Deux doigts de Porto

Il n’est Porto que … de Porto

Près de 15 000 000 de litres de vins de Porto ont été importés par la France en 1971, et la croissance ne fait que s’accentuer pour arriver en 2014 à plus de 19 millions de litres, ce qui est deux fois plus que la consommation du Portugal pendant la même période. (Est-ce la présence d’une nombreuse diaspora portugaise en France qui contribue à cette grosse consommation de  porto ?). Mais, cependant la France ne consomme que du porto de piètre qualité, pour 90%.

Le France se situe au premier rang des pays importateurs de vins de Porto, devant l’Angleterre et l’Allemagne. Peut-être est-ce là, un juste retour aux sources : le porto n’a-t-il pas des origines françaises, bourguignonnes, même pour être précis. Au XIe siècle, Henri de Bourgogne, arrière-petit-fils de Robert II de France, combattit les Maures aux côtés du Cid. En récompense, Alfonse VI, roi du Léon, lui donna sa fille en mariage ; elle apportait en dot le comté du Portugal : son fils devait se proclamer roi du Portugal en 1139.

De sa Bourgogne natale, Henri emporta avec lui un certain nombre de ceps de vigne comme le Pinot noir et le Pinot dru, qui sont les ancêtres des variétés portugaises Tinta Fransisca et Tinta Pinheira.

Cependant, la gloire du vin de Porto ne commença qu’en 1703, à la suite du Traité de Methuen. Par ce traité, l’Angleterre et le Portugal s’engageait réciproquement, l’un à n’importer que d’Angleterre les articles de laine, vêtements et tissus, dont il aurait besoin ; l’autre à importer les vins du Portugal avec des droits de douane réduits et inférieurs, notamment de 1/3, à ceux qui frappaient les vins et spiritueux  importés de France.

Importatrice privilégiée des vins de Porto, l’Angleterre s’assura un droit de regard sur sa fabrication et un certain nombre d’Anglais s’installèrent au Portugal, afin de veiller à la qualité des vins. C’est ce qui explique pourquoi les appellations données aux diverses catégories de vin de Porto sont anglaises. Pour la petite histoire, au 18e siècle, le Porto était essentiellement utilisé comme médicament contre toutes sortes de maladies, et principalement contre la goutte. Ses vertus thérapeutiques servaient également de prétexte aux femmes de la bonne société britannique, afin de justifier leur consommation personnelle.

Pour connaître le porto, il faut connaître ces mots : – le Full est le vin jeune, corsé, riche en couleur et très fruité qu’on laisse vieillir quelques temps en fût ; il est rouge foncé, presque violacé. Selon sa couleur ou sa force, il pourra s’appeler Medium full ou Dark full. S’il est moins coloré et moins corsé que les précédents, il sera le Ruby.

-Les vins de Porto qu’on laisse vieillir en fût 5 ou 6 ans sont déjà fort bons. Mais c’est vers la quinzième année qu’ils s’épanouissent, avec un moelleux et un bouquet qui s’accentuent d’année en année. From the wood est un porto exceptionnel qui a passé, non pas 2 ans, mais 15 ou 20 ans dans le fût.

-Le porto vieillit doucement en se dépouillant : il se décante en déposant dans la bouteille une lie, plus ou moins dense selon les années. Quand cette lie est lourde, épaisse, semblable à une croûte, on obtient le Crusted Port. Si elle est légère comme une aile d’abeille, c’est le Beeswing.

-A 25 ou 30 ans, le porto atteint son plus haut degré de perfection ; il s’y maintiendra pendant une dizaine d’années. Au-delà de ce temps, comme la plupart des vins, il va se dépouiller à l’extrême et s’affaiblir.

-Le porto classique le plus couramment consommé est le Tawny, dont la couleur chaude et dorée se rapproche du pelure d’oignon. Là encore, on distingue le Medium Tawny, plus foncé et le Light Tawny, plus clair. Son arôme correspond à un parfait équilibre entre la maturité et la saveur du fruit frais.

Produit dans la vallée du Douro, dont le sol schisteux est échauffé par le soleil, le vin de Porto fait l’objet d’une appellation sévèrement contrôlée. Si vous choisissez le porto comme apéritif, prenez-le un peu sec ; comme vin de dessert, doux ou demi-sec.

L’amateur de porto sait choisir un verre de cristal fin et blanc – surtout pas de verre teinté, ce serait une hérésie !-, de préférence à pied, en forme de tulipe un peu resserrée, afin de mieux concentrer le parfum qui s’exhale du vin. Ce verre doit être plus grand que ceux qu’on emploie d’habitude (sous le nom de « verres à porto »), car on ne doit pas l’emplir à ras bord, ce qui ne permettrait pas de humer le précieux liquide. En fait, l’amateur jouit d’abord de la vue de ce vin : si l’on agite doucement le verre, en le faisant un peu tourner sur lui-même, le mouvement facilite la montée des arômes qui s’exhalent jusqu’aux  narines. C’est ensuite que vient le plaisir du goût.

Pour bien déguster le porto, il faut le laisser venir lentement au contact des papilles de la langue pour prendre le temps de bien ressentir sa force veloutée. Enfin, une fois la gorgée avalée, on rejette un peu d’air par le nez, afin de faire participer l’odorat à cette fête du goût.

Pour trouver du bon Porto, à Paris, rendez-vous chez « Soif d’ailleurs » 38 rue Pastourelle dans le 3eme arrondissement  ou sur leur site : https://soifdailleurs.com/

Personnellement j’aime le vin cuit en apéritif, et bien sûr je demande un Porto, mais comme il est très rare de trouver un Porto de qualité que ce soit en brasserie ou en restaurant (même portugais) je fais ajouter une tranche de citron. Mais, quand je le peux, mon âme corse préfère un  « Cap Corse »…

À lire : https://lesvinsdeporto.wordpress.com/tag/porto-garrafeira/

https://avis-vin.lefigaro.fr/connaitre-deguster/o28485-porto-le-douro-de-la-terre-et-du-vin

http://fr.visitportoandnorth.travel/Porto-et-le-Nord/Visiter/Artigos/Guide-Rapide-des-Caves-a-Vin-de-Porto

http://www.skynet.be/services/voyages/dossier/1888629/les-differents-portos/slideshow#ldmain

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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