Le putois une si jolie frimousse

Le putois (Mustela putorius) peut être considéré comme le chef de file du genre mustela, avec son corps  très allongé, ses pattes courtes, ses longs doigts, son crâne plat, ses petits yeux vifs, sa queue bien fournie et sa fourrure lisse, dense et soyeuse. Il mesure 55 cm de long, dont 15 cm de queue. Les mustélidés du genre mustela se distinguent du genre martres (martre, fouine et zibeline) par la denture.  Ils n’ont que 3 paires de prémolaires à chacune des mâchoires, contre 4 chez les martres, et leurs 34 dents sont plus rapprochées, ce qui leur vaut une tête plus massive, au museau sensiblement plus court.

Comme son nom l’indique, (putois vient du vieux français put, puant), le putois a des glandes anales développées qui sécrètent un liquide fétide. Comme chez tous les mustélidés européens, le pavillon de l’oreille comporte un repli sur le bord inférieur, appelé « poche de l’oreille », dont la fonction n’a pas encore été définie.

Le trait caractéristique du putois est sa couleur. Contrairement aux autres membres de son groupe, il est plus foncé sur le ventre que sur le dos. Le pelage est d’un brun noirâtre qui vire au châtain sur la partie supérieure du corps. Des taches blanchâtres irrégulières marquent la tête, et le bord de l’oreille est blanc. Le poil de bourre étant beaucoup plus clair que le poil de jarre, la teinte du putois varie d’une saison à l’autre. L’hiver, la bourre est épaisse et longue, et la fourrure s’éclaircit.

Le putois est largement répandu dans toute l’Europe tempérée et en Asie au nord de l’Himalaya. Pendant la belle saison, il habite de préférence les régions boisées, à proximité des villages, où il vit dans des cavités naturelles, des arbres creux, des tas de fagots ou des terriers de lapins dont il a mangé les occupants. L’hiver, il s’abrite dans des cabanes abandonnées, ou même dans les fermes, dont il occupe les greniers et les soupentes.

En toute circonstance, le putois a des mouvements agiles, rapides et sûrs. Il se faufile partout et est capable de bonds prodigieux. Il court fort bien, même sur les corniches les plus étroites, grimpe, nage et plonge avec aisance. De plus, il est extrêmement prudent. En cas d’attaque, il réagit vigoureusement et ses projections nauséabondes découragent les chiens les plus combatifs. Comme le blaireau, il est doué d’une extraordinaire résistance aux blessures et aux coups, qui favorise la survie de l’espèce. En revanche, il ne possède aucune protection contre les rapaces qui sont ses plus dangereux et ses seuls véritables ennemis naturels.

Le putois a la curieuse habitude de marcher à reculons dans 3 circonstances précises. D’abord par jeu, avec ses semblables ; ensuite pour se défendre, lorsqu’il s’apprête à vider ses glandes anales, et dans ce cas, la marche à reculons est accompagnée de cris de menace, le poil hérissé, les crocs découverts ; et, enfin, lorsqu’il cherche un endroit pour déféquer. Le putois a une digestion extrêmement rapide. 60 minutes après avoir mangé, des traces de la nourriture absorbée apparaissent dans ses excréments. Il dépose ceux-ci sur une petite éminence, une pierre ou une motte de terre, dont il s’approche, la queue relevée, en marchant à reculons.

Le putois est un animal nocturne qui passe toute la journée dans son gîte et ne sort que la nuit pour chasser. Il se nourrit d’insectes, de poissons, de grenouilles, de fruits, en particulier de raisin, parfois de miel lorsqu’il en trouve. Il mange aussi des reptiles et s’attaque même aux vipères contre le venin desquelles il est partiellement immunisé, comme le hérisson et la mangouste. Mais la base de son alimentation est constituée par les rongeurs. C’est  un grand destructeur des espèces les plus prolifiques, souris, campagnols et mulots. Il mange ces derniers, alors que la plupart des petits carnivores se contentent de les tuer, mais ne les mangent pas, rebutés par leur odeur. Le comportement du putois vis-à-vis des rongeurs tien du rituel. Il procède toujours à la mise à mort de la même façon, en plantant ses dents dans l’artère du cou de sa victime et en la saignant. Ce rituel semble être dû à un apprentissage maternel, car les petits putois élevés loin de leur mère ne le pratiquent pas et mordent leurs proies n’importe où sans méthode particulière. L’instinct de chasseur du putois est constamment en éveil et indépendant de son appétit. Il continue à tuer lorsqu’il est repu et cache ses victimes pour les dévorer plus tard. Cette phase n’a pas lieu dans les poulaillers, où le putois fait malheureusement de sanglantes incursions, à cause de l’abondance des victimes. Tant qu’il voit une proie bouger, il la saigne en la mordant au cou et finit par s’endormir sur place, trop épuisé par ce massacre collectif pour pouvoir emporter ses victimes.

Contrairement à ce qu’on a longtemps cru, le putois ne suce pas le sang de ses victimes pour s’en nourrir, comme le font les sangsues, par exemple. S’il lèche ses victimes, souvent à l’endroit où il les a mordues, il s’agit d’un comportement de possession, qui constitue également une phase du rituel.

Le putois est un animal solitaire qui ne recherche la femelle que le temps nécessaire à la reproduction et à l’élevage des petits. La saison des amours a lieu de mars à juin. En général, les femelles ne sont en chaleur qu’une fois par an, mais si elles ne sont pas fécondées, une deuxième période de chasse peut se produire. L’ovulation survient tout de suite après l’accouplement et la gestation dure 6 semaines. Elle peut toutefois être raccourcie si la température est particulièrement chaude. Les portées sont de 3 à 7 petits. Ils naissent sourds, aveugles et couverts d’un duvet blanc. Après 20 jours d’allaitement, ils commencent à recevoir une alimentation solide alors que leurs yeux sont encore fermés. Au bout de 3 mois, ils ont atteint leur poids d’adultes et la famille se sépare. La vie communautaire des parents aura donc duré un peu plus de 4 mois. A 9 mois, les jeunes putois sont en âge de se reproduire et le cycle recommence.

Les ravages qu’il cause périodiquement dans les basses-cours incitent l’homme à détruire le putois. Pourtant, il rend de tels services comme destructeur des rongeurs qu’il faudrait le laisser vivre, quitte à apporter plus de soin à la clôture des poulaillers, clapiers et pigeonniers. Sa fourrure, bien que chaude, souple et résistante, est assez peu appréciée, à cause de son odeur. Les poils de la queue étaient utilisés, comme ceux de la martre et du blaireau, pour faire des pinceaux. Quant à sa chair, elle est si peu comestible que  les chiens eux-mêmes n’en veulent pas.

Les putois sont faciles à apprivoiser, mais leur odeur nauséabonde et la voracité qui les pousse à attaquer tous les animaux domestiques passant à leur portée rendent leur compagnie peu attrayante.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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