Le baphomet et les rites du Temple

On accusa les Templiers d’avoir adoré une idole païenne: le Baphomet. Les réunions avaient lieu dans les maisons provinciales de l’Ordre — d’après les actes du procès. D’après les interrogatoires, ces cérémonies se déroulaient dans les « baylies»  les maisons de province. On ne sait rien du déroulement de ces réunions de «chapitre», sinon que les Templiers se livraient à des pratiques «hérétiques», si l’on en croit les témoignages du procès, dont certains furent obtenus par la torture. L’un raconte avoir vu des Templiers adorant une idole. Un autre parle d’un « chat noir», qui se promenait au milieu des chevaliers. « La plupart ont vu un buste d’homme avec une barbe; fait en bois ou en métal, aux yeux brillants, possédant parfois deux faces ou même trois.»

Les dignitaires interrogés admettront l’existence de ces «têtes qui parlent». Hugues de Payraud, second dignitaire du Temple, déclare à ses juges que la tête adorée dans la commanderie de Montpellier «avait quatre pieds: deux du côté du visage et deux derrière. »

On apprendra que les cordelettes qui ont touché ces « idoles», et qui servent de ceinture aux chevaliers du Temple, portent un certain nombre de nœuds indiquant les propriétés de la cordelette. Les Templiers interrogés par l’Inquisition, n’avoueront jamais les fonctions rituelles de ces ceintures de corde.

Les inquisiteurs firent rechercher toutes les idoles templières, les «têtes qui parlent», dans les commanderies, mais sans succès. A Paris, toutefois, il fut trouvé une tête couleur or, qui contenait deux petits os de crâne humain. La tète portait l’inscription: Caput LVIII. Le Frère Gaucerant, sergent au Mont Pezat, arrêté par l’Inquisition, donne un nom à cette idole. Il dit qu’il s’agit d’une tète barbue, in figuram baffomet, en forme de « baphomet». Il affirmait qu’il pouvait être sauvé par elle et pas autrement… «

croix-templièreOn retrouve la tête d’or dans la tradition alchimique arabe. Les chevaliers du Temple ont peut-être approché l’alchimie dans les confréries d’initiés arabes, en Palestine. Ce n’est qu’une hypothèse. Aucun témoignage de Templiers n’explique la signification de ces têtes mystérieuses. On sait pourtant que les écrits alchimiques et magiques arabes parlent d’une Tête d’or. On sait aussi que « le célèbre sorcier El-Ghirby, du Caire, avait une tête qui devenait parfois un oracle et qui pouvait être possédée par un esprit, lequel lui révélait l’existence et le lieu de trésors cachés.» (Charpentier)

Pour le peuple de langue d’Oc « baphomet » était peut-être une déformation du mot « Mahomet». Ils accuseront les Templiers d’avoir renié le Christianisme, et de s’être convertis à l’islam.

Une figure évoque le baphomet du Temple, qu’on retrouve en trois endroits, sculptée dans la pierre d’une commanderie, ou d’une église. Il s’agit d’une idole païenne, mi-bête, mi-femme, portant les griffes de la bête, et les seins de la femme.

Cette figure terrifiante est barbue, cornue -comme les diables des bas-reliefs d’églises – et ailée. Elle est visible sous cette forme au-dessus du portail de l’église Saint-Méri, à Paris, au cœur du quartier templier. On la trouve aussi au-dessus du tympan d’une fenêtre, dans une maison de Saint-Bris-le-Vineux, près d’Auxerre, qui fut autrefois une commanderie du Temple. On la retrouve, identique, ailée et hermaphrodite, sur le portail de l’église Sainte-Croix, dans la cité templière de Provins.

Rien ne prouve que cette figure ait été celle du baphomet des Templiers; pourtant une déposition du frère Raoul de Gisy, receveur de Champagne, la décrit: «Terrible. Il me semblait que c’était la figure d’un démon, d’un mauffé (diable). »

La figure androgyne, c’est-à-dire à la fois mâle et femelle, est représentée sur tous les manuscrits traitant de l’alchimie. Elle n’indique pas seulement l’opération de transmutation du plomb en or, mais la transformation de la matière en esprit. Une résurrection du corps.

Toutes les explications données évoquent la signification ésotérique, cachée, du baphomet. Pour

Hammer-Piergstall, Baphé, c’est le baptême, et Météos, l’initiation. Pour John Charpentier. c’est une contraction de «Jean-Baptiste » et « Mahomet» qui ensemble donnent: Bap(tiste-Ma)homet Le Christianisme et l‘Islam). Émile Ollivier suggère un rapprochement avec Baffo, le port de Chypre, qui avait un temple dédié à Astarté, la déesse-mère.

On ne peut qu’émettre des hypothèses. Les Templiers interrogés par l’inquisition n’expliqueront jamais leurs rites, et la présence de cette «tête» qu’ils vénéraient dans les chapitres. Ils garderont le secret.

Source – Actualité de l‘Histoire mystérieuse

 

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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