Babylone la mythique

La porte d’Ishtar

Ce 13 juin 323 avant J.-C., à Babylone, Alexandre le Grand est emporté par la malaria. Le jeune roi est alors au faîte de sa gloire, maître d’un Empire qui s’étend entre Grèce, Egypte et Indes. En son centre, la Mésopotamie – la terre « entre les fleuves », Tigre et Euphrate -, qui vit naître les premières Cités-Etats et l’écriture. Comme ses contemporains, Alexandre est fasciné par l’antique cité, fondée au IIe millénaire, qui a conservé intacte son image mythique, celle de la tour de Babel et des jardins suspendus. Des réalisations tellement audacieuses qu’on les attribua à Samiramis, la légendaire reine d’Assyrie et de Babylonie. Ce fut ensuite une lente agonie. Babylone, « la porte du dieu », la fière cité de Mésopotamie, avait un corps d’argile : la ziggourat (la tour de Babel), les palais et les temples se désagrégèrent lentement. Au premier siècle de notre ère, le géographe Strabon trouva le lieu désert, réduit à des amas de sable et de poussière de briques… Redécouverte en 1899, Babylone se révéla d’emblée un site d’une extraordinaire richesse archéologique. Il fallut certes déplorer la disparition des niveaux les plus anciens, noyés par la remontée des eaux de l’Euphrate, mais la ville de Nabuchodonosor et d’Alexandre devait connaître une véritable résurrection. Lancés en 1980 par le président Saddam Hussein, les travaux de restauration ont duré dix ans et mobilisé près de deux mille ouvriers, pour un résultat saisissant : le temple d’Ishtar, la voie des Processions, le palais Sud, le temple de Mardouk, la double enceinte, le théâtre hellénistique… Babylone s’offre à nouveau au regard émerveillé du voyageur. On pénètre dans la ville en passant sous la monumentale porte d’Ishtar, déesse de la fécondité et de la guerre. Fidèle à l’originale, elle est ornée des figures totémiques protectrices de la cité, le taureau et le »dragon de Mardouk », animal fabuleux, mélange de lion, de reptile et d’aigle. Par la voie des Processions –une large chaussée dallée – on gagne l’Etemenanki, emplacement de la tour de Babel. Il ne reste rien de cette pyramide à degrés, haute de 91 mètres, dont le reconstruction n’a pas été programmée… Après avoir longé les remparts crénelés, on passe des portes immenses, pour finalement s’égarer dans le vaste palais Sud, qui fut habité par Nabuchodonosor.

Il reste enfin au voyageur à franchir une ultime limite en pénétrant, seul dans les temples d’Ishtar et de Mardouk. Quelles qu’en soient les motivations, la rencontre avec Babylone, magnifique et déserte, reste un moment unique.

Babylone, cité mythique de Mésopotamie, Babylone est tombée dans l’oubli il y a vingt siècles. Partiellement reconstruite, elle invite aujourd’hui le voyageur à une expérience étonnante, faite de grandeur et de solitude. Au cœur du Moyen-Orient, comme au centre de l’Irak, Babylone est située à moins d’une centaine de kilomètres au sud de Bagdad

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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