La Sybille de Tibur d’Antoine Caron

La sibylle de Tibur annonce à Auguste la naissance du Christ – Antoine Caron

Datation : 1580   (date conjecturale)

Peinture sur bois    Hauteur 125 cm Largeur 170 cm

Paris, Musée du Louvre

 Dans le monde fantaisiste d’Antoine Caron, les personnages vêtus à l’antique déambulent dans un décor étrange occupé par des éléments d’architectures, arc, colonnades, pavillons divers. Cet univers aussi irréel qu’un décor de théâtre n’est pas surprenant compte tenu  de la carrière de ce peintre qui travailla à la cour de Catherine de Médicis et conçut en particulier les décors de ses fêtes. Ici, le tableau a pour thème l’apparition de la Vierge à la Sybille de Tibur, laquelle, déhanchée et voiles au vent, étend son bras, dressée devant un empereur Auguste agenouillé. L’œuvre résume dans le style maniériste l’une des préoccupation fondamentales de la Renaissance : concilier la découverte de l’Antiquité et de ses philosophies avec les fondements de la foi chrétienne.

 

Caron, Antoine 1520 ou 1521-1599

Les premières œuvres d’Antoine Caron seraient des cartons pour des vitraux, composés dans sa ville natale, Beauvais. On le retrouve à Fontainebleau, où il travaille sous la direction de Primatice; il acquiert alors ce style italianisant qui le caractérise, style élégant où la sécheresse du dessin est tempérée par la vivacité du coloris.

 Ses œuvres évoquent en de savantes allégories la cour des Valois et les guerres de Religion qui déchirent alors la France : dans Les Massacres du triumvirat (Louvre), deux thèmes chers aux maniéristes sont admirablement traités : la cruauté et le fantastique dans ce tableau ou Octave et Lipide font exécuter Cicéron; sur un fond de monuments curieusement empilés : Colisée, Apollon du Belvédère, Arc de Titus; mais il est vrai que Caron ne connait Rome … que par la gravure ! Le tableau sera découpé par la suite en 3 panneaux. Certains ont vu dans cette suggestion théâtrale une allusion manifeste à une situation contemporaine où le triumvirat serait composé d’Anne de Montmorency le connétable, le maréchal de saint André et le duc de Guise.

Caron, qui, en 1561, a quitté l’équipe des artistes travaillant pour Fontainebleau, donne des projets pour des fêtes et entrées royales: 1572, fêtes du mariage du roi de Navarre, le futur Henri IV; 1573, entrée d’Henri III à Paris. Pour le mécène Nicolas Houel, il fait des dessins qui inspirent les cartons d’une suite célèbre de tapisseries, L’Histoire d’Artémise, en hommage à Catherine de Médicis, veuve du roi Henri II.

 La reine est comparée à Artémise, la veuve inconsolable du roi Mausole. D’autres œuvres, peintures, dessins, cartons de tapisseries, sont attribuées à Caron: La Sibylle de Tibur (Louvre), peinture où l’on retrouve le goût de l’artiste pour les architectures fantastiques, l’empereur est agenouillé devant la sibylle et dans le fond la ville idéalisée est … Paris; Le Triomphe de l’Hiver, tiré d’une série consacrée aux quatre saisons, et qui évoque les fêtes que donnait Catherine de Médicis. Les croyances astrologiques de la cour seraient le thème d’une œuvre que les historiens discutent encore : Astronomes étudiant une éclipse.

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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