Hermine emblème de la Bretagne

« Plutôt la mort que la souillure » en soi, cette petite phrase, résume bien le caractère de ce bel animal.

L’hermine (Mustela erminea) ressemble beaucoup à la belette, tant par la forme générale de son corps, que par ses habitudes de vie. Elle est cependant plus grande, puisqu’elle peut atteindre 40 cm de long, queue comprise (10 cm). Durant l’été, la partie supérieure de son corps est d’une couleur brun rougeâtre, ainsi que la première moitié de la queue. Le ventre est blanchâtre et le bout de sa queue très caractéristique, est noir en toute saison. L’hermine mue deux fois par an, au printemps et à l’automne. La totalité du pelage se renouvelle, mais si le bout de la queue garde sa couleur noire, tout le reste du corps devient blanc l’hiver. Seules les vibrisses (sourcils et moustache) sont épargnées par ce phénomène.

Au printemps, la mue est assez lente. Elle commence par les poils du dos pour finir par ceux du ventre. La mue d’automne est plus rapide et se produit en sens inverse. Les poils hivernaux sont plus gros que ceux du pelage estival. Des expériences ont démontré que le changement de couleur n’est pas déterminé par les variations de température, mais par la durée de la lumière diurne. Le froid ne peut avoir qu’une influence indirecte en obligeant les animaux à demeurer plus longtemps dans leurs gîtes et, ce faisant, à se soustraire aux effets de la lumière. Durant la mue de l’hermine, on a pu relever sur le pelage la trace d’un dessin que l’on n’aperçoit pas le reste du temps. Ce sont des stries longitudinales. Ce phénomène est d’ailleurs assez fréquent chez les mustélidés.

L’aire de répartition de l’hermine est sensiblement la même que celle de la belette, mais on ne la trouve pas dans les régions méridionales. Elle habite l’Europe, le nord de l’Asie jusqu’au Japon, et l’Amérique du Nord. Elle semble préférer les régions montagneuses, mais elle ne fuit pas les contrées d’élevage et de culture. Comme la belette, elle s’adapte bien aux climats les plus variés. Elle passe une grande partie de la journée cachée dans un terrier, un trou dans un vieux mur, un arbre creux, une maison abandonnée ou un endroit analogue. Il arrive qu’on la rencontre en plein jour. Le soir venu, elle part en chasse en se faufilant le long des murailles et des buissons, s’arrêtant de temps à autre pour observer les alentour et faisant le gros dos de façon encore plus prononcée que le chat. Finalement, elle se met à l’affût devant l’orifice d’un nid de rats, d’un terrier de taupe ou devant une fissure de rocher. Elle ne reste pas immobile un seul instant. Même lorsqu’elle donne l’impression de ne pas bouger, les yeux, les oreilles et le nez sont en perpétuel mouvement et la gracieuse petite tête tourne continuellement de droite à gauche, avec la plus grande vivacité.

L’hermine est capable de prouesses physiques variées. Elle court et saute avec agilité, grimpe fort bien, sans jamais hésiter un seul instant et peut traverser à la nage les fleuves les plus larges. Ses facultés psychiques sont également remarquables. Comme beaucoup de ses congénères, ce mustélidé est courageux jusqu’à la témérité et excessivement sanguinaire. Il n’a peur de rien, ne craint aucun ennemi et, s’il se sent menacé, n’hésite même pas à s’en prendre à l’homme. Wood raconte l’histoire d’un paysan qui avait rencontré sur son chemin deux hermines. En ayant blessé une à coups de pierre, il fut aussitôt attaqué par l’autre qui, bondissant sur ses épaules, essayait de lui mordre la nuque. Ce faisant, l’animal criait d’une façon particulière, apparemment pour donner l’alarme. Soudain, d’un buisson voisin, sortirent d’autres hermines qui se précipitèrent au secours de leur compagne. Heureusement pour lui, le paysan avait des vêtements très épais qui le protégèrent en grande partie des morsures, mais il s’en tira néanmoins avec le visage, les mains et une partie du cou lacérés. Il arrive aussi à l’hermine, quand elle est réellement épouvantée, d’utiliser comme arme défensive la sécrétion fétide de ses glandes anales.

L’hermine mange pratiquement tous les petits animaux, mammifères, oiseaux, batraciens ou autres, dont elle peut s’emparer. Mais souvent, elle n’hésite pas à attaquer des animaux de plus forte taille, comme les lièvres et les serpents. Un naturaliste raconte avoir entendu, un soir, le cri angoissé d’un lièvre. S’étant précipité, il eut le temps d’apercevoir l’animal qui s’enfuyait, une petite bête mince suspendue à son cou comme une sangsue. C’était une hermine. Un autre rapporte avoir capturé une hermine alors qu’elle était en train de sucer le sang d’un lièvre tué. On a même vu une hermine essayer de mordre un cheval qui lui barrait le chemin.

Pour chasser les rats, l’hermine se sert de son flair très subtil. A l’odeur, elle est capable de reconnaître si un trou est occupé par un ou plusieurs rats. Si elle découvre qu’ils sont plusieurs, elle s’introduit sans hésiter dans le nid. Quant aux rats d’eau, elle les traque inlassablement jusque dans l’eau, et il suffit de 2 ou 3 hermines pour détruire en quelques jours, une très nombreuse  colonie de rats d’eau. Comme la belette, l’hermine est un animal très joueur qui se livre à mille cabrioles. Celles-ci ont parfois un but utilitaire en constituant un véritable mode de chasse. Devant certains animaux, oiseaux et rongeurs en particulier, l’hermine exécute une étrange danse fascinatoire, se contorsionnant et virevoltant devant sa proie en se rapprochant insensiblement, jusqu’au moment où, arrivée à bonne portée, elle bondit et l’égorge. On cite le cas d’une dizaine de lapins de garenne attirés par cet étrange spectacle, qui finit par coûter la vie à l’un d’entre eux.

On a constaté que la quantité d’Hermines qu’abritait une région déterminée était assez variable. Elles sont extrêmement rares certaines années et plus nombreuses d’autres années. Il se pourrait que les escargots en soit indirectement responsables. En effet, les années humides, les hermines se nourrissent d’escargots qui sont les hôtes intermédiaires d’un ver parasite. Ce ver s’implante dans l’hermine, à qui il cause des troubles souvent mortels. Quand elle a tué plus de proies qu’elle ne peut en manger, il arrive à l’hermine de se constituer une réserve dans une cachette, souvent sous un tas de paille ou de foin.

Contrairement à la belette, l’hermine a, comme de nombreux mustélidés, une implantation différée, et la gestation, suivant les conditions locales, peut durer de 200 à 340 jours. Au mois de mai naissent 4 ou 5 petits, dans un nid préparé par la mère dans un terrier de taupe ou un abri du même genre. Ils sont l’objet de soins très attentifs et ne quittent leur mère qu’à l’approche de l’hiver, quand ils sont presque adultes et qu’elle leur a enseigné toutes ses ruses. Les petits, très intelligents, apprennent vite. En peu de temps, ils rivalisent avec elle de courage, d’adresse et d’astuce.

L’hermine ne vit pas très longtemps en captivité, surtout lorsqu’elle a été capturée à l’âge adulte. Très irritable, elle refuse toute nourriture, se met souvent en colère, et meurt rapidement de misère physiologique. Au contraire, si elle est capturée peu après sa naissance, elle s’apprivoise très bien et procure de grandes satisfactions à ses maîtres.

La fourrure d’hiver de l’hermine, symbole héraldique de pureté et d’incorruptibilité, a été beaucoup plus recherchée qu’elle ne l’est de nos jours. Alors qu’elle était autrefois l’apanage des souverains, elle a surtout servi au début du siècle à rehausser la toge  des magistrats, aujourd’hui, cet ornement est en fourrure synthétique.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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