Le Petit Chaperon rouge

Le panier du Chaperon rouge
un panier avec une galette et un pot de beurre

Adapté des contes de Perrault et de Grimm, ce conte est l’un des plus célèbres, et ses nombreuses variantes sont intéressantes à comparer. Dans sa version, Perrault a supprimé deux motifs qui sont fréquents dans les versions orales et que vraisemblablement il connaissait : le loup invite la fillette à choisir entre deux chemins aux noms bizarres, pat exemple le chemin des épingles ou celui des aiguilles : le loup garde un peu de la chair et du sang de la grand-mère et les fait consommer par la fillette. L’absurdité ou la cruauté de ces détails ont dû choquer l’académicien. Les variations sur le dénouement sont également intéressantes à comparer : la fin tragique de va version de Perrault (le loup mange réellement la grand-mère et la fillette) est conforme à celle de la plupart des versions orales, mais quelques versions françaises ont un dénouement heureux : la fillette se rend compte qu’elle est couchée avec le loup. Elle prétexte un besoin urgent à satisfaire. Le loup noue un lien à sa jambe et la laisse sortir, croyant la tenir en laisse. Une fois dehors, elle se détache et s’enfuit, il se lance à sa poursuite mais ne parvient pas à la rattraper. On retrouve le même dénouement dans des versions relevées en Italie et au Tyrol, ainsi qu’en Extrême-Orient, dans un conte qui pourrait être l’équivalent asiatique du Petit Chaperon rouge : Le Tigre et les Enfants. Dans la tradition allemande (qui est aussi souvent préférée en France) le dénouement est emprunté au conte : Le Loup et les Chevaux : les victimes sont extraites du ventre du loup et remplacées par des pierres. Mais Le Petit Chaperon rouge est étranger à la tradition orale allemande : deux versions seulement ont été relevés et toutes deux venaient de la version notée par Grimm.

Il était une fois une petite fille qui était si jolie que sa mère en était folle et sa grand-mère plus folle encore. Elle lui avait offert un petit bonnet rouge qui lui allait si bien que partout on l’appelait le Petit Chaperon rouge. Un jour, sa mère prépara des galettes et lui dit :

  • vas voir comment se porte ta grand-mère : on m’a dit qu’elle était malade. Porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. Dépêche-toi, sois bien sage et ne t’écarte pas de ta route et n’oublie pas de dire « bonjour » en arrivant.

La grand-mère habitait dans un autre village. En passant dans un bois, le Petit Chaperon rouge rencontra le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n’osa pas de peur d’être surpris par quelque bûcheron. Il lui demanda où elle allait. La fillette qui ne savait pas qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup, lui dit :

  • je vais voir ma grand-mère et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma mère lui envoie.
  • Est-ce qu’elle habite loin ? Lui demande le loup.
  • Oh ! Oui, dit le Petit Chaperon rouge, c’est plus loin encore que le moulin que vous voyez tout là-bas, à la première maison du village.
  • Très bien, dit le loup, j’ai envie d’aller la voir moi aussi. écoute, on va faire un jeu, je m’en vais par ce chemin-ci, et toi par celui-là et nous verrons qui arrive le premier

Le loup se mit à courir de toutes ses forces par le chemin qui était le plus court ; et la petite fille s’en alla par le chemin le plus long, s’amusant à cueillir des noisettes, à courir après les papillons et à faire des bouquets de fleurs. Le loup ne tarda pas à arriver à la maison de la grand-mère. Il frappa à la porte : toc, toc.

  • Qui est là ?
  • C’est votre Petit Chaperon rouge, dit le loup, en prenant un petite voix, je vous apporte une galette, et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie

La bonne grand-mère un peu fatiguée, se trouvait dans son lit. Elle dit :

  • Tire la chevillette et la bobinette cherra

Le loup tira la chevillette et la porte s’ouvrit. Il se jeta sur la vieille femme et la dévora en un rien de temps car il n’avait pas mangé depuis trois jours. Ensuite il ferma la porte et alla se coucher dans le lit de la grand-mère, en attendant le Petit Chaperon rouge. Peu de temps après, la petite fille vint frapper à la porte : toc, toc ?

-Qui est là ?

En entendant la grosse voix du loup, le Petit Chaperon rouge eut d’abord très peur, mais croyant que sa grand-mère était enrhumée, elle répondit :

-C’est votre Petit Chaperon rouge, je vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie

Le loup lui cria en adoucissant un peu sa voix :

-Tire la chevillette et la bobinette cherra.

Le Petit Chaperon rouge tira la chevillette et la porte s’ouvrit.

En la voyant entrer le loup se cacha sous la couverture :

-Met la galette et le petit pot de beurre dans le placard, et vient te coucher avec moi, dit-il.

Le Petit Chaperon rouge se déshabilla, et alla se mettre dans le lit, où elle fut bien étonnée de voir l’aspect de sa grand-mère en tenue de nuit. Elle lui dit :

-Grand-mère, que vous avez de grandes oreilles !

-C’est pour mieux t’écouter, mon enfant.

-Grand-mère, que vous avez de grands bras !

-C’est pour mieux t’embrasser mon enfant.

-Grand-mère, que vous avez de grande jambes !

-C’est pour mieux courir mon enfant !

-Grand-mère, que vous avez de grandes dents !

-C’est pour mieux te manger !

En disant ses mots, le loup se jeta sur le Petit Chaperon rouge et la dévora.

Repu, il se recoucha, s’endormit et se mit à ronfler à grand bruit. Un chasseur passait à ce moment-là devant la maison. Il se dit : « cette vieille femme respire fort ! Allons voir si elle n’a besoin de rien. Il entra dans la chambre, se précipita vers le lit et découvrit le loup

-Ah ! C’est toi, bandit ! dit-il. Voilà longtemps que je te cherche… Il allait tirer un coup de fusil quand tout à coup il lui vint l’idée que le loup pourrait bien avoir avalé la grand-mère. Peut-être était-il encore temps de la sauver. Au lieu de tirer, il prit des ciseaux et commença à ouvrir le ventre du loup endormi. A peine eut-il donné quelques coups de ciseaux qu’il aperçut le Petit Chaperon rouge. Quelques coups encore et elle sortit en disant :

-ah ! Que j’ai eu peur ! Comme il faisait noir dans le ventre du loup !

La grand-mère apparut à son tour en respirant avec peine. Alors le Petit Chaperon rouge alla vite chercher de grosses pierres et ils en remplirent le ventre du loup. Quand celui-ci se réveilla, il voulut s’échapper, mais les pierres étaient si lourdes qu’il s’écrasa par terre et mourut. Le chasseur dépouilla le loup et s’en alla tout content. La grand-mère reprit des forces en mangeant la galette et le beurre. Et le Petit Chaperon rouge se promit bien de devenir plus raisonnable et de ne plus parler aux inconnus.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.