Le Yunnan province chinoise


Province préservée du sud de la Chine, le Yunnan dévoile des paysages contrastés. Temples somptueux, rizières en terrasses à flanc de montagne et forêts sauvages sont dignes de figurer sur les plus belles estampes. 

« Au sud des nuages »  Ainsi les Chinois ont-ils baptisé cette région montagneuse située à 2600 kilomètres au sud de Pékin (Belling), la capitale. Le Yunnan, l’une des provinces les plus reculée du pays, est réputé pour sa diversité ethnique et ses sommets, formant une frontière naturelle avec la Birmanie, le Laos et le Vietnam. Un vaste territoire au climat agréable entre février et mai, et où la population, souvent surprise et amusée de croiser un « nez long » (terme utilisé pour parler des Occidentaux) est très accueillante. Il faut dire qu’à penne 2% d’Occidentaux (parmi lesquels 1% de Français) s’y aventurent. Deux semaines de voyage sont idéales pour découvrir la diversité de cette province, où la vie est beaucoup moins chère qu’en France.

Entre richesses naturelles et culturelles

Pour ce périple, nous avons privilégié les routes du Sud, de Kunming, la capitale campée à près de 1 900 mètres d’altitude, aux rizières entre le fleuve Rouge et les monts Ailao, près du Vietnam voisin. Cette région recèle des richesses naturelles et culturelles passionnantes, tels la Forêt de pierre à Shilin, le temple de Confucius et les ateliers de poterie de Jianshui ou les impressionnantes rizières en terrasses de Yuanyang. Les Yi et les Hani, deux minorités ethniques (le Yunnan en compte 26) préservent depuis des siècles leurs terres nourricières. Les femmes Yi, affairées sur les marchés des villages, arborent des costumes brodés et colorés.

Surnommée la Ville de l’éternel printemps, Kunming, la capitale, trois fois plus peuplée que Paris, ne manque pas de charme, malgré son passage express dans le XXIe siècle. Les gratte-ciel bordant l’agglomération semblent former une muraille autour des vestiges du passé : le temple bouddhiste de Yuantong, bâti au IXe siècle sous la dynastie Tang, le célèbre Temple d’or, entièrement couvert de bronze, construit sur la colline de Mingfen (la Phoenix chantant) et le quartier de Guandu, où se dressent deux pagodes datant de l’époque Ming, un ancien théâtre et une stupa, monument bouddhiste. La jolie province du Yunnan, qui cultive l’art du paradoxe, se tourne vers l’avenir tout en chérissant son histoire.

Contempler les rizières de Yuanyang

Le riz rouge est cultivé au Yunann depuis mille trois cents ans.

Le paysage est spectaculaire : des terrasses à perte de vue, sculptées par l’homme sur les pentes escarpées des monts Ailao. Chaque lopin de terre est bordé d’un muret. Cette mosaïque de milliers de bassins aux reflets d’or et d’argent (ils sont inondés entre décembre et avril) ondule par étage réguliers jusqu’au fleuve Rouge, en contrebas. Depuis mille trois cents ans, le peuple Hani, cultive le riz rouge et prend grand soin de ces innombrables rizières alimentées en eau depuis le sommet de la forêt par un système d’irrigation complexe. Les visiteurs les admirent depuis les belvédères ou lors de randonnées sur des sentiers aménagés au cœur des cultures.

Arpenter la Forêt de pierre

Quel site étonnant que cette forêt rocheuse à Shilin ! A une centaine de kilomètres au sud-ouest de Kunming, on découvre plus de 200 hectares de formations karstiques, dont 80 hectares ouverts au public, pouvant s’élever jusqu’à 60 mètres. Ces pitons de pierre sont nés de l’accumulation de coquillages et de coraux fossilisés depuis 270 millions d’années. On déambule au cœur de ce labyrinthe minéral classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007. Un conseil : préférez l’accès par Naigu Shilin, à 17 kilomètres au nord du site principal. Il est aussi beau et moins fréquenté. Entrée 130 yuans chinois (17 euros).

Voyager dans le temps à Jianshui

Cette ancienne ville de garnison chinoise sur la Route de la soie a su conserver les prestigieux vestiges de son passé historique. Parmi eux, le grand temple dédié au philosophe Confucius, construit par la dynastie Yuan à partir du XIIIe siècle. Un vaste parc où une enfilade de pavillons, de portes, de sculptures et de lieux de culte ouvragés entoure un magnifique lac appelé la Mer des études. Non loin du temple, la maison de la famille Zhu (photo ci-dessus), de riches commerçants, avec ses innombrables pièces et ses superbes jardins datant de la fin du XIXe siècle, mérite une visite. La ville est aussi réputée pour ses poteries en terre rouge.

Le top : l’excursion en train de Jianshui à Tuanshan dure deux heures. On traverse la campagne où les paysans s’affairent dans les champs, on fait halte pour découvrir le magnifique pont du Double-Dragon. Au village de Tuanshan, le terminus. A partir de 13 euros l’aller-retour.

Moins top : compliqué de lire les menus, d’effectuer des achats… Dans le Yunnan, rien n’est traduit, ou presque, pas même en anglais ! Prévoyez de partir avec un guide francophone, ils sont une vingtaine à exercer dans la province.

Source: Nassera Zaid in l’Echappée 12 avril 2019 

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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