La civette gourmande d’Afrique

La civette d’Afrique (Civettictis civetta) est un Viverridé d’un mètre de long, dont 30 cm pour la queue. Cette dernière est caractéristique. Non cylindrique, elle s’achève en pinceau. La tête ronde, très petite, se terminer par un museau allongé. Les oreilles sont pointues, les yeux obliques, la pupille  ronde. Le corps est moins fluet que celui des autres Viverridés. Les pattes sont  moyennement longues. La Civette est digitigrade ; des poils courts, mais denses, couvrent la plante des pieds, qui sont munis de 5 doigts, aux griffes non rétractiles. Mâles et femelles sont pourvus d’une poche à parfum périnéale très importante, possédant une fente qui les met en communication avec l’extérieur.

La robe est gris cendré, semée de taches brun-noir irrégulières, de taille et de disposition variables. Une crête de poils érectiles s’étend tout le long de l’épine dorsale. La queue est cerclée de 7 anneaux et terminée par une pointe noire. Deux taches blanches ornent les côtés du cou et une marque foncée souligne les yeux.

Le sens le plus développé de la Civette est l’odorat, qu’elle utilise en toute circonstance. La vue vient ensuite, mais la Civette est le plus aveugle aux couleurs de tous les Viverridés et distingue uniquement les variations d’intensité lumineuse. Le sens du toucher semble aiguisé et le goût est sûrement délicat, car la Civette est très gourmande.

L’aire de répartition de la Civette d’Afrique s’étend du Sénégal à la Somalie et touche aux régions méridionales. C’est un animal qui aime vivre sur les plateaux arides, parsemés de broussailles et de maquis. Il passe ses journées à dormir dans un terrier qu’il creuse lui-même et part en chasse à la tombée de la nuit. Son gibier se compose principalement de petits mammifères et d’oiseaux. Malgré ses mouvements mesurés et son allure tranquille, la Civette est remarquablement vive. Elle s’embusque et attaque ses victimes à l’improviste. Bien qu’étant peu arboricole, elle est si friande d’œufs qu’il lui arrive de grimper aux arbres pour aller les dénicher dans les nids. Elle est bonne nageuse, ne dédaigne pas les amphibiens, et, en cas de besoin, sait se contenter de fruits et de racines.

Captivée très jeune, elle s’apprivoise facilement. Elle se comporte amicalement avec ses semblables, mais se montre souvent agressive avec les autres animaux domestiques et sa forte odeur de musc ne la rend pas très attirante. Cette odeur lui sert, en liberté, à marquer son territoire. Elle se frotte aux arbres et aux rochers pour vider sa poche à parfum. En captivité, elle la presse contre le grillage de sa cage pour se débarrasser de la substance odorante qui finit par l’irriter. C’est cette poche à parfum qui attira l’attention de l’homme sur la Civette. La substance qu’elle recèle – que les naturalistes appellent « viverreum » mais qui est couramment nommée « civette » – était utilisée jadis comme médicament. De nos jours, on l’emploie comme fixateur en parfumerie. Son prix est très élevé.

On élevait autrefois des Civettes en Egypte, en Espagne, en Italie, et même dans certaines villes d’Europe septentrionale, en Allemagne et en Hollande. Actuellement, la ivette », de plus en plus chère, est remplacée par des produits de synthèse, et l’élevage de ce Viverridé a diminué d’autant. On ne le pratique plus de façon intensive que dans quelques régions de l’Afrique orientale, particulièrement en Abyssinie.

Les Civettes captives sont enfermées dans des petites cages rectangulaires si exiguës que l’animal n’a pas la possibilité de se retourner. Il passe sa vie entre son auge et l’ouverture par laquelle le gardien récolte la « civette » en raclant la poche à parfum avec une sorte de spatule en bois. On se livre généralement à cette opération deux fois par semaine. La quantité récoltée est variable. L’odeur de ce produit est si violente que ceux qui le récoltent sont souvent incommodés. Les mâles produisent habituellement moins de « civette » que les femelles, mais elle est de meilleure qualité. Lorsqu’elle est fraîche, elle ressemble à de l’écume blanche. Puis elle brunit et perd, en partie, son odeur. Quand on la recueille, elle est mêlée de poils. Elle doit donc subir plusieurs manipulations, avant de pouvoir être employée industriellement. Pour purifier cette « civette », on commence par l’étaler pour en enlever les poils, puis on la rince à l’eau fraîche. On la lave une seconde fois dans du jus de citron et on la laisse sécher au soleil. Il ne reste plus qu’à l’emballer dans des boîtes métalliques et à l’expédier aux parfumeurs.

civette d’Afrique

La Civette malaise

La Civette malaise (Viverra tangahunga) a une tête pointue, un corps gracile et de grandes oreilles. Sa fourrure est longue, surtout pendant la saison froide, et particulièrement fournie sur le dos. Sa teinte de base, jaune brunâtre, est semée de nombreuses taches sombres si rapprochées sur le dos qu’elles forment une large bande noire. La tête est brunâtre, tachetée ce blanc. Quatre bandes longitudinales, noires et régulières, courent sur la nuque. Les pieds sont noirs. La queue, cerclée d’anneaux plus ou moins distincts, se termine par une pointe noire.

Le troisième et le quatrième doigt des pattes antérieures comportent un repli de peau formant fourreau protecteur des griffes rétractiles. La poche à parfum est volumineuse et secrète une quantité importante de viverreum.

A l’âge adulte, la Civette malaise peut atteindre 80 cm, plus 60 cm de queue. La hauteur prise à l’épaule, est d’environ 40 cm. Elle est répandue en Malaisie, dans les îles de la Sonde et aux Philippines. Il y en a probablement aussi dans le Tibet oriental, mais vers le sud et l’ouest, elles ne dépassent pas le Bengale. Elles mettent au monde, en mai ou en juin, 3 ou 4 petits qui naissent avec les yeux ouverts.

La Civette malaise n’est pas fouisseuse et bien qu’on l’aperçoive parfois dans les arbres, elle n’est pas non plus arboricole. Elle mène généralement une existence solitaire dans les bois ou les buissons touffus. Pendant la journée, elle se cache dans un terrier abandonné, d’où elle ne sort que lorsque la nuit est avancée pour aller chasser. Elle se nourrit de fruits et de racines diverses, ainsi que de serpents, de grenouilles, d’insectes, d’œufs d’oiseaux et de tous les petits mammifères dont elle peut s’emparer.

Comme la plupart des viverridés, la Civette malaise ne fuit pas l’homme, ce qui, joint à son extrême curiosité, la rend très facile à piéger. Elle s’apprivoise facilement et peut vivre  14 ans en captivité à condition d’être bien traitée.

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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