Le vison d’Europe

Le genre mustela groupe un certain nombre de mustélidés de petite taille dont la denture révèle une alimentation encore plus carnivore que celle des martres. Ce sont des animaux très allongés, très courts sur pattes, qu’on peut classer en 3 groupes : les visons qui, par certains caractères, ressemblent aux loutres ; la belette et l’Hermine, dont la robe est plus foncée sur le dos que sur le ventre ; et enfin le putois, dont le pelage est plus foncé sur le ventre que sur le dos, et son cousin le furet. Le vison d’Europe (Mustela lutreola) mesure une quarantaine de centimètres, y compris la courte queue. Comme la loutre de rivière, c’est un animal semi-aquatique dont les pattes postérieures sont palmées, une membrane réunissant les 2 premières  phalanges. Le pelage, lisse et brillant, est brun foncé sur le dos, plus clair sur le ventre, avec une tache pâle sur la gorge. Le menton est blanchâtre, ainsi que la lève supérieure.

Autrefois répandu dans tous le nord de l’Europe et jusqu’à la Sibérie occidentale, le vison d’Europe, qui fuit les régions cultivées, s’est beaucoup raréfié, tant à cause de la disparition des sites naturels que des massacres dont il a été l’objet jadis, pour sa fourrure. En France, on en trouve encore quelques spécimens dans l’Ouest, en Poitou, en Vendée et en Charente où on l’appelle « putois d’eau ». Ce nom tient aussi bien compte de l’aspect de l’animal que de ses habitudes. Le vison d’Europe est devenu si rare que ses mœurs sont assez mal connues. On sait qu’il habite les rives boisées des lacs et des cours d’eau riches en joncs. Il creuse son terrier dans un relief de la berge qui s’avance dans l’eau, entre les racines des aulnes. Ce terrier comporte plusieurs sorties, mais elles donnent toutes du côté de l’eau. Contrairement à la Loutre, le Vison ne dispose pas d’une issue de secours dans les terres, invisible aux yeux des agresseurs éventuels. Au moindre signe de danger, il plonge, reste longtemps sous l’eau et réapparaît en un point très éloigné de l’endroit où il a disparu. Nageur remarquable, il n’est cependant pas assez puissant pour lutter contre le courant des rivières importantes qu’il évite. Sur terre, il n’est pas rapide, ne sait pas grimper aux arbres, mais il est souple et agile et se faufile dans les interstices les plus étroits avec une adresse étonnante.

Sa nourriture se compose essentiellement de poissons, de grenouilles, d’écrevisses, d’escargots et d’oiseaux, surtout d’oiseaux aquatiques. La période des amours se situe aux mois de février et mars. Les petits naissent 2 mois plus tard, les yeux fermés, au nombre de 3 ou 4, dans un terrier creusé à un endroit sec, non loin de la rivière.

De nos jours, la fourrure du vison d’Europe n’est plus utilisée en pelleterie. En Europe, tous les visons d’élevage sont de souche américaine. Ceux qui voudraient malgré tout chasser cet animal rare devraient le guetter en hiver, le long des cours d’eau où le courant empêche la glace de prendre, ou au voisinage des sources, dans les ruisseaux où il chasse les amphibiens sous la glace. Ses empreintes ressemblent tellement à celles du putois, que des naturalistes expérimentés, eux-mêmes s’y trompent. En effet, la courte membrane qui réunit ses doigts ne laisse pas de trace sur le sol.

Capturé jeune, le vison d’Europe s’habitue fort bien à la captivité et devient très familier. Il a meilleur caractère que les autres représentants du genre mustela et ne se met en colère que s’il est provoqué. Il passe ses journées à somnoler, roulé sur un tas de foin, et s’il lui arrive parfois de faire des escapades nocturnes, poussé par un besoin inné de liberté, il revient de lui-même au bercail lorsque le soleil se lève.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.