Blanche de Montferrat mère de Charles Il

Blanche de Montferrat, mère de Charles Il 6e duc de Savoie de 1490 à 1496

L’Histoire, dit-on. est un éternel recommencement. Dans la longue galerie des souverains savoyards, Charles Il rappelle son proche prédécesseur Philibert ler (I472- 1482). En raison de leur jeune âge, ils n’eurent de duc que le titre. Leur règne fut, dans les faits, celui de leur mère : Yolande de France pour Philibert ; Blanche de Montferrat pour Charles

Charles-IIQue dire, en effet, de Charles-Jean-Amédée ? Né en 1489 à Turin, il n’a qu’un an à la mort prématurée de son père, Charles l ». L’enfant est élevé au château de Moncalieri,  près de la capitale piémontaise. Le l6 avril 1496, il fait une mauvaise chute et meurt. Voilà, c’en est déjà fini de Charles Il, 6″ duc de la Maison de Savoie. Son règne fut en réalité celui de sa mère. Blanche de Montferrat. De notables événements se sont néanmoins déroulés dans l’intervalle de ces six années. À la mort de son époux. Blanche de Montferrat a l9 ans. Trop jeune pour lui confier la Régence, s’imaginent les Grands du duché. S’engage l’inévitable lutte pour le pouvoir. Intrigues et complots, chevauchées et coups d’épées : choses connues. La jeune veuve ne s’en laisse pas conter. La réunion des États Généraux à Pignerol, en Piémont, règle l’affaire. Blanche devient officiellement régente. À l’occasion, le gouvernement de l’Etat est réorganisé.

Désormais, Savoie et Piémont seront dirigés par une administration distincte. Chacune est placée sous la férule d’un lieutenant-général, fonction confiée respectivement à Pierre de Savoie, évêque de Genève, et Philippe, comte de Bresse. Celle décision est lourde de conséquences pour l’avenir, puisqu’elle accentue la différenciation des territoires de part et d’autre des Alpes.

Blanche-de-MontferratDe fait,  le centre de gravité du duché amorce son déplacement vers le Piémont, aux dépens de la Savoie, berceau de la dynastie. La Régente (1) et le jeune duc s’établissent à Turin, non à Chambéry. Des nobles savoyards s’en émeuvent. Le belliqueux comte de La Chambre prend les armes ; battu, il doit faire amende honorable.

Au mécontentement de la Savoie « d’en haut » répond la fronde de la Savoie « d’en bas ». En 1492, la révolte souffle en Faucigny, comme le vent dans les voiles de Christophe Colomb en route pour le Nouveau Monde. Écrasés d’impôts et de misère, les paysans se soulèvent. La jacquerie est menée par un dénommé Jean Gay, de Megève. Son rêve de faire de la province un canton suisse n’ira pas loin : invités à venir négocier, lui et ses hommes sont arrêtés et prestement pendus. C’est ainsi. note perfidement le chroniqueur Bonivard (2), qu’ont coutume de faire les princes qui trompent le pauvre peuple »…

En 1494, le roi de France Charles VIII se met en tête de revendiquer le royaume de Naples,  arguant de droits dynastiques sur ce trône. C’est le début des guerres d’ltalie. La perspective de voir son puissant voisin s’immiscer dans les affaires de la péninsule n’enchante pas la Maison de Savoie, solidement installée en Piémont. Lucide, la Régente se sait impuissante à s’opposer par la force au passage de l’armée royale à travers les Alpes.

Diplomate, Blanche de Montferrat choisit de lui réserver le meilleur accueil, escomptant la bienveillance du roi en échange de sa neutralité. À Turin, Charles VIII se voit offrir un cheval bressan ; la tradition raconte que cette vigoureuse monture, nommée Savoie, lui sauvera la vie lors du combat de Fornoue (3).

La régence de Blanche prendra fin à la mort de son fils. Le dernier descendant direct d’Amédée IX et de Yolande de France est inhumé au château de Moncalleri.

(l) Rappelons que Blanche de Montferrat est une princesse piémontaise. Elle mourra en 1519.
(2) François Bonivard est l’auteur des Chroniques de Genève, où il ne fait pas mystère de son hostilité aux Etats de Savoie.
(3) C’est là que Bayard, ancien page du duc Chartes ler, fit ses premières armes.

 

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