Chevreuil, habitant de la Savoie

Le chevreuil Capreolus cnapreolus L – Famille des Cervidés

Dresser le portrait du plus petit cervidé d ‘Europe, c’est évoquer un miroir blanchâtre, un ruminant qui aboie. des ronds de sorcière et des moquettes…

Pour qui le découvre, le chevreuil surprend d’abord par ses modestes mensurations, comparé au cerf ou à la biche avec lesquels il est parfois, de loin, confondu. Sa taille ne dépasse pas

80 cm au garrot  pour une longueur comprise entre 90 et 120 et un poids de 25 kilos en moyenne. Sa tête fine terminée par un museau noir et surmontée de deux grandes oreilles, ses bois portés haut, sa taille de guêpe (moins de 20 cm de largeur !) et ses grandes pattes lui confèrent une allure gracile et élancée. Allure que cet ongulé artiodactyle1promène sur tout le continent européen, l’Irlande et les iles méditerranéennes exceptées

Dans la famille Chevreuil, le jeune mâle est appelé brocard ou, plus rarement, cabrol ; la femelle est la chevrette. Leur petit se nomme faon jusqu’à six mois, puis chevillard jusqu’à un an.

ChevreuilÀ la belle saison, le chevreuil porte une livrée d’une couleur brun-roux, avec un miroir jaunâtre ; l’hiver venu, il mue et se vêt d’une pelisse gris-brun, le miroir se parant de blanc. Miroir ? Le terme désigne la  « tache » couvrant l’arrière-train, en forme de deux ovales chez le mâle, de cœur inversé chez la femelle. L’animal est dépourvu de queue ou à peine visible ; chez les femelles, une touffe de poils au milieu du miroir crée parfois l’illusion.

Les pattes arrière sont plus longues qu’à l’avant. Elles sont coudées au repos pour maintenir le corps à l’horizontale. Vif et rapide, cet athlète accompli ne court pas, il bondit. Sa vitesse de pointe peut atteindre 30 à 40 km/h. Ses qualités de sauteur lui permettent de franchir des obstacles de plus de 2 mètres de haut ! Sa vue médiocre est paradoxalement capable de déceler le moindre mouvement brusque. L’ouïe est excellente. Seul le mâle porte des bois. Comparée au cerf, la ramure est modeste mais fièrement dressée. Longues de 25 à 30 cm, les deux protubérances osseuses ne dépassent pas trois cors (ou andouillers) chacune. Les bots tombent à la fin de l’automne. En repoussant, ils sont protégés par une peau de velours. La croissance achevée, au printemps. Le brocard frotte sa ramure neuve contre des troncs pour faire tomber le velours Il n’échappe pas aux affres du grand âge, lui dont la longévité n’excède pas 7 ou 8 ans : en vieillissant, les bois s’émoussent et se racornissent…

Bois et forêt constituent son habitat de prédilection. En cas de surpopulation, il colonise, en fonction des régions, bocages, garrigues, prairies ou plaines céréalières Dans nos montagnes, on le retrouve à plus de 2000 m. d’altitude.

ChevreuilL’essentiel de son temps est consacré à manger et à ruminer. Ce fin gourmet se délecte d’une nourriture riche et variée : bourgeons, jeunes pousses et feuilles d’arbres (chênes. charmes. . .), lierre et ronces, plantes herbacées, mais aussi champignons, glands, faines. Voire, dans les régions agricoles, céréales cultivées (colza, luzerne…)

Soucieux de bien-être, le Chevreuil prépare son lit – on dit couchette– en grattant le sol pour en débarrasser les végétaux. L’espace ainsi dégagé, de forme ovale, est un indice de sa présence. On peut aussi chercher à repérer ses excréments : disposées en petit tas et appelées moquettes, ses crottes sont noires et luisantes, pointues à un bout.

Le mâle mène une vie solitaire et sédentaire. Discret, il peut être difficile à observer.

La superficie de son territoire dépend du milieu naturel et de la densité de la population. Il le marque en frottant ses bois contre les jeunes arbustes, libérant une substance olfactive contenue dans une glande à musc,  ou en grattant le sol de ses pattes. Une fois son domaine établi, il n’en change plus. La chevrette, elle, vit avec ses petits. L’hiver, il n’est pas rare d’observer un groupe constitué de plusieurs femelles et de leur progéniture.

Le brocard rompt sa solitude au moment du rut en juillet et août. La forêt résonne alors de cris semblables à ceux d’un chien : le chevreuil ne brame pas, il aboie. Lors de la parade nuptiale. Le couple se poursuit en tournant en rond autour d’un arbre ou d’une souche : ces traces circulaires, autres indices de leur présence, sont appelées, par tradition, ronds de sorcière.

La gestation effective est d’environ cinq mois. Peu après la fécondation,  l’ovule cesse en effet son développement et ne reprend qu’à la fin décembre : on parle de diapause embryonnaire.

La mise à bas a lieu de début mai à mi-juin. La chevrette donne généralement naissance à deux faons, parfois un, plus rarement trois. S’ils sont de suite capables de marcher, les petits. au corps tacheté de blanc, passent leurs premières semaines cachés dans des broussailles, des fourrés, des hautes herbes. Leur mère les surveille de loin, à l’affût des prédateurs (lynx. renards). Le sevrage achevé, les faons, devenus chevrillards, restent auprès de leur mère jusqu’à la nuise bas suivante.

Ayant atteint leur maturité sexuelle, il est alors temps pour eux de mener une existence autonome…

1 Ayant un nombre pair de doigts à chaque patte.

Une proie prisée

Vif, rapide, discret et pourvu d’une morphologie lui permettant de s’abriter dans les taillis, les ronciers, les broussailles : ses qualités ne sont pas de trop pour échapper à son plus grand prédateur, l’homme ! Le chevreuil est en effet le gros gibier le plus chassé de France.

À courre, à tir, à l’affût, à l’approche, en battue, plus d’un demi-million d’individus sont prélevés chaque année pour une population estimée aux alentours d’1.4 million (source ONF).

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