Isis déesse tutélaire de Paris

Sans doute les Druides gaulois, qui auraient choisi cette île pour y célébrer le culte de leurs dieux. Mais quels dieux? Ésus, maître de la terre et des hommes? On peut préférer l’hypothèse de quelques historiens — et de nombreux occultistes — et croire que la déesse tutélaire de Paris, dès cette époque, fut Isis, figure universelle, aux noms et attributs divers, dont la religion, née en Égypte, se serait répandue, probablement grâce aux Phéniciens, jusqu’en Germanie1  et en Gaule.

Isis, sœur et femme d’0siris (le soleil), errant à la recherche de son époux, symbolisait à la fois la lune, l’amour et la navigation. Dans la petite île, chaque année, le 3 janvier, les Gaulois auraient célébré l’arrivée d’Isis, dans une barque ou Bar, d’où le nom de Bar Isis — et le navire figurant dans les armes de la ville2.

Isis était aussi le symbole de la fécondité et du blé — ce qui explique, dit l’hermétiste Claude Valence, que les Parisiens aient toujours aimé le bon pain! Elle était surtout la Grande Déesse de la mort et de la résurrection, car elle avait retrouvé le corps d’Osiris coupé en morceaux, et l’avait ressuscité par ses actes magiques. Sur le socle de ses statues étaient gravés les mots : « je suis tout ce qui fut, tout ce qui est, tout ce qui sera. Et aucun mortel n’a jamais pu découvrir ce qu’il y a sous mon voile. »

Isis-sur-sa barqueSes temples comprenaient une crypte, où l’on évoquait la descente aux Enfers et où les initiés recevaient un baptême d’eau sacrée. Alors, marqués du signe divin, ils entraient en rapport avec le domaine des Esprits.

C’est pourquoi, sans doute, Isis a toujours été considérée comme la maîtresse de la doctrine ésotérique et verra, au Moyen Age, son nom associé aux évocations, à la nécromancie et à l’alchimie. Le maître d’œuvre de Notre-Dame l’aurait représentée, au portail Sainte-Anne, sous les traits d’une femme portant le thyrse, et c’est elle encore que les francs-maçons célèbrent comme la Mère nourricière du Progrès.

Il faut avouer que les Druides ont gardé le silence sur ce culte, s’ils le pratiquaient, mais on sait qu’ils observaient la règle de ne rien écrire au sujet de la religion, transmettant leur savoir par des poèmes qui devaient être appris par cœur. Et de nombreux écrits et témoignages postérieurs peuvent faire croire qu’il existait un temple d’Isis à Paris, avant même l’arrivée des Romains. L’érudit I.-N. Neal estime, lui aussi, que cette déesse a dû être connue en Gaule «dans les temps les plus anciens, et adorée peut-être sous un nom corrompu4 »

1.Les Suèves, dit Tacite, rendent un culte à Isis. La figure de vaisseau sous laquelle ils l’adorent, annonce que ce culte leur a été apporté.
  1. Autre étymologie : la ville de Melun, qui pratiquait aussi le culte d’Isis, avait pris son nom : lsia. Et Paris, voisine de Melun, se proclamait égale à elle : Par Isua.
  2. Les traces du culte d’Isis dans le nom, l’emblème et le thème zodiacal de la ville de Paris
  3. Dissertation sur les Parisii ou Parisiens et sur le culte d’Isis par les Gaulois.

Le moine Abbon, de Saint-Germain-des-Prés, dans son poème écrit au IXe siècle, sur le siège de Paris par les Normands, considère Isis comme la figure protectrice des Parisiens. Et, si l’on en croit  le chevalier de Jaucourt et l’Encyclopédie : « L’on ne peut douter raisonnablement

Isis-eglise-saint-germain-des-presQu’il n’y eut à Paris ou dans son voisinage un fameux temple dédié à la grande déesse des Egyptiens. Les anciennes chartes de Sainte-Geneviève et de Saint. Germain-des-Prés en font mention : elles disent que Clovis et Childebert, leurs fondateurs, leur ont assigné les dépouilles d’Isis et de son temple. »

Le bon Jacques de Breul affirme de son côté l qu’au lieu où le roi Childebert fit construire l’église de Saint-Vincent, dite à présent de Saint-Germain, et à laquelle il donna son fief d’Issy, la commune opinion est qu’il y avait un temple d’Isis, femme d’Osiris et que d’icelle le village d’Issy prit son nom ».

Jusqu’aux premières années du XVIe siècle on pouvait voir sous le porche de Saint-Germain-des-Prés, une étrange statue, devant laquelle les femmes du quartier faisaient brûler des cierges pour retrouver les objets perdus. C’était, disait-on, la toute-puissante reine d’Égypte et, d’après Gilles Corrozet : « Cette statue était maigre, haute, droite et noire, pour son antiquité, nue, sinon quelque linge autour de ses membres, était située contre la muraille, du côté septentrional et fut abattue en l’an 1514 et l’on fit mettre au lieu une croix rouge2 »

Notons enfin que le thème zodiacal de la ville de Paris, dressé par Nicolas Bourdin au début du XVIIe siècle (et orienté par deux astrologues du XXe,  MM. Caslant et Picard) est placé sous l’ascendant d’Isis, vierge des mystères.

  1. Théâtre des antiquités de Paris
  2. La fleur des antiquités de Paris
Source : histoire secrète de Paris-Gilette Ziegler 1982

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