Histoire de l’Hôtel de la Monnaie de Paris

L’Hôtel de la Monnaie de Paris est située dans l’un des plus beaux monuments néoclassiques du XVIIIè siècle. Il fut construit à la demande du roi Louis XV, entre 1771 et 1777, pour y abriter des ateliers de fabrication monétaire.

Chef d’œuvre de l’architecte Jacques-Denis Antoine (1733-1801), l’Hôtel monétaire a connu ensuite plusieurs évolutions importantes. Ainsi en 1806, l’atelier de frappe des médailles, qui se trouvait jusqu’alors au Palais du Louvre, est déménagé quai de Conti. Autre date importante, en 1833 un musée monétaire est inauguré dans les salons d’apparat du premier étage, donnant le long de la Seine.

Aujourd’hui le bâtiment de la Monnaie de Paris conserve sa double fonction ; établissement industriel et commercial voué à la fabrication monétaire il est aussi un lieu patrimonial exceptionnel.

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La façade de la Monnaie de Paris

La façade majestueuse est constituée d’un avant-corps qui mesure plus de 120m de long. Deux figures allégoriques, Mercure, symbole du Commerce et Cérès symbole de l’Agriculture, surmontent la porte principale.

Les six statues figurées en partie haute de la façade, représentent l’Abondance, la Justice, la Paix, la Prudence, la §Force et le Commerce.

Elles sont l’œuvre de Jean-Pierre Pigalle (1714-1785), de Louis-Philippe Mouchy (1734-1801) et de Félix Lecomte (1737-1817)

 

En passant sous le péristyle d’entrée, formé de colonnes doriques cannelées et surmonté d’une voûte en berceau ornée de caissons, on peut se diriger à droite vers l’escalier d’honneur qui conduit à la salle Dupré ou, en face, vers la Cour d’honneur, qui distribue les différents ateliers de fabrication et conduit au Musée.

 

La salle Dupré

Cette salle d’apparat, aux proportions monumentales porte le nom de Guillaume Dupré, qui fut l’un des grands sculpteurs et médailleurs français de la Renaissance.

A l’origine la salle Dupré était un salon de réception où la Cour des monnaies tenait ses séances. Puis, à partir de 1778,elle devient aussi une salle de cours : Balthasar Sage, de l’Académie des Sciences,  y tient une chaire de chimie docimastique ayant pour objet de connaître la quantité et la qualité des métaux contenus dans les minerais. Des gravures de l’époque montrent ces leçons auxquelles assistait un public très diversifié. Des collections minéralogiques exceptionnelles, que Sage a mis plus de vingt ans à rassembler, sont alors exposées dans cette salle et à l’étage supérieur. Elles y resteront jusqu’à sa mort en 1824.

 

En 1833, la salle Dupré et les galeries attenantes du bord de l’eau, prennent une nouvelle destination : elles accueillent le musée monétaire, formé à partir du médailler de la Cour des Monnaies et du fonds d’outillages et de médailles venant du Louvre.

 

A cette époque, le plafond de la salle Dupré est orné d’un papier peint montrant un ciel nuageux. Il est remplacé en 1892 par une peinture sur toile marouflée, commandée au peintre d’histoire Jean-Joseph Weerts (1847-1927). La scène a pour cadre le pont d’Iéna et le Palais des Beaux-Arts lors de l’Exposition Universelle de 1889. A droite, sur une nef de parade sont rassemblés les Arts, guidés par le Génie de la France, que couronne la Ville de Paris. A l’arrière plan, sur le pont d’Iéna figurent les Nations qui participent à l’Exposition Universelle. Dans le ciel, apparaissent la Paix et le Commerce.

 

La cour d’honneur

De forme très harmonieuse, cette cour mesure environ 35m de profondeur et 40m de large. Elle est agrémentée de nombreuses sculptures insérées dans le décor architectural.

Au fronton du corps central situé au centre de la cour, deux allégories ; la Bonne fois, tenant une balance et l’Abondance des Richesse, versant le contenu d’une corne remplie de pièces.

Une inscription en latin fait allusion aux sujets représentés :

Quas effundit opes largo bona COPIA cornu

Explorat certa religiones (sic) FIDES

(Les richesses que l’Abondance laisse tomber de sa large corne, la Bonne Foi les examine avec une attention scrupuleuse)

 

Deux autres figures assises de part et d’autre d’une horloge, l’Expérience et la Vigilance, ornent le fronton, sur la façade donnant du côté du vestibule (côté Seine). Elles sont l’œuvre du sculpteur Jacques-Philippe Dumont (1745-1871)

 

Insérés dans des niches rectangulaires, les bustes des rois Henri II, Louis XIII, Louis XIV et Louis XV, rendent hommage à ces souverains qui ont conduit des réformes  importantes dans le domaine de la fabrication monétaire.

Une légende en latin en porte témoignage : Henri II fit graver sur ses monnaies (d’or) le portrait du roi. Louis XII généralisa la frappe des monnaies au balancier. Louis XIV perfectionna  le marquage de la tranche des pièces pour diminuer les risques de fausse monnaie. Louis XV fit éditer cet hôtel et le décora de manière somptueuse.

Ces bustes ont été réalisés par le graveur et sculpteur Nicolas-Pierre Tiolier, entre 1827 et 1830.

 

Le musée de la Monnaie de Paris

Situé à l’extrémité de la Cour d’Honneur, le musée est installé dans un lieu hautement symbolique, l’ancien hall du monnayage, où jusqu’en 1972, étaient frappées les monnaies courantes. A cette date l’atelier de frappe des pièces est déménagé à Pessac, à côté de Bordeaux, où il se trouve encore de nos jours.

 

Le musée de la Monnaie de Paris est l’héritier de l’ancien musée monétaire inauguré par le roi Louis-Philippe en 1833. il a été ouvert au public en 1988.

Aujourd’hui la collection comprend plus de 30 000 monnaies et 6000 médailles, un fonds exceptionnel d’outillages, coins et poinçons, qui en font un lieu patrimonial d’exception.

 

Environ 2000 monnaies et 450 médailles et jetons sont présentés dans les salles permanentes du musée selon une muséographie très novatrice. Trois architectes associés, Laurent Guinamard, Yves Kneusé, Bruno Donzet,  et l’architecte Marc Saltet, membre de l’Institut, ont conçu ce musée. Les grandes étapes de l’histoire monétaire française, depuis les premières pièces gauloises jusqu’aux ultimes francs, et aux pièces de l’euro, sont présentées dans ce musée, selon un plan qui est à la fois chronologique et thématique. Dans des murs de verres ondulés, conçus comme d’immenses tableaux, on découvre ainsi les moments importants de l’art de la médaille en France. Les grandes étapes de l’évolution des techniques de fabrication – frappe au marteau, frappe au balancier, presses monétaire- sont également distinguées dans des espaces appropriés, hors récit historique.

 

La cour de la Méridienne

En sortant du musée, à droite, une cour latérale présente à l’angle de l’un de ses murs une pyramide en pierre sur laquelle est fichée une méridienne – qui est dans le prolongement de celle de l’Eglise Saint-sulpice. Sur son socle, une inscription précise qu’elle fut calculée en 1777 par les ingénieurs astronomes Alexandre-Guy Pingré (1711 – 1796) et Edme-Sébastien Jeaurat (1723 – 1803)

 

La façade rue Guénégaud

C’est par la façade rue Guénégaud qu’on accède aujourd’hui à la boutique de la Monnaie de Paris. Cette façade, longue de 118m, occupe une grande partie de la rue Guénégaud.

Elle présente aussi un décor architectural très raffiné, comme en témoigne en son centre les quatre figures du Feu, de la Terre, de l’Eau et de l’Air, œuvres de Dupré et de Jean-Jacques Caffieri. Deux inscriptions latines accompagnent ces figures, évoquant tour à tour « l’air qui se meut en sifflant dans un tourbillon incessant, le Feu dompteur de matière, enfantant des richesses, la terre mère de toutes choses, fournissant les métaux fruits de ses veines, et l’eau lavant dans ses ondes pures les glèbes de ses rudes et noires entrailles »

 

 

L’Hôtel des Monnaies :

L’Hôtel des Monnaies est bâti sur les fondations de quatre demeures successives :

L’Hôtel de Nevers construit en 1572 pour L. de Gonzague, duc de Nevers

L’Hôtel de Guénégaud construit par François Mansart, pour Henri de Guénégaud, garde des sceaux, en 1656.

L’Hôtel de Conti, qui appartint à la nièce de Mazarin, la princesse de Conti.

En 1768, Louis XV rachète l’Hôtel de Conti à la Ville de Paris propriétaire de ce bâtiment depuis 1765.

Le statère des Parisii : cette pièce d’or est l’une des plus anciennes monnaies de notre histoire, que le musée conserve.

Elle fut frappée au 1er siècle av. J-C par les Parisii, habitants du Paris antique.

 

11 Quai de Conti 75006

www.monnaiedeparis.fr

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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