Auschwitz -poèmes de rescapés

Peut-être faudrait-il parler d’Auschwitz aux élèves de 3ème puis que la 2eme Guerre mondiale est dans leur programme.mais combien de jeunes ont-ils entendu parler d’Auschwitz et autres camps de concentration? voici quelques poèmes écrits par des rescapés d’Auschwitz… ou d’ailleurs.

Qu’on revienne d’Auschwitz ou d’ailleurs

Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs

Quand c’est un ailleurs

Aux autres inimaginable

C’est difficile de revenir.

 

Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs

Quand c’est d’un ailleurs

Où l’on a parlé avec la mort

C’est difficile de revenir

Et de reparler aux vivants

 

Qu’on revienne de guerre ou d’ailleurs

Quand on revient de là-bas

Et qu’il faut réapprendre c’est difficile de revenir

Quand on a regardé la mort

A prunelles nue

C’est difficile de réapprendre

A regarder les vivants

Aux prunelles opaques

Charlotte Delbo

Rescapée d’Auschwitz et de Ravensbrück

 

Ceux qui sont revenus devront réapprendre à vivre dans le souvenir de ceux qui ont disparu là-bas, ils ont promis, ils ont juré.

Auschwitz

Mon amie

 

Elle disait

Si je reviens

J’écrirai des romans

 

Elle disait

Si je reviens

J’apprendrai le violon

 

Elle disait

Si je reviens

J’aurai beaucoup d’enfants

 

Il n’y aura

Ni enfants

Ni violons

Ni romans

Gisèle Guillemot

Ravensbrück

 

Le temps n’a pas refermé les blessures de ce temps, nous restons sur les pistes qui conduisent vers les bornes sanglantes, sur le seuil des crématoires, des potences, des usines à tuer. Les cauchemars explosent encore devant les balles des miradors, près des seringues de bacilles, de la gueule aux crocs pointus des chiens SS

Auschwitz

TOURMENTS

Je cours sur la pointe des yeux

Dans la fumée des crématoires

Mes mains sont épuisées

De chair interrompue.

Mon âme lacérée

Demeure en purgatoire.

Ma soif est bien trop grande

De justice et d’amour.

O toutments !

O misères !

Quand me laisserez-vous

Dormir avec la paix ?

André Migdal

Rescapé de Neuengamme

 

Toute une vie à terminer dans un camp. Toute une vie à reconstruire la paix, à chercher une main fraternelle à serrer, à partager, à aimer, à redonner la vie.

Auschwitz

Fraternité

 

J’ai oublié ton nom, ton visage, tes yeux

Je sais pourtant que nous étions deux

Pour tirer le rouleau qui écrasait les cendres,

Et que tu me parlais avec des mots très tendres

De ton pays lointain, d’avenir, de beauté !

 

J’ai oublié ta voix, ta langue et ton accent,

Compagne inconnue ; mais à travers le temps

Je sens me réchauffant ta main toujours présente

Quand il faisait si froid, quand glissant sur la pente

Nous poussions à deux un si lourd wagonnet

 

J’ai oublié le jour, la semaine et l’année

Quand, à côté de moi, tu fus soudain nommée

Et que tu m’as quittée, allant vers ton destin !

Mais j’entendrai toujours en d’autres clairs matins

Les coups de feu claquer et se répercuter.

 

J’ai oublié ta voix, ta prière et ton nom

Mais je sais que ta vie, ta vie dont tu fis don

A ta chère patrie et à l’humanité

N’a pas été perdue et n’est pas effacée,

Qu’elle vit et revit dans la fraternité.

Lily Unden

Ravensbrück

 

Il y a 50 ans… C’était hier.

Les camps d’extermination, les camps de concentration nazis étaient libérés. Je suis certain de n’avoir pas tout dit, à peine l’essentiel, hélas.

Puisse, le monde se souvenir. Bientôt les derniers témoins disparaîtront. Faites en sorte de ne pas oublier, car « si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons »

Paul Eluar

 

Madame, Monsieur,

Je vous prie de croire à l’assurance de mes sentiments les plus dévoués

André Migdal

Président FNDIRP du Xe

Ancien déporté Résistant

Officier de la  Légion d’Honneur

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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