Georges Braque

Georges Braque est né à Argenteuil-sur-Seine le 13 mai 1882. Son père et son grand-père y dirigent une entreprise de peinture en bâtiment. Il a huit ans lorsque sa famille s’installe au Havre.

Georges poursuit ses études au lycée de la ville, tout en assistant aux cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts. A dix-huit ans, il vient à Paris comme apprenti chez un ami de son père.

Après un an de service militaire au Havre, il s’installe définitivement à Paris et s’inscrit à l’Académie Humbert. Il y fait la connaissance des peintres Marie Laurencin et de Picabia. A l’automne 1904, il s’installe dans un atelier rue d’Orsel et commence à peintre seul.

Après un bref séjour à l’Estaque, près de Marseille, influencé par le fauvisme, il revient à Paris et il expose six toiles au Salon des Indépendants. Elles seront toutes vendues. Ce succès l’encourage et il retourne dans le Midi.

Il sera tour à tour séduit par Cézanne, puis par Picasso, avec qui il nouera une réelle amitié et fondera le mouvement cubiste, changeant une perception de l’art vieille de plusieurs siècles : il ne s’agit plus d’imiter le réel mais de le « déconstruire ».

En 1914, Braque est mobilisé. Le 11 mai 1915, il est blessé à la tête, puis trépané. Sa convalescence est longue, et quand il se remet à peindre, en 1917, il est déconcerté par Picasso. Leur étroite collaboration est terminée.

Il devient célèbre pour ses natures mortes et ses « papiers collés », il a également réalisé les vitraux de l’église de Varengeville-sur-Mer

Les techniques de Braque apportent des innovations : il insère des lettres et des chiffres d’imprimerie peints au pochoir puis se livre à des imitations de matière, faux bois et faux marbre. Il incorpore du sable, la sciure, de la limaille de fers à ses toiles. De là, il passe au collage de morceaux de papier peint, de journaux, d’affiches

 

« C’est comme si tu voulais nous donner à boire du pétrole pour cracher du feu » aurait dit Georges Braque à Picasso qui lui montrait les Demoiselles d’Avignon pour la première fois en 1907

 

Exposition Georges Braque du 21 mars au 21 juin 1999

L’exposition  » Georges Braque, l’espace  » présentée au Havre rassemble 65 toiles couvrant la période allant de 1909 à la fin de la carrière du peintre. Laissant de côté les premières années – et notamment sa période fauve – l’ensemble explore les développements du traitement de l’espace dès lors que le peintre a accédé à la pleine maîtrise de ses moyens.

Parmi les tableaux exposés :

Le Vieux Château de La Roche-Guyon (musée d’Eindhoven), l’un des paysages le plus subtils de la période cubiste ;

Le Guéridon (1911) et Compotier et cartes (1913), deux chefs-d’œuvre de la collection du Centre Georges-Pompidou ;

Café-Bar (1919, Kunstmuseum de Bâle) ;

Nature morte à la serviette (1926, collection particulière), qui témoigne de la découverte par Braque du noir et du blanc comme couleurs ; de format inhabituel, Le Vase de Cristal (musée de Cleveland) et Couteau, Citrons, Compotier (musée Ludwig à Cologne), avaient été conçus comme décor pour la salle à manger de Paul Rosenberg, son galeriste ;

La Nappe rose (Chrysler Museum of Art), et Le Chevalet (Yokohama Museum of Art), témoignent de son goût retrouvé pour les couleurs vives ; Les Poissons noirs (Centre Georges-Pompidou), évoquent la simplicité et la rigueur de ses natures mortes de guerre ;

 

Le conflit terminé, des thèmes nouveaux apparaissent, comme la série des billards ;

Chefs-d’œuvre des dernières années, Le Vase de Fleurs (1953, collection Maeght), qui fut le tableau préféré de Giacometti, et la remarquable Terrasse (collection particulière) peint à Varangeville, qui superpose dans une même composition espaces extérieur et intérieur.

Georges Braque, Othon Friesz et Raoul Dufy créent en 1905 avec Albert Marquet le Cercle de l’Art Moderne destiné à promouvoir l’art, la musique et la poésie.

http://www.lire.fr/critique.asp/idC=31499/idR=214/idTC=3/idG=6

 

L’art, prise de guerre

Par Daniel Bermond (Lire, novembre 1995)

Quand les nazis, maîtres du monde, se prenaient pour des collectionneurs…

Georges Braque a failli tout perdre sous l’Occupation. Un jour, le Devisenschutzkommando, le Groupe de contrôle des devises, l’un des organismes chargés de rationaliser le pillage des œuvres d’art à Paris, l’avertit que sa collection personnelle de tableaux est confisquée. Trop proche, aux yeux des dignitaires nazis, de l’ «art dégénéré», Braque sait qu’il est dans la mire de ces épurateurs décidés à conduire une «guerre d’assainissement» de la culture.

Pourtant, alors que ses toiles viennent d’être retirées, il est approché par un conseiller de Goering qui lui propose un marché: sa collection lui sera restituée s’il accepte d’abandonner au Reichsmarschall un petit Cranach qui ira rejoindre les trésors accumulés à Carinhall, la maison de campagne près de Berlin où il peut tout à loisir déployer son luxe de parvenu.

Grâce à ce troc qui se fait à son corps défendant, la collection de Braque ne sera pas dispersée, comme tant d’autres, aux quatre vents de l’Europe hitlérienne. Ainsi, pour satisfaire son bon plaisir, le Reichsmarschall se sera-t-il servi en toute souveraineté, comme un prince bâfreur, sans égard pour le très officiel et nazi Devisenschutzkommando qu’il aura magistralement circonvenu.

Cette anecdote, tirée de L’art et la guerre de Lionel Richard, aurait pu trouver sa place dans Le pillage de l’Europe de Lynn Nicholas. Au milieu de quelques autres personnages également odieux et empressés de faire main basse sur les richesses des pays soumis, Goering y apparaît dans toute son arrogance.

1962 : Lors des quatre-vingts ans de Braque, Saint-John Perse collabore à une édition d’eaux-fortes du peintre, accompagnée d’une oeuvre originale qu’il écrit pour l’occasion et qu’il rebaptisera plus tard du nom de Oiseaux. Le volume est édité en tirages limités sous le titre de L’Ordre des Oiseaux.

1963 : Oiseaux est publié chez Gallimard.

«On ne fait pas un clou avec un clou, mais avec du fer» (Georges Braque)

Le vendredi 4 avril 2003

Dîner au Château Mouton Rothschild

Château Mouton Rothschild 1955 – Appellation Pauillac commenté par Le Professeur Ribéreau-Gayon

C’est en 1945 que la coutume a été prise de faire décorer l’étiquette de chaque millésime par un grand artiste ; en 1955 elle le fut par Georges Braque. J’ajouterai que ce 1955 nous est présenté en Jéroboam. C’est-à-dire en grande unité. Le Jéroboam est un flacon de 4,5 litres, c’est-à-dire 6 bouteilles ordinaires. La coutume dit que les vins en grande unité vieillissent mieux qu’en bouteille ordinaire. Je ne conteste pas, mais je vous avoue que je n’ai pas une grande expérience ; je n’ai pas dégusté beaucoup de jéroboams dans ma vie. En tous cas, si mes renseignements sont exacts, Mouton Rothschild aurait produit 58 jéroboams en 1955.

 

 

Georges Braque est né en1882, le souvenir de Monet et des peintres impressionnistes est encore assez vif.   Il en est de même au Havre où la famille Braque s’installe en 1890. C’est là que le jeune Braque fait son apprentissage de peintre en bâtiment, dans l’entreprise de son père et de son grand-père qui peignent aussi des tableaux, en amateurs. En 1900 il se rend à Paris, après des cours du soir de dessin et de peinture et continue son apprentissage de peintre décorateur et se perfectionne dans la reproduction du marbre et du bois, dans la préparation des fonds et le mélange des couleurs.1904, après avoir fréquenté les Beaux-Arts et l’Académie Humbert où il a rencontré Marie Laurencin et Picabia, se consacre à la peinture. Il s’intéresse surtout aux œuvres de Corot, Renoir, Monet, Van Gogh, Seurat,  et ce n’est pas Cézanne qui l’attire le plus. Très impressionné par la salle « Fauve » du Salon d’automne en 1905, il dira par la suite que Matisse et Derain lui ont ouvert la voie. 1906, premières toiles « fauve ». Avec Friesz et Dufy, il demeure à l’Estaque où Cézanne avait travaillé. Braque expose au salon des Indépendants en 1906 et 1907, Kahnweiler qui a visité son atelier, lui signe un contrat et le présente à Apollinaire; celui-ci l’introduit auprès de Picasso qui vient de terminer « Les Demoiselles d’Avignon ».

On s’achemine vers la grande aventure cubiste. Ses liens d’amitié avec Picasso se resserrent. Mobilisé à la déclaration de guerre de 1914, il est grièvement blessé à Carency le 11 mai 1915.Trépané et réformé, il recommence à peindre. Il expose à Londres en 1946 et à New York en 1947.En 1948, il reçoit le grand prix de la biennale de Venise et expose de nouveau à New York. 1952-1953 il exécute la décoration du plafond de la Salle Henri II au Louvre.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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