Le furet il court il court

Les naturalistes considèrent le furet (Mustela furo) comme une variété plus ou moins dégénérée du putois. Son albinisme, sa sensibilité au froid et sa grande fécondité sont en effet des signes de dégénérescence. D’autre part, le fait que le furet donne avec le putois des hybrides féconds appelés furets putoisés, et que le caractère albinos n’est pas dominant, puisque ces hybrides retrouvent leur teinte brune primitive, semble bien indiquer qu’il s’agit d’une mutation du putois, caractérisée par un manque de pigments. Quoi qu’il en soit, l’espèce est semi-domestique et ne se reproduit qu’en captivité.

L’origine du furet est incertaine. Il se pourrait que les premiers furets soient apparus au Maroc ou en Espagne, mais cela se passait en tout cas il y a fort longtemps, car ils étaient déjà bien connus des Anciens. Aristote parle du furet en lui donnant le nom de « Iktis », alors que Pline l’appelle « Viverra ».  Sous le règne d’Auguste, les lapins pullulaient tellement aux Baléares que l’empereur y fit envoyer quelques furets chasseurs qui débarrassèrent rapidement les îles de leur excédent de rongeurs.

Le furet ressemble au putois aussi bien par ses dimensions que par sa forme, mais il est un peu plus petit et beaucoup moins résistant. Le mâle ne dépasse pas 50 cm. Le pelage est blanc ou ocre pâle, plus foncé sur le ventre, et les yeux sont rouges. Comme nous l’avons déjà dit, ce mustélidé ne vit qu’à l’état domestique et il était utilisé partout pour la chasse aux lapins, sauf en Angleterre où on le dressait spécialement pour détruire les rats.

Dans son comportement également, le furet ressemble au putois. Il est peut-être moins vif et moins enjoué, mais il est tout aussi féroce et sanguinaire. Son nom vient du latin fur, voleur. Même lorsqu’il n’a pas faim, il massacre tous les lapins, pigeons et poulets qui lui tombent sous la dent. Il s’attaque également aux couleuvres, aux orvets, et même aux vipères. Les morsures de ces dernières ne le tuent pas, mais sous l’effet du venin, il perd toute énergie et devient pratiquement impotent.

Le furet est un animal semi-domestique qui ne s’apprivoise jamais complètement, au point, par exemple, de suivre fidèlement son maître. Il prend souvent la fuite et va se cacher dans un terrier, où il ne tarde pas à succomber aux premières rigueurs de l’hiver, à cause de sa complexion délicate. Sa voix est une sorte de murmure résigné, qui se transforme en cri aigu dès que l’animal éprouve la moindre souffrance.

La captivité a permis d’étudier de près les mœurs du furet. Alors que le putois n’a qu’une portée par an, le furet en a 2 et même parfois 3. Les chaleurs de la femelle et l’activité sexuelle du mâle sont causées par l’augmentation de la durée d’éclairement et non par la température. L’accouplement, remarquablement long, dure 2 heures. Comme chez le putois, c’est lui qui provoque l’ovulation. Le temps de gestation est de 42 à 45 jours et les portées de 5 à 10 petits, qui n’ouvrent les yeux qu’au bout de 3 semaines. Ils sont soignés avec beaucoup de sollicitude par leur mère qui les allaite pendant deux mois, et on peut commencer à les dresser à partir de 5 mois environ.

La propreté et une nourriture équilibrée sont essentielles pour conserver les furets en bonne santé. Il faut les tenir dans un endroit sec, frais en été et chaud en hiver. Leur nourriture sera variée : pain blanc et lait le matin, viande crue le soir, un œuf cru tous les 4 ou 5 jours et, de temps en temps, des fruits : cerises, prunes et poires. Il est bon de séparer les mâles des femelles avant la mise bas, les pères ayant la regrettable habitude de dévorer leur progéniture. Il est même préférable de ne pas laisser deux femelles dans la même cage. Pour la chasse au lapin de garenne, le furet servait exclusivement à débusquer le gibier. On l’installait dans une cage spéciale, devant un des orifices du terrier, ou bien on l’y introduisait, muni d’un grelot pour pouvoir suivre ses évolutions sous terre, ou attaché avec une ficelle qui qui permettait de le récupérer. Le but était d’épouvanter les rongeurs, qui abandonnaient précipitamment leur  et tombaient dans les filets tendus par les chasseurs devant les autres issues du terrier, ou étaient abattus d’un coup de fusil à bout portant. Ce mode de chasse, peu sportif  et terriblement destructeur, était surtout apprécié des braconniers.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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