Et si c’était la thyroïde ?

Fatigue permanente, difficulté à démarrer le matin, baisse de moral, prise de poids, frilosité, constipation, douleurs diffuses, cheveux  ternes et cassants…

La réponse est peut-être cachée juste là, à la base de votre cou…

Si vous vous plaignez d’un ou plusieurs de ces symptômes, alors peut-être souffrez-vous d’hypothyroïdie comme plus de trois millions de Français.

Dans bien des cas, les insuffisances thyroïdiennes sont méconnues. C’est pourquoi beaucoup de gens prennent des médicaments qui traitent les conséquences de leur hypothyroïdie (antidépresseurs, anxiolytiques, antalgiques, médicaments pour le cholestérol . . . ) sans jamais en soigner la cause.

Vous l’avez compris, le manque d’hormones thyroïdiennes retentit sur tous les aspects de la santé : physique, mentale et émotionnelle.

En règle générale, un traitement hormonal substitutif pris à vie  permet de traiter efficacement la maladie. Pourtant, même quand le traitement hormonal est instauré, de nombreux patients ne sont pas totalement soulagés, comme si le manque d’hormones n’était pas seul en cause…

Et si l’hypothyroïdie était un dysfonctionnement plus subtil qu’on ne le croit ? et si chacun était différent et ne répondait pas de la même manière aux hormones ?

thyroïde Et s’il existait, à côté des traitements hormonaux, des solutions à la fois accessibles, naturelles et efficaces pour améliorer les traitements et optimiser la fonction thyroïdienne ? C’est ce que suggèrent de nombreuses études scientifiques. Les traitements naturels, qui peuvent parfois éviter le traitement hormonal, permettent de l’optimiser et de eux supporter les dérèglements d’une thyroïde essentielle à notre santé.

Pourquoi c’est capital pour votre santé

Située à la base du cou, juste sous la peau et en avant de la trachée (à l’endroit où l’on boutonne son col de chemise), la glande thyroïde fabrique et libère dans le sang les hormones thyroïdiennes. Elles agissent sur toutes les cellules de l’organisme et interviennent dans des fonctions aussi vastes que:

La croissance osseuse

Le développement mental

La transformation des graisses et des sucres

Le niveau d’énergie

La température corporelle

Le rythme du cœur

Le fonctionnement du tube digestif

Le fonctionnement de l’appareil génital

C’est pourquoi les personnes qui manquent d’hormones thyroïdiennes se sentent fatiguées. Une glande thyroïde en bonne santé est un gage de bien-être et aussi une clé de la prévention du vieillissement.

Certaines périodes de la vie sont plus à risque d’hypothyroïdie

L’adolescence : c’est une période de la vie où surviennent de grands changements (croissance, développement sexuel) et au cours de laquelle la thyroïde est fortement sollicitée.  Des carences d’apport en iode, mais aussi en sélénium et en zinc peuvent être à l’origine d’un dysfonctionnement thyroïdien.

La grossesse : la thyroïde de la mère fonctionne plus intensément pour fournir au fœtus les hormones thyroïdiennes nécessaires a son développement neurologique et psychomoteur.

Tout comme à l’adolescence, la thyroïde a un besoin d’iode augmenté et d’une supplémentation quotidienne indispensable (150 à 200 ug/jour). En France, 2 % des femmes ont, en début de grossesse, une hypothyroïdie vraie ; mais même en l’absence d’hypothyroïdie chez la mère, la carence en iode est très fréquente et s’accompagne d’une hypertrophie de la thyroïde fœtale.

La ménopause : à cette période de la vie, la sécrétion de progestérone s’interrompt alors que les ovaires continuent de produire de faibles quantités d’œstrogènes. Il s’installe donc un état dit de «dominance en œstrogènes ». Alors que la progestérone facilite l’action des hormones thyroïdiennes, les œstrogènes ont l’effet inverse et favorisent un état d’hypothyroïdie sans que le fonctionnement de la thyroïde soit lui-même perturbé, la TSH restant normale.

On estime qu’à 50ans, 1 femme sur l0 est en hypothyroïdie. Vers 60 ans, elles seraient 5 ou 6 sur 10 et une hypothyroïdie est souvent méconnue chez des femmes traitées pour des symptômes attribués à la ménopause.

Votre thyroïde a besoin d’être bien nourrie !thyroïde

Pour bien fonctionner, la thyroïde a besoin de nombreux nutriments. Ils sont essentiels pour une production optimale d’hormones actives.

Ayant tout : l’iode

Elément chimique naturel relativement rare dans la nature, ses réserves dans l’organisme sont faibles et un apport quotidien est nécessaire.

Pour fabriquer les hormones thyroïdiennes, la thyroïde ne peut se passer d’iode. La T3 possède 3 atomes d’iode et la T4 en possède4, d’où leur nom.

Mais l’iode est plus généralement nécessaire à chaque cellule de notre organisme ou il intervient dans de nombreux processus en enzymatiques. Il améliore le statut antioxydant, combat la fatigue, stimule la sécrétion des sucs digestifs, augmente l’appétit, lutte contre l’allergie et l’auto-immunité… Il contribue aussi à l’élimination des métaux lourds (plomb, cadmium, aluminium. mercure) et des excès de brome et de fluor.

Chez l’adulte. les besoins quotidiens en iode sont estimes a 150 ug  (soit 0,l5 mg) et sont normalement comblés par une alimentation variée, Mais les besoins sont en fait très variables selon l’âge et l’activité physiologique.

La TSH, régulateur de votre thyroïde

La thyroïde produit la triiodothyronine (ou T3) en petite quantité et la tétraiodothyronine (ou T4) en grande quantité. La T3 est la seule hormone active alors que la T4 est une forme de réserve transformée en T3 en fonction des besoins (surtout par le foie).

Les hormones thyroïdiennes doivent être sécrétées en quantité suffisante et sans excès.

C’est pourquoi il existe un mécanisme dit de « rétrocontrôle »  (feed-back en anglais) faisant intervenir l’hypophyse (une autre glande endocrine qui est située dans le cerveau).

Quand les taux sanguins de T3 et T4 diminuent, l’hypophyse libère une hormone appelée TSH

(Thyroid Stimulating Hormone) pour augmenter leur sécrétion par la thyroïde. À l’inverse. quand les taux sanguins de T3 et T4 augmentent, la sécrétion de TSH est freinée. Quand tout fonctionne bien, ce système permet de maintenir un taux optimum d’hormones thyroïdiennes dans le sang. On comprend donc que la TSH est élevée en cas d’hypothyroïdie, et qu’elle est abaissée en cas d’hyperthyroïdie.

Les besoins en iode évoluent aussi en fonction des variations climatiques, ethniques, des habitudes alimentaires et du mode de vie des individus.

À l’état naturel, il n’existe pas de surcharge en iode mais, au contraire, des carences.  C’est notamment le cas dans des régions montagneuses où l’apport naturel en iode est faible (Népal, Amérique du Sud. Haut Atlas… ). À l’échelle mondiale, les carences en iode sont très fréquentes et largement sous-estimées : en 2007, près de deux milliards de personnes, dont un tiers d’âge scolaire, avaient un déficit en iode, ce qui en fait un des problèmes majeurs de santé publique.

Certaines catégories de personnes sont plus exposées à une carence d’apport en iode :

Les femmes enceintes et allaitantes dont les besoins sont augmentés et chez qui tout manque d’iode peut occasionner un retard mental chez le bébé (même une légère carence en iode pendant la grossesse est associée à un QI plus bas chez l’enfant).

Les sportifs chez qui la perte en iode est favorisée par la transpiration.

Les fumeurs car le tabac freine l’absorption de l’iode par l’organisme.

Les personnes suivant un régime hyposodé (à teneur réduite en sel).

Les végétariens et végétaliens car la viande, le poisson et les laitages sont des sources importantes d’iode. Les légumes de la famille des choux ont tendance à diminuer son absorption par l’intestin.

Où trouver de l’iode ?

Essentiellement dans les produits de la mer : crustacés, coquillage, poissons de mer et algues (kelp), mais aussi dans l’huile de foie de morue, la viande, les œufs, les laitages et certaines céréales. La plupart des autres aliments en sont pauvres.  Dans les légumes, la teneur varie en fonction des sols sur lesquels on les cultive.

Dans les pays industrialisés, les deux sources alimentaires principales d’iode sont actuellement le lait et le sel :

  1. Le lait : du fait de l’enrichissement des fourrages en iode, mais aussi de l’utilisation de produits iodés antiseptiques et de l’emploi de médicaments vétérinaires contenant de l’iode.
  2. En I952, dans le but de prévenir la déficience en iode, les pouvoirs publics français ont opté pour l’utilisation de sel enrichi en iode. Le taux d’enrichissement est réglementé à IO-IS mg d’iodure de sodium par kilo de sel : il concerne exclusivement le sel à usage domestique. Il est toutefois souhaitable de se tourner vers d’autres sources d’iode si l’on veut réduire sa consommation de sel de table afin de diminuer les risques cardiovasculaires imputables à une surconsommation de sel (hypertension et accidents vasculaires cérébraux).

Devant un tableau d’hypothyroïdie, il ne serait pas logique de prescrire un traitement hormonal avant de vérifier qu’il n’y a pas une carence iodée.

Supplémentation

Un adulte peut prendre sans risque ISO ug d’iode par jour et se mettre ainsi à l’abri d’un déficit

Le sélénium : Comme l’iode, le sélénium est plus concentré dans la thyroïde que dans tous les autres organes du corps. Il est indispensable à la production des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3.  Chez les personnes âgées, la diminution de la conversion de T4 en T3 est souvent due à une insuffisance en sélénium. Une déficience en sélénium aggrave les effets d’une déficience en iode sur le fonctionnement de la thyroïde. Les apports journaliers recommandés (AJR) sont de 75 ug, mais ils varient en fait de 20 à 200 ug selon l’âge et l’activité physique. Un adulte peut prendre sans risque100 ug de sélénium par jour et se mettre ainsi à l’abri d’un déficit.

Où trouver le sélénium ?

Il est présent dans les aliments riches en protéines (viande, poisson, œufs. Céréales complètes…) et dans certains légumes (champignons surtout, tomates, choux… ).

L’aliment le plus riche en sélénium est la noix du Brésil.

Le fer : indispensable à la synthèse de l’hémoglobine, il l’est aussi à la production des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3.

Les besoins quotidiens sont faibles chez l’adulte (I mg chez l’homme. 2 mg chez la femme).

Où trouver le fer ?

Présent avant tout dans la viande rouge et le foie, le fer se trouve aussi en bonne quantité dans les légumineuses (lentilles, haricots) et à une moindre concentration dans les végétaux (la richesse des épinards en fer est une légende).

Supplémentation

Avant d’envisager une supplémentation, vérifiez vos réserves par un dosage sanguin de la ferritine (protéine de réserve du fer dans l’organisme).

Une technique étonnante pour  savoir si vous avez assez d’iode!

Il y a deux techniques pour savoir si votre apport en iode est suffisant.

Commençons par la méthode empirique, ancienne et peu précise, mais simple et gratuite !

Étalez sur un carré de peau de la teinture d’iode que vous pouvez acheter en pharmacie : si la tache marron disparaît en 24 heures, vous manquez cruellement d’iode. Lorsque la tache met plusieurs jours pour être absorbée, le corps a la quantité d’iode qui lui convient l

Il y a aussi une méthode plus moderne et précise : elle consiste à mesurer l’excrétion urinaire d’iode : une iodurie inférieure à 50 ug/l signe une carence iodée (donc une carence d’apport). Une iodurie normale doit être supérieure ou égale à 100 ug/l. Cette carence d’apport augmente avec l’âge et concernerait 25 % des personnes de plus de 60 ans.

La thyroïde a aussi besoin de vitamines

Les vitamines Bl . B2. B3. B6 et Bl2 sont nécessaires à la synthèse des hormones thyroïdiennes, mais les carences sont rares sauf en cas d’éthylisme ou de dénutrition.

La vitamine D est indispensable à la pénétration cellulaire de la T3 et donc à son action.

C’est une véritable hormone, produite par notre peau sous l’effet du soleil : les apports alimentaires sont faibles. C ‘est pourquoi, sous nos latitudes, seule une supplémentation permet d’éviter un déficit : un apport d’au moins I000 UI par jour est recommandé.

La vitamine E : nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes et à la transformation de T4 en T3, on la trouve surtout dans les huiles (olive, colza, palme) et les oléagineux.

40% de la population ne reçoit pas les apports nutritionnels conseillés qui sont pourtant faibles (20 Ul/j pour un adulte).

Remarques : d’autres oligo-éléments (manganèse, molybdène. . .) sont aussi impliqués dans la production d’hormones thyroïdiennes, mais leur carence est exceptionnelle.

Trop d’iode, trop de sélénium ou trop de fer feront plus de tort que de bien. N’envisagez pas de supplémentation à forte dose sans qu’un déficit n’ait été diagnostiqué par un médecin.

Des dosages biologiques sont disponibles pour connaître précisément votre statut.

Le zinc : Indispensable à la conversion de T4 en T3, un déficit en zinc est aussi responsable d’une diminution d’environ 30%  des taux sanguins de T3 et T4 comparativement à des sujets ayant un statut en zinc normal. Les AJR chez l’adulte sont de l0 mg/j.

Où trouver le zinc ?

Surtout dans les fruits de mer, les poissons, les viandes, le fromage et les céréales complètes.

Le magnésium : Nécessaire lui aussi à la transformation de T4 en T3, il évite une diminution d’activité de la thyroïde après des efforts intenses.

l.es AJR sont de 5 à 6 mg par kilo et par jour. Près de 80% de la population adulte en France aurait un apport nutritionnel en magnésium inférieur a celui recommandé,

La thyroïdite d’Hashimoto

Cette maladie doit son nom au médecin japonais qui en fit la première description en 1912. C’est actuellement la première cause d’hypothyroïdie dans la population. 5 à l0 fois plus fréquente chez la femme que chez l’homme, elle débute le plus souvent de façon discrète et son diagnostic n’est posé qu’après plusieurs mois ou années d’évolution.

Il s’agit d’une maladie auto-immune dont on ne connaît pas la cause mais qui évolue inexorablement vers une destruction de la thyroïde et donc une hypothyroïdie définitive.

Biologiquement, on retrouve un taux élevé d’anticorps antithyroïdiens.

Les causes de l’hypothyroïdie

Le plus souvent,  c’est la thyroïde qui ne produit plus assez d’hormones. Mais parfois, alors que leur production est normale, ces hormones ne parviennent pas à exercer correctement leur rôle. Il se peut aussi que la transformation de T4 en T3 soit défaillante.

  Les autres causes d’hypothyroïdie

La thyroïdite de De Quervain : elle affecte surtout les femmes, souvent à la suite d’une infection virale respiratoire, et guérit spontanément dans la plupart des cas.

l.es hypothyroïdies post-thérapeutiques après ablation chirurgicale ou destruction de la thyroïde par l’iode radioactif.

Les maladies touchant les structures supérieures de régulation (hypophyse et hypothalamus) sont très rares.

La T4 peut être insuffisamment convertie en T3 avec une formation préférentielle en reverse T3. Nous avons vu que la T4 est une forme de réserve qui est transformée en T3 (seule active) selon les besoins de l’organisme. Mais la T4 peut aussi être transformée en rT3 qui est une forme inactive d’hormone thyroïdienne. La production de rT3 permet d’éliminer la T4 de l’organisme tout en évitant un excès de T3. Dans les conditions normales, la T4 est transformée pour 40% en T3 et pour 60% en rT3. La rT3 peut se lier aux récepteurs de la T3 et donc bloquer son effet.

De nombreuses situations favorisent la formation préférentielle de rT3 : jeûne, dénutrition, obésité, maladies infectieuses, déficits en micronutriments, stress prolongé physique ou émotionnel, certains polluants et de nombreux médicaments.

Les métaux lourds (plomb et mercure) freinent la transformation de T4 en T3 et empêchent la fixation des hormones à leurs récepteurs. Même si le plomb est aujourd’hui interdit dans l’essence, les peintures et les canalisations, il subsiste encore dans notre environnement. Le mercure quant à lui est encore abondamment utilisé (vaccins, amalgames dentaires, purification de l’or) et plusieurs tonnes sont déversées chaque année dans les océans pour se retrouver dans la chair des organismes marins.

Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec la production, la libération et l’action des hormones thyroïdiennes. Parmi plus de 1000 substances recensées, citons les pesticides et fongicides, les PCB (interdits depuis I987mais encore largement présents dans la nature où  ils peuvent persister plus de 2000 ans), les bisphénols.

De nombreux médicaments interfèrent avec la fonction thyroïdienne : surtout le lithium (utilisé en psychiatrie), l’amiodarone (utilisé en cardiologie) et l’interféron alpha (traitement de l’hépatite C), mais aussi corticoïdes et bétabloquants.

Hypothyroïdie : bien comprendre son bilan biologique

En cas de doute sur la fonction thyroïdienne, et quelle que soit la cause supposée de l’hypothyroïdie, le bilan biologique est indispensable.

  1. Faites d’abord doser la TSH

Le diagnostic de dysfonctionnement thyroïdien repose avant tout sur le dosage sanguin de la TSH. Un taux de TSH trop élevé indique que votre thyroïde ne fabrique pas assez d’hormones. La rétroaction négative sur l’hypophyse est moins intense et celle-ci sécrète donc plus de TSH qui passe dans le sang.

A l’inverse, un taux de TSH trop bas indique que votre thyroïde fabrique trop d’hormones qui exercent une trop forte inhibition de l’hypophyse.

Le taux de TSH renseigne plus précocement et de façon plus sensible que les taux de T4 et T3 sur le statut thyroïdien, c’est pourquoi on le mesure en priorité.

En France, on considéré classiquement que :

Si votre TSH est inférieure à 0,3 milli unités internationales par litre (mUI/1) : il faut rechercher si vous n’avez pas une hyperthyroïdie.

Si votre TSH est comprise entre 0,3 et 5 mUl/ l : vous n’avez pas d’hypothyroïdie et vos symptômes ne sont pas dus à la thyroïde.

Si votre TSH est comprise entre 5 et l0 mUI/ l : il y a une insuffisance thyroïdienne minime et vos symptômes proviennent peut-être de cette anomalie. Le traitement n’est pas obligatoire à ce stade.

Si votre TSH est supérieure à 10 mUl/ l (elle peut atteindre 100 mUI/ l) : vous êtes en hypothyroïdie et un traitement s’impose pour améliorer votre état de santé.

On voit ici que les valeurs considérées comme normales (entre 0,3 et 5 mUl/ l) varient d’un facteur de l à plus de l0. Cette «fourchette de normalité » est en fait beaucoup trop large et remise en question. En effet, de nombreuses personnes présentent des signes d’hypothyroïdie alors qu’elles ont un taux de TSH inférieur à 5 mUl/ l et ne reçoivent pas de traitement.

C’est pourquoi, depuis 2002, l’AACE (Association Américaine des Endocrinologues Cliniciens) a adopté de nouvelles normes de la TSH.  Elle considère désormais que les valeurs «normales» se situent entre 0,3 et 3 mUI/ l. Avec ces nouvelles normes, le nombre d’Américains en hypothyroïdie est passe de 13 millions à 27 millions!

En vérité, il semble qu’à l’intérieur de la fourchette de normalité, chaque personne ait son propre taux normal de TSH, celui-ci pouvant d’ailleurs varier en fonction des situations de la vie. C’est pourquoi le médecin ne peut se contenter d‘un chiffre de TSH pour diagnostiquer une hypothyroïdie. Une valeur normale pour une personne ne l’est pas nécessairement pour une autre et les besoins en hormones sont différents d’une personne à l’autre. Un interrogatoire et un examen clinique soigneux sont indispensables pour ne pas passer à côté du diagnostic et laisser sans traitement des hypothyroïdiens qui s’ignorent.  Des millions d’Européens sont dans cette situation car la maladie est encore mal diagnostiquée.

Limites du dosage de la TSH

De très nombreux paramètres peuvent faire varier les taux de TSH, à la hausse comme à la baisse (grossesse, jeûne, dénutrition, alcoolisme chronique, stress physique ou émotionnel, privation de sommeil, diabète et autres maladies chroniques, médicaments).

Surtout, le dosage de la TSH ne donne pas une indication précise du taux d’hormones thyroïdiennes circulantes et n’indique absolument pas si ces hormones sont efficaces au niveau cellulaire.

Ainsi, une TSH «dite normale» ne suffit pas à exclure une hypothyroïdie.

Alors que la HAS (Haute Autorité de la Santé) ne préconise en première intention que le dosage de la TSH, de nombreux spécialistes pensent que les tests thyroïdiens devraient aussi comporter de façon systématique les dosages de T4 libre et de T3 libre (on dose les hormones libres et non liées aux protéines car ce sont les seules actives).

Ce qui n’est malheureusement pas le cas en pratique courante.

  1. Dosage sanguin des hormones LIBRES

 

Les valeurs normales chez l’adulte sont les suivantes

T4 : 9 à 26 picomoles par litre (pmol/l)

T3: 3 à 7 pmol/l

(Les limites de normalité varient légèrement selon les laboratoires).

Les médecins disent volontiers que le dosage de la T3l, est sans intérêt sauf dans quelques cas particuliers d’hyperthyroïdies. Cette opinion est en fait très discutable pour deux raisons : d’une part la T3l, est la seule hormone active sur les tissus de l’organisme, donc une T3L, basse est un argument de poids en faveur d’une hypothyroïdie, d’autre part, une  T4L, dans la norme n’indique pas si l’organisme la convertit en T3L, comme il le faudrait. De nombreux individus, en particulier les femmes qui prennent des œstrogènes dans le cadre d’un traitement hormonal contraceptif ou substitutif de la ménopause, ne convertissent pas de façon adéquate la T4L, en hormone T3L active, d’où une possible hypothyroïdie symptomatique avec une T4L, et une TSH normales.

C’est pourquoi de nombreux spécialistes de la thyroïde pensent que le dosage de la T3 libre est le test le plus utile. Ceci est d’autant plus important qu’une diminution spécifique de l’hormone thyroïdienne T3 augmente le risque de maladies cardiovasculaires.

  1. Dosage des anticorps antithyroïdiens

Devant un diagnostic d’hypothyroïdie, votre médecin recherchera des anticorps antithyroperoxydase  (TPO) et antithyroglobuline (TU) qui sont des marqueurs des maladies auto-immunes  thyroïdiennes.

On retrouve quasi systématiquement des anticorps  anti-TPO dans la thyroïdite d’Hashimoto.

  1. Dosage de la réserve T3 (rT3)

Les concentrations sanguines de T4L et T3L, ne reflétant pas toujours leur effet tissulaire, plusieurs travaux ont démontré que la meilleure estimation de l’activité thyroïdienne tissulaire est réalisée par le dosage de la rT3 et l’analyse du rapport T31. rT3 (un individu en bonne santé possédera un ratio supérieur à 0,015).

Ce dosage, inutile en début de traitement, peut être indiqué ultérieurement devant une T3 qui reste basse sous traitement ou en cas d’inefficacité du traitement sur les symptômes malgré une  « normalisation »  des taux de TSH et de T4L.

Quand la TSH est un peu élevée et la T4 normale : l’hypothyroïdie fruste

Selon la HAS (Haute Autorité de Santé). « L’hypothyroïdie fruste est définie par un taux de TSH> 4mUI/l ; confirmé par un deuxième dosage à 1 mois, sans anomalie de la concentration de la T4L (T4 libre) »

Cette limite de 4 mUI/I résulte d’un «accord professionnel», ce qui veut dire qu’il n’existe aucun argument scientifique établi par une étude permettant de fixer cette limite, ni même une présomption scientifique fournie par des études de niveau intermédiaire de preuve. Ce sont les membres du «groupe de recherche sur la thyroïde »(GRT), émanation de la Société Française d’Endocrinologie, qui ont fixé cette valeur limite du taux de TSH au-delà de laquelle on parlera d’hypothyroïdie fruste. La prévalence de l’hypothyroïdie fruste en France est évaluée entre 3.4% et 10%  de la population.

À ce jour, les indications concernant le dépistage et la substitution hormonale restent controversées. La HAS préconise de ne pas dépister l’hypothyroïdie fruste dans la population générale, et d’effectuer tin dépistage ciblé seulement chez les femmes de plus de 60 ans présentant des facteurs de risque d’hypothyroïdie. A contrario, L’American Thyroïd Association (ATA) recommande l’évaluation de la fonction thyroïdienne chez tous les adultes à partir de 35 ans puis tous les 5 ans.

Pourquoi il est important de se préoccuper d’une hypothyroïdie fruste ?

D’abord parce qu’un tiers des cas évoluera vers une hypothyroïdie avérée, ensuite parce que plusieurs études suggèrent que ces personnes ont plus de risques que les autres de souffrir de maladies cardiovasculaires, de diabète, de troubles musculaires et de troubles cognitifs. Enfin,parce que de très nombreuses personnes présentent des signes évocateurs d’hypothyroïdie alors que leur T4L est normale ; et ces personnes peuvent être soulagées par un traitement hormonal.

Source : Dr Philippe Veroli, médecin spécialiste en anesthésie-réanimation, ancien Chef de clinique, il est notamment diplômé en Nutrition, hypnose et médecine traditionnelle chinoise. In  santé corps esprit janvier 2017

 

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