La loutre de mer

La loutre de mer (Enhydra lutris) est plus grande que la loutre de rivière. Elle peut mesurer jusqu’à 1,50 m, dont 30 cm de queue, et son poids varie de 25 à 40 kg. Son adaptation à la vie aquatique est si remarquable qu’on peut dire qu’elle est en train de se transformer en une sorte d’Otarie, de moins en moins adaptée à la vie terrestre. Le corps est cylindrique, le cou très court, la queue aplatie, les pattes palmées. Les oreilles, minuscules, et les narines peuvent se fermer en plongée. Les poumons sont volumineux, la morphologie du diaphragme est typique des mammifères marins. Enfin, la faible épaisseur de la couche de graisse sous-épidermique est compensée par une fourrure remarquablement isolante. Signe caractéristique, la loutre de mer, qui a 32 dents, possède 3 incisives à chaque demi-mâchoire supérieure contre 2 à la demi-mâchoire inférieure, alors que chez tous les carnivores, la formules est de 3+3.

La peau, lâche et mobile, est couverte de poils courts, lisses et très fins, mêlés de rares soies raides dont la pointe blanche donne à la robe brun sombre un reflet argenté. Cette fourrure est d’un si grand prix que l’espèce est en voie de disparition. Aussi mal armée pour se défendre que les bébés phoques, la loutre de mer a été exterminée à coup de couteau, de harpons ou de bâtons. La loutre de mer était autrefois très répandue dans tout le nord du Pacifique, le long des côtes du continent asiatique jusqu’aux îles Kouriles et du continent américain jusqu’au sud de la Californie. Elle est maintenant protégée par les gouvernements des Etats-Unis et de l’URSS et semble s’être réinstallée en Californie.

Son activité est exclusivement diurne. La nuit, elle dort sur un rocher ou sur la berge. Dans ce dernier cas, elle ne s’écarte jamais à plus de 10 m de la mer. L’hiver, quand le rivage est enneigé, le gîte de la loutre se repère par les traces d’entrée et de sortie, qui forment deux gouttières de 30 cm de large. Mais alors que la gouttière d’accès comporte des marques de pattes bien visibles, celle de sortie est lisse, la loutre se laissant glisser vers la mer sur le dos. Des études ont permis de déterminer avec précision sa nourriture type. Celle-ci se compose d’oursins (59%) de mollusques (23%) de crabes (10%) et d’algues variées (1%). L’animal mange sur le dos, en faisant la planche. Il casse les coquillages avec une pierre, ce qui fait de lui un des rates vertébrés à se servir d’un outil.

La loutre de mer pêche en eau libre, mais vit près des côtes, dans les prairies d’algues laminaires pauvres en nourriture. Elle s’y repose, enroulée dans les algues qui la protègent contre son ennemi spécifique, l’épaulard (Orsinus orca), le plus vorace des cétacés, et empêchent les courants de l’entraîner vers le rivage et ses dangers. On a longtemps cru qu’elle y mettait bas son petit, presque toujours unique. On sait maintenant qu’il n’en est rien, car on a retrouvé le placenta sur un rocher. Mais aussitôt après la naissance, la loutre prend son petit dans la gueul

e et l’emporte dans la mer. Il résiste au choc osmotique et thermique d’une eau salée dont la température est de 0,1° parce qu’in naît beaucoup mieux développé que ses cousines, les petites loutres de rivière. En quelques heures, il est capable de se cramponner au cou de sa mère, et en quelques jours, de commencer à nager. Ce développement exceptionnel est dû à une gestation très longue qui doit durer 8 à 9 mois.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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