L’art du vitrail

Chaque fois que j’entre dans une église, j’en admire chaque vitrail. Cet art, qui se perd, est absolument fascinant. Les orfèvres qui les ont réalisé, nous ont laissé de vrais chef-d’oeuvre à admirer

Les principaux colorants utilisés au Moyen-Age dans l’art du vitrail, d’après le moine Théophile, sont :

-cobalt pour le bleu,

-Cuivre pour le rouge et le vert

-Manganèse pour le pourpre

-Antimoine pour le jaune.

On employait, déjà au 12e siècle, la grisaille pour décorer les vitraux. La grisaille est une couleur vitrifiable, composée d’un oxyde métallique coloré et d’un fondant. Dilué à l’eau ou au vinaigre, additionnée de gomme arabique (adhérence), elle est déposée sur le verre, le bois, où les vitraux subissent une cuisson à une température de 600 à 650°.

On peut y ajouter un émail : couleur vitrifiable associant un fondant transparent teinté à l’aide d’oxydes métalliques, qui sert à colorer les verres blancs ou à rehausser la teinte des verres colorés.

Quand la peinture était sèche, les vitraux étaient recouverts de chaux et placés dans un four à 800°.

Le mastic (étanchéité) était fabriqué à base de cendres et d’huile de lin ; aujourd’hui, c’est un mélange de blanc d’Espagne et d’huile de lin.

Aux 19 e et 20 e siècles, avec de nouveaux matériaux et l’évolution des technologies, la fabrication du vitrail et le travail du verre se sont modifiés.

 

Le vitrail au plomb

Le sertissage ou montage, consiste à assembler les pièces de verre en les encastrant dans des baguettes de plomb. L’organisation du réseau de plomb est étudiée au préalable afin de garantir le respect du dessin et la solidité. L’ensemble est maintenu par des clous puis les jonctions des baguettes sont enduites d’un produit afin de faciliter l’adhérence de l’étain lors des soudures. Les soudures terminées sur chaque face, il faut consolider et étanchéifier celui-ci grâce au masticage. Un mastic semi-liquide est donc appliqué afin de combler les petites espaces entre le verre et le plomb. En dernier lieu le vitrail est nettoyé puis laissé à sécher quelques jours.

Schema-preparatoire-pour-la-decoupeLe vitrail en tant qu’élément coloré et figuratif existait déjà à l’époque mérovingienne. Vers 1100, les écrits du moine Théophile prouvent que les techniques étaient maîtrisées.

Les plus anciens vitraux actuellement visibles datent de 1100 et se trouvent dans la cathédrale d’Augsbourg en Allemagne. Les vitraux des églises romanes sont très clairs, compensant  la petitesse des ouvertures. Avec l’architecture gothique, les fenêtres s’agrandissent, la tonalité des vitraux peut donc se foncer et la palette du verrier se diversifier.

Le bleu est soutenu, le bleu-rouge domine dans les fonds, tandis que les couleurs se nuancent : vert-olive et vert-émeraude, rouge carmin et rouge vermillon ; le jaune est moins employé.

La lecture d’un vitrail est parfois difficile et ne se fait pas toujours dans le même sens. Les premières « grandes roses » apparaissent à cette époque.Le XIVe siècle est marqué par la découverte du jaune d’argent qui permet de colorer un verre sans utiliser la mise en plomb ; innovation technique d’importance qui va contribuer de manière éclatante et durable, au perfectionnement de l’art du vitrail.Ce procédé était déjà connu depuis le Xe siècle en Egypte, en Syrie et dans le sud de l’Espagne pour la décoration de vases en céramique. Cette teinture, composée de sels d’argent mêlés à de l’ocre agit par cémentation et permet de colorer le verre dans une variance de jaune pâle allant jusqu’à l’orangé, elle s’applique sur le revers du vitrail. Ce procédé autorise de nouveaux effets : chevelures blondes, parements de vêtements rehaussés de jaune ou encore décors et fonds végétaux. Appliqué sur un verre bleu, le jaune d’argent donne un ton vert, sur un verre rouge un orangé.

Il y a aussi l’amélioration de la qualité du verre blanc désormais totalement clair. La pensée cistercienne et franciscaine favorise l’incolore.

Plus tard on aura du violet (placage de verre rouge et bleu), et la célèbre sanguine, brun-rouge. On l’appelle « sertissage en chef d’œuvre », c’est-à-dire l’incrustation d’un verre, souvent rond, tenu par un plomb, à l’intérieur d’un autre verre plus grand et de couleur différente. Ce travail extrêmement délicat, permettait au compagnon d’obtenir sa maîtrise. D’où le nom de « chef d’œuvre ». Grâce à ce procédé, on pouvait dessiner les blasons des donateurs. A la Renaissance, les scènes deviennent plus réalistes, les visages plus expressifs, les formes plus précises et les couleurs plus nuancées…Quelques verriers signeront leurs œuvres : Arnoult de Nimègue, Engrand, Romain Buron, Dominique Florenton, Jean Soudain, Mathieu Bléville, Arnaud de Moles (Auch), Valentin Bousch (vitraux lorrains et alsaciens).

La découverte des « émaux » améliorera la palette du peintre-verrier, mais cette technique, en se substituant au verre teinté dans la masse, assombrira l’œuvre et contribuera au déclin du vitrail. Il faudra attendre le mouvement « Art nouveau » pour que le vitrail redevienne un art vivant.

Quelques siècles plus tard, en 1878, lors de l’Exposition Universelle de Paris, on découvre le verre « américain » ou verre Tiffany. Cette école s’est constituée autour d’Emile Gallé qui venait de mettre au point sa propre technique de verre doublé pour y graver des éléments végétaux inspirés de l’art d’Extrême Orient.

grande-rosace-nordOpalescent et irisé de couleurs diverses, ce verre rappelant les verres antiques est une invention de Louis Comfort Tiffany, fils du célèbre orfèvre Lewis Tiffany. C’est la vogue des verrières paysages accueillant toutes sortes d’oiseaux et offrant des harmonies chromatiques inédites. Sous la houlette du grand maître verrier Jacques Gruber, l’Ecole de Nancy joue un rôle majeur dans l’évolution du vitrail.

 

Vous rêvez d’un vitrail chez vous

http://www.vitrail-languedoc.com/

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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