Editeurs et libraires de Paris

Henri Pion, d’une ancienne famille de typographes, fonda avec le brevet d’imprimeur qu’il acheta en 1833 une maison d’édition successivement appelée « Béthune et Pion », « Pion Frères », puis « Henri Pion ». en 1854, il s’installa dans l’hôtel de Soudéac  (8, rue Garancière et le développement de sa maison fut tel que Napoléon III lui confia la publication de sa Vie de César, ce qui lui valut d’être nommé et officier de la Légion d’honneur et « imprimeur de l’Empereur »

En 1872, Eugène Pion succédant à son frère, poursuivit son œuvre et sut faire de cette maison spécialisée dans les Mémoires militaires (Marbot, Mac Donald, Chanzy, etc.), l’une des toutes premières de Paris. A sa mort en 1895, ses neveux poursuivirent sa politique de croissance et d’ouverture et l’on vit figurer au catalogue Huysmans, Barrès, Bernanos, Julien Green et, dans la tradition de la maison, des écrivains militaires et politiques : De Gaulle.

Librairie Flammarion. En 1875 naissait, galerie de l’Odéon, la maison Charles Marpon et Ernest Flammarion, par l’association des successeurs des frères Taride et d’un représentant de la maison Didier. Il s’agissait alors de racheter et d’écouler tout ou partie de fonds d »éditeurs, comme celui d’Albert Lacroix, dont le Paris-Guide, sorti pour l’Exposition Universelle de 1867 avec des signatures prestigieuses (Hugo, Michelet, Renan, etc.) fut l’une de leurs premières ventes. Avec un sens aigu des affaires ils mirent au catalogue les grans auteurs. Dès 1876, ils se lancèrent dans l’édition avec une comédie d’André Gill, la Corde au cou, mais ce qui contribué à la fortune de la maison, ce fut l’édition illustrée de luxe ou en livraisons à prix modique (1878) et les ouvrages d’astronomie de Camille Flammarion, frère d’Ernest (1879). En 1882n la maison s’installa définitivement rue Racine. Poursuivant sa politique e diversification, elle se tourna vers le livre d’art, les éditions pour la jeunesse (Hector Malot), cependant qu’elle continuait de s’assurer, Michelet disparut, les collaborations prestigieuses de Zola, Maupassant, puis de Daudet et Jules Renard. Dans un large éclectisme, on lançait les collections des « Auteurs célèbres », « Ouvrages utiles » (la chasse). Charles Martpon étant mort en 1890, Ernest Flammarion (1856-1936) resta seul propriétaire et élargit son champ d’action à la littérature étrangère (russe au moment de la visite du tsar en 1896) ou humoristique (Tristan Bernard, Courteline, etc.). Par la suite, deux collections confirmèrent définitivement la réputation intellectuelle de la maison : la Bibliothèque scientifique » et la « Bibliothèque des connaissances médicales » (1922), embryon du département Flammarion-médecine. Ainsi, sans jamais se renier et grâce à une politique commerciale sagement menée qui savait compenser les risques par les ouvrages à succès, cette maison a su, avec clairvoyance et dynamisme, s’adresser à tous les publics, depuis la vulgarisation et les ouvrages pratiques jusqu’à la meilleure littérature et à l’édition artistique, scientifique ou enfantine.

La rue de l’Odéon a connu, entre les deux guerres, deux libraires dont le rôle fut considérable : la Maison des amis du livre, d’Adrienne Monnier véritable cercle littéraire réunissant Gide, Valéry, Romains… et Shakespeare and Company de Sylvie Beach, lieu de rendez-vous des anglophones Hemingway, Fitzgerald, Green, Joyce… ce qui a fait dire à André Chamson de ces passionnées de la littérature : « Elles ont fait plus pour lier l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Irlande et la France que quatre ambassadeurs réunis »

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une grand-mère qui s'amuse tout en espérant gagner un peu d'argent

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