La genette commune

La genette commune (Genetta genetta ) est  longue de 55 cm. Sa queue en mesure une quarantaine. Sa hauteur, mesurée à l’épaule, va de 15 à 20 cm. Le corps allongé est porté par des pattes courtes, munies de griffes rétractiles. La tête est triangulaire, le museau pointu, les grandes oreilles très saillantes et arrondies. La pupille en amande se contracte comme celle des chats. Au soleil, elle se réduit à une simple fente. La sécrétion de la poche à parfum est moins importante que chez la civette et son odeur nettement moins pénétrante. La couleur de base du pelage est d’un jaune grisâtre, semé de taches noires formant des bandes longitudinales sur le dos et les flancs. La gorge et la partie inférieure du cou sont gris clair. Le museau, brun foncé, est taché de blanc. La queue est cerclée de 7 ou 8 anneaux.   Ce petit animal vif et gracieux vit en Afrique  du nord, en Asie mineure, dans la péninsule ibérique et le Midi de la France. Son nom  est d’ailleurs méridional, puisqu’il vient de l’espagnol genetta, qui signifie genêt.

La genette habite aussi bien les forêts que les landes arides où fleurit le genêt.  Les endroits humides situés à proximité des sources et des ruisseaux, les zones plantées d’arbres, les pentes les plus abruptes, constituent ses lieux de prédilection. La couleur de sa robe se confond avec celle du terrain et elle a vite fait de se mettre en sûreté au milieu des rochers, avec une grâce souple et légère.  C’est après le coucher du soleil que la genette part en chasse. C’est une grande destructrice de petits rongeurs, d’oiseaux, d’œufs et d’insectes, mais elle aime aussi pêcher poissons et écrevisses.

Si, en Afrique, elle ne semble pas craindre le voisinage de l’homme et se rencontre souvent aux abords des villages indigènes, elle est devenue très farouche en Europe et ne s’approche jamais des lieux habités. Elle ne risque donc pas de faire de dégâts dans nos poulaillers. En revanche, son utilité est indéniable par la destruction des rats et des souris qui constituent la base de son alimentation. Très agile, elle sait mieux que tout autre mammifère se faufiler dans les espaces les plus étroits. A la course, elle est aussi rapide que la martre. Pour attaquer, elle rampe silencieusement sur le sol, étirant son long corps en ligne droite dans le prolongement de sa queue et tendant le plus loin possible ses petites pattes. Et, brusquement, elle fait un bond impressionnant, happe sa proie avec une sûreté infaillible, la tue, et après avoir exprimé son contentement par une sorte de murmure satisfait, la dévore. Elle va jusqu’à manger le poil hérissé de sa victime, comme si elle craignait de se voir arracher le repas qu’elle vient de conquérir avec tant d’adresse.       

La genette est assez facile à apprivoiser lorsqu’elle est capturée très jeune. Elle dort presque toute la journée et se montre sociable avec ses semblables. Il est rare de voir deux genettes se quereller en captivité. Elles tolèrent même dans leur cage des animaux appartenant à des espèces différentes. La bonne entente continue à régner à l’heure des repas. Chaque Genette mange sa part de viande sans grogner ni gronder, comme le font les félins. Elles partagent souvent la même couche. Pelotonnées, serrées les unes contre les autres, elles s’agglutinent en un curieux tas vivant.       La genette joue encore chez les Berbères le rôle de destructeur de Rongeurs qu’elle jouait en Europe au Moyen Age, avant d’être remplacée par le chat à la fin du XVe siècle. On peut la voir, mêlée à d’autres animaux domestiques, sur la célèbre tapisserie du XVe  siècle, la Dame à la Licorne, qui se trouve au musée de Cluny à Paris. Elle était très appréciée pour sa propreté, mais sa nervosité et son odeur en faisaient un commensal difficile. Notons cependant que si cette odeur est pénible pour les narines délicates, elle a l’avantage de débarrasser la genette de tout parasite.         La fourrure de cet animal est utilisée en pelleterie. Lorsque Charles Martel vainquit les sarrasins à Poitiers en 732, il s’empara de nombreux vêtements ornés de genette et institua l’Ordre de la Genette pour récompenser la bravoure de ses 16 plus valeureux chevaliers.

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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