Haussman, Métropolitain

Pour l’essentiel, la  IIIe  République marqua une pause dans la modification de Paris. Elle s’occupa essentiellement de mener à terme les travaux entrepris par Haussmann, qui viennent d’être signalés (achèvement de l’avenue de l’Opéra, des boulevards Saint-Germain, Henri-IV, reconstruction du pont de Sully, etc.) et elle pansa les ruines accumulées par la guerre et surtout par la Commune : reconstruction de l’Hôtel de Ville (1873), de la moitié de la rue Royale, démolition des Tuileries qui eussent pu être restaurées (1877). immeubles-haussman

Le rôle des expositions universelles

La ville ayant désormais un conseil municipal élu au suffrage universel, la vieille opposition ville-Etat réapparut d’autant plus que l’assemblée municipale, composée pour partie d’anciens communards, fut très nettement de gauche jusqu’en 1900, où la tendance s’inversa, tandis que le bloc des gauches tenait la Chambre. D’autre part, les conseillers de la ville étaient notoirement hostiles aux grandes compagnies ferroviaires, émanations du « mur de l’argent ». Le seul point de convergence entre la ville et l’Etat fut le multiséculaire souci du prestige de la capitale, de sorte que bien des dossiers n’avancèrent que dans la perspective des expositions. En effet, si celle de 1878 ne posa pas beaucoup de problèmes et marqua de son empreinte la colline de Chaillot par l’aménagement de la place du Trocadéro et l’édification du palais du même nom, l’Exposition universelle de 1889 enrichi Paris de la tour Eiffel. Celle de 190 modifia bien davantage le site avec l’édification de la gare d’Orsay, la construction des Grand et Petit Palais reliés aux Invalides par le nouveau pont Alexandre III, cependant que les jardins du Champs –de-Mars étaient aménagés par Forestier et, surtout, qu’entrait en service, entre Vincennes et Neuilly, la première ligne de métro à traction électrique. On doit à l’exposition de 1937  l’aménagement du Trocadéro (Palais de Chaillot et jardins) dans la perspective du Champ de Mars et l’Ecole militaire, ainsi que l’édification des musées d’Art moderne avec leurs jardins.

Naissance du métropolitain

La question du métropolitain abandonnée sous Napoléon III réapparut dès 1871, en raison des embarras de Paris, de son industrialisation et de celle de la banlieue, responsables de flux quotidiens considérables. Ce fut une guérilla de près d’un quart de siècle qui opposa la Ville à l’Etat. Ce dernier, voulant garder la mainmise sur la ville, voyait  dans l’opération une « œuvre nationale », mais en refusait le financement ; la ville, quant à elle, voulait que ce chemin de fer fût « d’intérêt purement local ». En 1895, elle obtint gain de cause. L’hostilité aux chemins de fer et à l’Etat était telle qu’après avoir refusé toute participation de la Compagnie du Nord (1891), la ville fit en sorte de rendre impossible toute jonction avec les grandes lignes en établissant des galeries plus étroites destinées à des voitures de moindre gabarit.

Les conseillers municipaux rejetèrent la proposition du conseil général de la Seine envisageant, paru une perception d’ensemble des problèmes de la région, un métro de pénétration dans la banlieue. Le projet fut rejeté pour des raisons fiscales. Paris tirant le plus clair de ses recettes de l’octroi : « L’octroi de Paris produit 150 millions ; le métro lui fera perdre 30 millions. Une grande partie de la population émigrera le jour où, pour 0,40 franc ou 0,50 franc, elle pourra, sans changer de voiture, se rendre facilement dans la banlieue. Or, ce sont les gens riches qui émigreront, pas les ouvriers. » (1895)

La réalisation fut mixte ; la ville assura les infrastructures,  la Compagnie du métropolitain de Paris concessionnaire pour vingt-cinq ans fit le reste. En 1904, l’on fit fusionner dans la Société des transports en commun de la région parisienne tous les transports en commun (métro, autobus). En 1929, après la disparition de l’octroi, le métro fut prolongé en banlieue, puis, dans les années soixante, la création du Réseau express régional (RER) fit définitivement disparaître l’indépendance du réseau par la jonction avec le réseau férroviaire.

L’œuvre d’Haussmann se poursuit

HaussmannPour améliorer la circulation, on prolongea la rue Etienne Marcel, opération qui défigura la place des Victoires. On effectua, après 1889, quelques grandes percées : le boulevard Raspail, la rue Réaumur et, après 1926, on termina le boulevard Haussmann de l’Opéra à la rue Drouot. Sur la rive gauche, on créa une rocade rue de la Convention rue de Tolbiac, du pont Mirabeau au pont de Tolbiac, avec pour corollaire l’ouverture des avenues Emile Zola, Félix Faure et du Maine.

Pour une amélioration de l’Habitat

Cette période vit de nombreux lotissements dans l’ouest (XVIe et XVIIe arrondissements) comme une simple promenade dans ces quartiers permet de le constater. Dès le milieu du XIXe  siècle, les autorités attachèrent une grande importance à l’hygiène et à la santé publique, et de nombreux rapports dénoncèrent le fléau de l’alcoolisme, puis celui de la tuberculose. L’on constata que ces problèmes étaient liés à l’habitat et, à partir de 1893, le casier sanitaire des maisons de Paris et les cartes de la mortalité confirmèrent la responsabilité de la surpopulation et des taudis. Dès 1906, on proposait la démolition de six îlots particulièrement insalubres : celui de la rue Beaubourg fut achevé vers 1932 et l’emplacement ne fut réutilisé que quarante ans plus tard par l’implantation du centre Georges Pompidou. A la périphérie, la démolition des fortifications de Louis Philippe entraîna l’aménagement des « portes » en placer et, surtout la construction d’immeubles sociaux. En effet, grâce au Crédit foncier, on avait beaucoup construit sous le second Empire et jusqu’en 1889. A partir de cette date, le nombre de logements vacants diminua sensiblement et passa de 42 5000 à  10 800 entre 1899 et 1911. D’où un renchérissement des loyers et l’intervention des collectivités publiques et privées dans ce secteur : ce fut la création de l’Office public d’habitation à bon marché de la ville de Paris (1914) qui ne fonctionna qu’après la guerre.

Depuis la guerre de 1914

L’entre-deux-guerres ne fut guère marqué  que par quelques projets à l’intérieur de la ville, comme le plan Voisin, qui, en 1926, prévoyait la démolition de l’axe de la rue de Rennes jusqu’à la Seine remplacé par quelques tours et des voies de circulation mieux adaptées. La grande réalisation de cette période fut la démolition des fortifications et la construction de la ceinture d’immeubles de brique à caractère social que l’on trouve sur une bonne partie du périmètre de Paris.

Si la IVe République a peu laissé d’empreinte sur la capitale, en dépit du cruel manque de logements, il a fallu attendre les années soixante-cinq-soixante-dix pour voir entreprendre à grande échelle le remodelage et la mise en chantier de quartiers entiers. Et lorsque l’on contemple la ville actuellement, l’on constate que tous les arrondissements périphériques ont été plus ou moins traités : dans le XVe arrondissement (porte de Versailles, Croix-Nivert, front de Seine) ; ailleurs (gare Montparnasse et secteur Vercingétorix, avenue d’Italie, Bercy, Nouveau-Belleville et parc de Belleville, place des Fêtes, basson de la Villette et secteur de Flandre, porte d’Asnières, porte Maillot, pour ne citer que quelques grandes opération) sans oublier, au cœur de la ville, Beaubourg et les Halles.

Ce mouvement qui compense un demi-siècle de stagnation et d’inaction n’est pas près de s’arrêter et l’on parle déjà d’aménager les terrains de la S.N.C.F. du secteur Tolbiac et d’y construire la future Grande Bibliothèque de France, annexe de la Bibliothèque

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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