Coquelicot, jolie fleur de notre enfance

Pour beaucoup, le coquelicot évoque d’abord la célèbre comptine de notre enfance et son « Gentil coquelicot, Mesdames… ». Associé au bleuet et à la marguerite, il représente le symbole de la France.

La beauté gracieuse de cette fleur, magnifiée par le pinceau impressionniste de Claude

Monet, lui vient de sa robe d’un rouge flamboyant. La couleur évoque celle de la crête d’un coq. La comparaison n’est pas anodine : son nom dérive de l’ancien français coquerico, appellation médiévale de notre cher gallinacé ! Le langage populaire le reconnait aussi comme pavot rouge ou ponceau. Quant à sa dénomination savante, Papaver rhoeas est le nom d’une espèce de pavot selon le botaniste grec Dioscoride. Vraisemblablement originaire d’Orient, le coquelicot s’est répandu dans toutes les régions tempérées du globe ; il pousse jusqu’à mille mètres d’altitude.

La Nature fait parfois preuve de malice. En contrepartie de ses vertus esthétiques, elle a chargé la belle fleur d’un vice rédhibitoire. En botanique, le coquelicot est une plante dite messicole,  littéralement  « habitant des moissons ». Comme le bleuet, il croit en effet naturellement au milieu des champs de céréales, auxquelles sa graine peut être nuisible. Considéré comme une mauvaise herbe, le recours aux herbicides a rendu caduque la  description de Proust, qui, en son temps, voyait des coquelicots au milieu de  « l’immense étendue où déferlent les blés ». Progressivement relégués hors des champs, on les trouvera plus sûrement le long de sentiers, sur les talus, les remblais, les broussailles, dans les jachères et les décombres…

Cette plante herbacée annuelle fleurit de mai à juillet. Longue de 30 à 60 cm, la tige, simple ou ramifiée  selon la nature du terrain est hérissée de soies raides, dures au toucher. Finement découpées, les feuilles sont alternes, couvertes de poils rudes. Celles situées à la base de la tige sont pennatiséquées (en forme de plume) et pétiolées ; les supérieures sont sessiles.

D’abord penchés vers le sol, les boutons, à l’extrémité de longs pédoncules, se redressent au moment de la floraison. En s’ouvrant, une fleur s’y déploie, pouvant atteindre dix centimètres de diamètre. D’un rouge écarlate, les quatre pétales, chiffonnés et délicats, sont tachetés de noir à la base. Au centre de la fleur, un cœur noir se compose de très nombreuses étamines. noires également, entourant un épais pistil vert. Le coquelicot est d’une beauté éphémère : la fleur reste ouverte une seule journée. Les pétales se fanent, et tombent la fleur laisse la place au fruit qui se présente sous la forme d’une capsule, glabre et rainurée. Arrivée à maturité, la capsule libère de très nombreuses graines, emportées par les vents.

coquelicotPropriétés

Le coquelicot est depuis longtemps utilisé comme plante médicinale. Toutes ses parties contiennent en effet un latex blanc riche d’un alcaloïde, la rhœadine,  aux propriétés apaisantes. Utilisés en infusion ou en sirop, ses pétales sont un remède contre la toux, l’asthme, les irritations de la gorge, les affections pulmonaires et les refroidissements ; favorisant la sudation, ils agissent aussi contre la fièvre ou la grippe. On les retrouve par exemple dans la composition de la fameuse tisane pectorale dite  « des quatre fleurs ». Mais la rhœadine a également une action sédative, efficace sur les troubles du sommeil et l’anxiété, en particulier chez les enfants. Ce pouvoir narcotique était connu des Anciens. Dans la mythologie grecque, Morphée, le dieu du sommeil, utilisait un coquelicot pour « endormir » ses victimes. S’ils appartiennent à la même famille, ses effets sont néanmoins sans commune mesure avec le pavot somnifère, ou pavot blanc, dont on extrait la morphine.

Les coquelicots, associés aux bleuets et aux épis de blé étaient motif de décoration très

Courant sur la vaisselle autrefois.

 

Le Poppy, la fleur du souvenir

Au Royaume-Uni, tout gentleman qui se respecte se doit d’arborer un coquelicot (poppy) à la boutonnière à l’approche du 11 novembre. Cette tradition est un hommage aux familles des morts ou blessés aux combats, passés et actuels. Elle est née au lendemain de la Grande

Guerre, la fleur rappelant les champs des Flandres, où tant de Britanniques sont tombés.

Les coquelicots arborés en papier, sont vendus au bénéfice des anciens combattants.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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