La zibeline la plus belle fourrure au monde

La zibeline (Martres zibellina) est plus massive et plus trapue que sa cousine germaine, la martre commune.  La longueur du corps ne dépasse pas 40 cm, celle de la queue une vingtaine de centimètres. La tête a une forme conique très caractéristique, avec une base plus large et plus puissante que chez la martre. Les poils du front et des tempes, très longs, couvrent la base des oreilles. Les poils des joues et de la mâchoire inférieure, également longs et couchés vers l’arrière, contribuent à donner à sa tête une forme conique. Les oreilles sont assez grandes et pointues.

Autre différence avec la martre commune, les pattes de la zibeline sont plus robustes et plus longues, les plantes des pieds plus larges et plus poilues. Enfin, la zibeline est moins vive dans ses mouvements que la martre.

C’est sa fourrure, une des plus belles du monde, qui a fait la célébrité de la zibeline. Epaisse, souple, d’une teinte uniforme, elle est formée de poils de bourre à reflets nettement bleutés. Ce sont ces reflets nettement bleutés. Ce sont ces reflets, baptisés « eau » par les pelletiers, qui font la beauté de la peau. Plus « l’eau » est sombre, plus la fourrure est foncée et brillante, presque noire sur le dos, grise sur les joues, marron sur le cou et sur les flancs, et d’un beau jaune d’œuf à la base du cou, plus elle est recherchée. L’oreille est presque toujours ombrée de gris. Ces couleurs typiques sont toutefois assez variables et on trouve des zibelines claires, parfois même complètement blanches. Si la couleur noire est appelée « sable » en héraldique, c’est par allusion à la zibeline.

La zibeline vit actuellement en Sibérie orientale, dans la toundra et la taïga. Il existe également une variété à queue courte au Japon (Martres zibellina brachyura).

Au Moyen-Age, on trouvait des zibelines en Europe occidentale jusqu’à la Scandinavie, mais elles ont complètement disparu à cause de destructions aveugles. On estime qu’au XVIIe siècle, on tuait jusqu’à 500 000 zibelines par an, et les Lapons payaient autrefois les impôts avec des peaux de zibelines.

La zibeline est un animal nocturne dont les migrations périodiques sont liées à celles des rongeurs sibériens dont elle fait son ordinaire, en particulier de l’écureuil varié de Sibérie (Sciurius varius), le « petit gris » des fourreurs, et du campagnol sibérien (Microtus oeconomus). Pour les capturer, la zibeline n’hésite pas à traverser à la nage les plus larges cours d’eau.

Bonne grimpeuse, elle passe ses journées dans les sapins et chasse surtout la nuit, mais il lui arrive parfois de chasser le jour, se reposant seulement lorsqu’elle est repue. Plus rapide et plus endurante que les rongeurs sibériens, elle est également plus rusée, ce qui la rend très difficile à chasser avec des chiens, surtout dans les zones montagneuses où elle trouve quantité de cachettes parmi les rochers.

La zibeline met son agilité de  grimpeuse à contribution pour agrémenter ses menus d’oiseaux et d’œufs, et ses talents de nageuse pour pêcher quelques poissons. Elle est également très friande du miel des abeilles sauvages et de certaines variétés de fruits.

Comme la martre commune, la zibeline a une gestation longue et variable, due à une implantation différée, qui peut durer de 260 à 290 jours. Les petits naissent au début du printemps, par portées de 3 à 5.

Les peaux étant plus belles en hiver, la chasse à la zibeline commençait autrefois au début du mois d’octobre pour se terminer à fin novembre ou au début du mois de décembre. La neige et les conditions climatiques rendaient cette chasse pénible et elle se pratiquait surtout à l’aide de pièges. Dans les régions les plus méridionales et les plus élevées des monts Baïkal, la chasse commence à la fin du mois de septembre, la zibeline y prenant beaucoup plus tôt sa fourrure d’hiver.

Alors que la systématique ne reconnait que 5 variétés de zibelines, les fourreurs en distingue 17. Les plus recherchées proviennent du sud et de la Sibérie, d’Iakoutsk et d’Okhotsk. Celles qui sont originaires des régions du Ienisseï, de la Léna et de l’Amour ont moins de valeur.

Les Russes ont commencé à faire l’élevage des zibelines sibériennes, mais ils refusent d’en vendre des spécimens vivants, de peur qu’ils ne fassent souche à l’étranger.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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