août est lié aux interventions miraculeuses de la Vierge: elle apparaît en rêve aux malades  pour les assister ; elle opère des guérisons lors des pèlerinages dans quelques-uns de ses sanctuaires préférés qui débordent d’ex-voto de toute sorte. C’est certainement le rassemblement autour de la cathédrale de Lourdes sur le lieu d’une apparition, qui atteint les proportions les plus gigantesques en Occident, et on ne saurait rester insensible aux souffrances physiques et morales ni au témoignage de foi des foules qui s’y pressent

C’est aussi le cas, pour le monde orthodoxe, de l’île Tinos, au milieu des Cyclades, à proximité de Délos, lieu sacre de l’antiquité classique.

Un « miracle» de toute autre nature se produit  dans un village de Céphalonie, à l’église Notre- Dame-des-Serpents. Le 15 août, des serpents affluent des collines environnantes, montent sur l’iconostase pour entourer l’icône de la Vierge, s’enroulent sur les fidèles sans avoir jamais mordu personne. C’est l’image d’une « divinité minoenne » qu’évoque cet événement où «grâce » de la Vierge change la nature des serpents

A lire : https://orthodoxologie.blogspot.fr/2009/10/la-mere-de-dieu-aux-serpents.html

Les traditions européennes ont conservé peu de chose du symbolisme « païen » du serpent. Aussi est-ce l’image biblique du reptile interlocuteur d’Eve, par qui le Paradis a été perdu, qui éveille un sentiment d’admiration mêlé d’effroi devant ce phénomène.

 

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