Historique des maires de Paris

Le premier Maire de Paris sera élu le 15 juillet 1789.  C’est à partir du XIIIème siècle que Paris, véritablement considéré comme un corps de ville, est dirigé par le prévôt des marchands qui préside aux destinées municipales.

L’hôtel qui attenait au ministère des affaires étrangères, et qui occupait le n° 16 de la rue des Capucines, était l’ancien hôtel des lieutenants généraux de police. Il devint en 1790 l’hôtel du maire de Paris et fut habité par Bailly, Pétion, Pache, etc.; en 1795, après le 13 vendémiaire, on y logea le général en chef de l’armée de l’intérieur, Bonaparte enfin il devint l’hôtel des archives des affaires étrangères. Il est aujourd’hui détruit. (Th. Lavallée).

Voici la liste des maires de Paris depuis 1789.

1789 – 1793

– Jean-Sylvain BAILLY, élu le 15 juillet 1789 – 18 novembre 1791.

Né à Paris, le 15 septembre 1736.

Mathématicien et littérateur, il joua un rôle politique important ; il fut l’ami de Buffon dont l’influence finit, après trois échecs suscités par l’opposition de d’Alembert, par le faire entrer à l’Académie des sciences, puis à l’Académie française ; garde des tableaux du Roi, au Louvre ; Bailly appartint aussi à l’Académie des Inscriptions.

À l’Académie française il obtint 15 voix contre Condorcet qui fut élu avec 16 voix, grâce à la manœuvre par laquelle d’Alembert fit avoir à ce dernier le suffrage du comte de Tressan. L’opposition que lui fit d’Alembert ne cessa qu’avec la mort de celui-ci ; Bailly fut élu le 11 décembre 1783 au fauteuil 31 en remplacement du comte de Tressan, et reçu par le marquis de Condorcet le 26 février 1784. Une fois élu, il se brouilla avec Buffon, en votant pour Sedaine et en lui refusant sa voix en faveur de l’abbé Maury ; l’amertume de cette réception éloigna Buffon de l’Académie où il ne parut plus. Bailly a laissé une Histoire de l’astronomie, des écrits scientifiques, et des Élogesd’écrivains et de savants. La politique absorba ses dernières années ; le premier élu de Paris aux États généraux, il présida la fameuse séance du Jeu de Paume et fut maire de Paris du 15 juillet 1789 à 1791. Arrêté après le 10 août 1792, condamné pour avoir favorisé la fuite de Louis XVI à Varennes-en-Argonne et pour complot contre la sûreté du peuple, il périt sur l’échafaud révolutionnaire ; il fut stoïque en face de la mort et des cruautés que la foule lui prodigua. Deux Causeries de Sainte-Beuve, son Éloge par Talleyrand à l’Institut (1796), une notice de F. Arago.

Mort le 12 novembre 1793.

Son père, qui était peintre et garde des tableaux de Versailles, le destinait à la peinture : Bailly préféra les lettres et les sciences. Il travailla d’abord pour le théâtre, mais, s’étant lié avec LaCaille il se livra avec ardeur à l’étude de l’astronomie, et mérita bientôt d’être admis à l’Académie des sciences (1763). Il cultivait cependant avec succès la littérature, composait des Éloges, parmi lesquels on remarqua ceux de Leibniz et de LaCaille (1770), et rédigeait le grand ouvrage auquel il doit surtout sa réputation, Histoire de l’astronomie, qui forme trois ouvrages distincts : Histoire de l’astronomie ancienne, 1775; Histoire de l’astronomie moderne, 1778-83; Histoire de l’astronomie indienne et orientale, 1787. Il avait supposé, dans cet ouvrage, l’existence d’un peuple primitif qui aurait disparu du globe, et auquel il faudrait rapporter la plupart des grandes découvertes; cette assertion l’engagea dans de vives disputes et donna naissance auxLettres sur l’origine des sciences et sur l’Atlantide de Platon, qu’il publia en 1777. Son Histoire de l’astronomie, qui était une œuvre littéraire autant que scientifique, lui ouvrit les portes de l’Académie française (1784) et de celle des inscriptions (1785). A la même époque, il fut chargé par l’Académie des sciences de rédiger deux Rapports importants, l’un sur le Magnétisme animal (Mesmer), l’autre sur leProjet d’un nouvel Hôtel Dieu.

– Lorsque la Révolution éclata, Bailly fut arraché aux lettres, et jeté dans la carrière politique qui devait lui être si funeste. Il jouit pendant quelque temps d’une immense faveur : en 1789, il fut nommé député aux Etats généraux par les électeurs de Paris; puis il fut élevé à la présidence de cette assemblée; c’est lui qui présida la fameuse séance du Jeu-de-Paume; il fut nommé maire de Paris le 16 juillet 1789. Mais s’étant vu obligé, après l’arrestation de Louis XVI, de dissiper par la force les rassemblements qui se formaient au Champ de Mars pour demander la déchéance du roi (17 juillet 1791), il perdit tout d’un coup sa popularité. Il se démit alors des fonctions de maire, et quitta la capitale; mais, reconnu à Melun, il fut amené à Paris et traduit devant le tribunal révolutionnaire qui le condamna à mort. II fut exécuté le 11 novembre 1793. Comme ses membres glacés par la pluie et le froid étaient agités d’un tremblement involontaire, un de ses bourreaux lui dit : « Tu trembles, Bailly? – Oui, répondit-il avec calme, mais c’est de froid. »

Outre les ouvrages de Bailly que nous avons cités, on a publié de lui après sa mort un Essai sur les fables, 1798; des Mémoires d’un témoin de la Révolution, 1804, et un Recueil de pièces intéressantes sur les sciences, 1810.  Arago a prononcé son Éloge à l’Académie des sciences en 1844.

– Jérôme PETION, élu le 18 novembre 1791 – 15 octobre 1792 (suspendu du 6 au 13 juillet 1792).

Les événements précipitèrent cette résolution. Le 3 août, une délégation de 47 sections sur 48 se présenta à la barre et demanda la déchéance du roi. Elle avait à sa tête le maire Pétion, et comptait dans ses rangs presque tout le personnel de la future Commune.

La Commune légale et la Commune insurrectionnelle siègent simultanément dans des salles contiguës, pendant plus de quatre heures, celle-ci influençant et terrifiant celle-là. Les premiers actes des insurgés sont de faire arrêter le commandant de la garde nationale Mandat, et de consigner le maire Pétion. Vers huit heures, ils songent à destituer enfin la Commune légale et prennent l’arrêté suivant :

« L’assemblée des commissaires de la majorité des sections, réunis avec pleins pouvoirs de sauver la chose publique, a arrêté que la première mesure que le salut public exigeait était de s’emparer de tous les pouvoirs que la Commune avait délégués, et d’ôter à l’état-major l’influence malheureuse qu’il a eue jusqu’à ce jour sur le sort de la liberté. Considérant que ce moyen ne pouvait être mis en usage qu’autant que la municipalité, qui ne peut jamais et dans aucun cas agir que d’après les formes établies, serait suspendue provisoirement de ses fonctions, a arrêté que le conseil général de la Commune serait suspendu, et que M. le maire, M. le procureur de la Commune et les seize administrateurs continueraient leurs fonctions administratives. Signé : Huguenin, président; Martin, secrétaire. »

Alors l’Assemblée casse la Commune, tout en déclarant qu’elle a bien mérité de la patrie, et ordonne de nouvelles élections. D’autres décrets (30 et 31 août) blâment l’arrêté relatif à Girey-Dupré. La Commune se défendit habilement : le 31 août, elle appela Pétion au fauteuil de la présidence, l’enguirlanda de louanges et le décida à être son orateur à la barre de la Législative, pour demander le rapport du décret.


– Philibert BORIE
, maire intérimaire. Du 7 au 13 juillet 1792.

– René BOUCHER, maire intérimaire. Du 15 octobre au 2 décembre 1792.

– Henri LEFEVRE D’ORMESSON, élu le 21 novembre 1792, refuse.

3°  Du 31 octobre au 6 novembre, 43 sections votèrent spontanément pour l’élection d’un maire. D’Ormesson, Chambon et Lulier eurent le plus de voix.

4° La Commune cassa ces élections comme illégales, et convoqua les électeurs pour le 12 novembre. Ce jour-là, d’Ormesson obtint 2567 voix, et Lulier 2081. D’Ormesson refusa.

5° Un cinquième tour eut lieu le 19 novembre. D’Ormesson fut réélu par 4910 voix contre 4896 à Lulier : il refusa encore.

– Nicolas CHAMBON, élu le 8 décembre 1792 – 2 février 1793.

– Jean-Nicolas PACHE élu le 14 février 1793 – 10 mai 1794.

– Jean-Baptiste FLEURIOT-LESCOT, nommé. 10 mai-17 juillet 1794.

Exécuté le 10 thermidor an II

Suppression de la mairie de Paris de 1794 à 1848 (de la chute de Robespierre[ ]jusqu’à la seconde Révolution française de 1848).

–     Louis-Antoine Garnier-Pagès, nommé. 24 février – 5 mars 1848.

–     La mairie centrale de Paris fut rétablie par la deuxième république. Garnier-Pagès futt nommé maire le 24 février 1848 et il eut 2 adjoints, mais ils tenaient leur nomination du pouvoir central, et les membres de la commission provisoire à la fois municipale et départementale, dont l’établissement fut décidé par le décret du 3 juillet 1848, furent nommés par le pouvoir exécutif également. Le département sans préfet depuis février en eut un nouveau; de même, à partir de juillet, il n’y eut plus de mairie centrale

– Armand MARRAST, nommé. 9 mars – 19 juillet 1848.

Suppression de la mairie de Paris de 1848 à 1870 (après les Journées de Juinjusqu’à la déchéance de Napoléon III et la proclamation de la Troisième République)

1870 – 1871

– Etienne ARAGO, nommé. 4 septembre – 15 novembre 1870.

– Jules FERRY, nommé. 15 novembre 1870 – 5 juin 1871.

En juillet 1870 et, après l’effondrement de l’Empire (4 septembre), il entra, avec ses collègues de la Seine, dans le gouvernement de la Défense nationale, qui le prit pour son secrétaire et lui confia (6 septembre) l’administration du département de la Seine, c.-à-d. de la banlieue de Paris, cette ville étant placée sous l’autorité d’un maire, qui était alors Étienne Arago

Jules Ferry fit preuve dans cet emploi de beaucoup d’activité, contribua puissamment par son sang-froid et son énergie, lors de l’échauffourée du 31 octobre, à délivrer le gouvernement, que l’émeute tenait prisonnier à l’Hôtel de Ville, et, après la démission d’Étienne Arago (14 novembre), fut chargé d’administrer non plus seulement les communes suburbaines, mais la capitale elle-même. Il pourvut de son mieux, au milieu de grandes difficultés, pendant la fin du siège, à l’ordre public et aux subsistances, qui durent être rigoureusement rationnées à partir du 18 janvier, et triompha, le 22 du même mois, d’une nouvelle insurrection populaire. Après l’armistice, il fut élu représentant des Vosges (8 février), le cinquième, par 33 439 suffrages. Mais tandis que l’Assemblée nationale délibérait à Bordeaux, il dut rester à Paris, où la révolution fermentait plus que jamais. Le soulèvement du 18 mars mit de fait à néant son autorité préfectorale. Après avoir tenu bon jusqu’à la dernière heure, d’abord à l’Hôtel de Ville, puis à la mairie du Ier, arrondissement, il dut se retirer et alla rejoindre à Versailles  Thiers qui lui témoigna autant d’amitié que de confiance et qui, après avoir triomphé de la Commune, le confirma dans ses fonctions de préfet de la Seine (fin de mai 1871). Mais Jules Ferry, très vivement attaqué par une partie considérable de l’Assemblée, ne crut pas devoir les conserver et fut remplacé le 5 juin suivant par Léon Say.

Suppression de la mairie de Paris de 1871à 1977

 Depuis 1977

– Jacques CHIRAC. Elu le 20 mars 1977.

Réélu le 25 mars 1983

Réélu le 19 mars 1989

Fin de mandat le 16 mai 1995.

– Jean TIBERI. Elu le 22 mai 1995.

Fin du mandat le 24 mars 2001

– Bertrand DELANOE. Elu le 25 mars 2001

 

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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