Le chabot de rivière

10 ou 15 cm. L’aspect féroce, une tête courte, épaisse, camarde et écrasée qui, vue de face, ressemble à celle d’un crapaud. Il lui manque un cigare pour ressembler à un vieux « gangster » de film. Ce « vilain », c’est le chabot, poisson solitaire et acariâtre des fleuves, des torrents et des lacs. Il choisit leurs fonds sablonneux et parsemés de cailloux pour y vivre. Là, entre les pierres, on peut le voir jouer au maniement des armes. Il ressemble au jongleur d’une cour médiévale avec ses curieuses manières de nager par ruades et avec de grands bonds ; sa large tête grimaçante, hérissée de nageoires dorsales, fait des moulinets.

Cependant, par hasard, son attente n’est pas vaine : en un éclair, le chabot s’est emparé d’une proie, si vite que la victime ne saura jamais ce qui lui est arrivé. De même, notre chabot est extraordinairement prompt quand il s’agit de sauver « sa peau ». Il fuit en déployant rapidement ses fortes nageoires. Et, comme il n’est pas un nageur très résistant, il se cache bien vite derrière un rocher. Le danger est passé, comment se fait-il qu’il ne ressorte pas ?

Aux aguets, tel un félin il attend le passage d’un banc de petits poissons. En définitive, vous avez déjà deviné le genre de notre chabot : c’est un carnivore sédentaire.Le chabot est répandu dans les rivières à truites. Pour certaines peuplades de Sibérie, sa chair constitue un antidote contre les morsures de vipères.

1A la fin de l’hiver, le chabot se décide à fonder une famille. Il creuse, agrandit son nid, y fait des travaux d’embellissement, remuant le sable et le gravier sous une pierre. La femelle accroche au plafond de son nid, près de 700 petits œufs.

2Le rôle de maman chabot est terminé : elle abandonne le nid aux soins du mâle. Il s’occupera même de la bonne condition des œufs en agitant continuellement sa queue pour renouveler et maintenir fraîche la température de l’eau à l’entour.

3Malheur à l’étranger qui a l’idée d’être curieux, même s’il est de taille appréciable. Cette vigilance étroite prend fin dès l’éclosion des œufs. Quelquefois, malheureusement trop souvent le brave papa se transforme en cannibale effréné et mange ses enfants.

4Le fond du fleuve offre des friandises de toutes sortes au vorace chabot. Il suffit qu’il souffle avec énergie pour détacher de la roche un beau petit tas d’œufs savoureux d’autres poissons. Même aujourd’hui, le repas est assuré.

5Le vieux poisson est sorti pour chasser. Si la taille de sa victime est importante, le chabot préfère l’emporter dans sa tanière pour la dévorer plus commodément. Il l’engloutit en entier, sans faire le moindre effort.

Décidément, le chabot n’aime pas les intrus. On en met un dans un bocal : dès qu’il sent une présence étrangère dans l’eau, il se jette dessus. Sa morsure cependant ne fait aucun mal.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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