Le vison d’Amérique et d’élevage

Le vison d’Amérique ou mink (Mustela vison),  est un peu plus gros que le vison d’Europe, auquel il ressemble beaucoup. A l’état sauvage, sa couleur est sensiblement la même, c’est-à-dire un brun foncé marqué de clair au menton et sur la gorge, avec quelques taches blanchâtres dispersées sur le ventre. Mais sa fourrure est beaucoup plus estimée et elle est classée, en pelleterie, immédiatement derrière la zibeline.14 sous-espèces de visons sauvages peuplent toute l’Amérique du Nord, de l’Alaska à la Floride et à la Californie. Il s’agit de variétés régionales qui, au cours des temps, ont développé et fixé, par des croisements plus ou moins consanguins, certaines caractéristiques anatomiques secondaires. L’apparition d’une sous-espèce est en grande partie fonction du caractère sédentaire d’un groupe d’individus.

Le vison d’Amérique séjourne de préférence sur les rives des étangs et des ruisseaux, mais il établit souvent sa demeure au voisinage immédiat des rapides et des cascades. Excellent nageur, il plonge sans hésiter dans les eaux les plus profondes, mais ne peut longtemps immergé. Il est également très agile sur la terre ferme. Cependant, ses petites pattes ne lui permettent pas toujours de distancer ses ennemis et ses doigts palmés lui interdisent toute escalade dans les arbres. En dernier recours, il se défend en répandant une odeur fétide, comme le putois.

Comme la loutre, il se creuse un terrier dans les berges boisées, quand il n’en trouve pas un inoccupé. Il affectionne particulièrement ceux des rats musqués, mais il se contente à l’occasion d’un arbre creux ou d’un simple trou entre les racines des saules, sous une touffe de joncs.

Le vison est un animal extrêmement joueur. Souvent, sans raison apparente, il se livre à des gambades et des galipettes qui semblent beaucoup l’amuser. En hiver, il s’adonne à de réjouissantes glissades sur les pentes enneigées et on le voit plonger dans la neige pour ressortir quelques mètres plus loin, comme le fait également l’hermine.

L’alimentation du vison sauvage se compose essentiellement des animaux qu’il attrape dans l’eau, grâce à sa virtuosité de nageur : poissons (même les plus rapides, comme la truite et le saumon), grenouilles, couleuvres et rats d’eau. On a remarqué une intéressante association entre 3 espèces : le castor, le rat musqué et le vison. Au bord d’un ruisseau, le castor apparaît le premier et, par ses travaux, modifie le débit du cours d’eau. Cette modification est très appréciée  des rats musqués qui s’implantent au même endroit. Et, enfin, arrive le vison qui mange les rats musqués. Le vison s’attaque aussi aux oiseaux qui nichent dans les joncs et, faute de mieux, aux hôtes des basses-cours. Il creuse également le sable pour y déterrer les mollusques. On peut dire, en résumé, que ce carnivore tire le meilleur parti de toute la faune qui l’entoure.

Les jeunes visons commencent à se reproduire dès l’âge de 1 an. La saison des amours se situe en février-mars, alors que le sol, au moins dans le Nord, est couvert d’une légère couche de neige. On peut y voir les traces nombreuses laissées parles visons surexcités. Pendant cette période, les  femelles restent cachées dans leurs terriers et les mâles les cherchent en courant comme des fous le long des cours d’eau, parfois en bande. Pour les trouver, ils n’hésitent pas à s’aventurer en dehors de leur territoire, dans des régions inconnues.

Comme chez beaucoup de mustélidés, l’accouplement est long. Il dure 30 à 40 minutes. Les visons sont polygames. Le mâle couvre plusieurs femelles, mais il s’attache à une seule, avec laquelle il cohabite jusqu’à ce que les petits soient en âge de subvenir à leurs besoins. La gestation peut durer de 39 à 78 jours, l’implantation de l’œuf étant retardée, selon les conditions climatiques. Les portées peuvent atteindre 10 petits, mais sont plus souvent de 4 ou 5. Ils naissent les yeux fermés  et restent aveugles pendant un mois, mais leur développement est ensuite extrêmement rapide. Sevrés à 5 semaines, ils sortent du terrier entre 6 et 8 semaines.

Capturés jeunes, les visons s’apprivoisent très bien et s’habituent parfaitement à la vie domestique. Cette caractéristique, jointe à la difficulté de se procurer  des peaux de visons sauvages intactes et à l’augmentation constante de la demande pour sa magnifique fourrure, a conduit, au début de ce siècle, à entreprendre l’élevage industriel du vison. Après quelques tâtonnements, des techniques sans cesse perfectionnées ont rendu cet élevage rémunérateur. Contrairement aux premières doctrines, on sait maintenant qu’il prospère à diverses altitudes et sous des climats très variés, et il se pratique depuis le Canada jusqu’à l’Italie, en passant par la Suède, le Danemark et la France.

Le vison d’élevage n’est jamais un vison sauvage domestiqué, mais un animal sélectionné présentant des caractéristiques qui s’écartent plus ou moins du type sauvage, en particulier pour la couleur du pelage. Les éleveurs sont arrivés à produire une grande variété de fourrures de visons : pastel impérial, golden cross, buff scandinave, silver blue, palomino suédois et canadien, bleu aléoutien, etc., toutes basées sur des mutations fortuites, apparues spontanément dans un élevage et soigneusement  fixées par la sélections. La variété pastel royal, par exemple, est une mutation survenue en 1936 dans un levage canadien. La plupart du temps, les visons d’élevage sont groupés par couple, afin d’éviter que les mâles se battent entre eux. Leur nourriture est très variée : composée principalement de viande et de poisson, elle est complétée par des légumes et des céréales. Les éleveurs procédaient parfois à des croisements avec des visons sauvages pour accroître la taille, la fécondité ou la résistance de leurs sujets.

Etant donné qu’il faut 70 peaux de visons pour faire un manteau, l’élevage ne peut qu’être encouragé, même si les femmes, en France du moins, portent de moins en moins de manteaux de fourrure,  et qu’il est devenu –heureusement-  totalement interdit d’exploiter le vison sauvage

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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