Les Allobroges hymne savoyard

La Liberté paroles de Joseph-Edouard Dessaix (1856)

Refrain

Allobroges vaillants !

Dans vos vertes campagnes,

Accordez-moi toujours asile et sûreté,

Car j’aime à respirer l’air pur de vos montagnes

Je suis la Liberté ! La Liberté !

I

Je te salue, ô terre hospitalière

Où le malheur trouva protection ;

D’un peuple libre, arborant la bannière,

Je viens fêter la Constitution.

Proscrite, hélas ! J’ai dû quitter la France

Pour m’abriter sous un climat plus doux.

Mais au foyer, j’ai laissé l’espérance,

En attendant (bis) je m’arrête chez vous !

II

Au cri d’appel des peuples en alarme,

J’ai répondu par un cri de réveil ;

Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes

Restèrent tous dans un profond sommeil.

Relève-toi, ma Pologne héroïque,

Car, pour t’aider, je m’avance à grands pas.

Secoue enfin ton sommeil léthargique,

Et sois-en sûre (bis), tu ne périras pas !

III

Un mot d’espoir à la belle Italie :

Courage à vous, Lombards, je reviendrai !

Un mot d’amour au peuple de Hongrie !

Forte avec tous, et je triompherai !

En attendant le jour de délivrance,

Priant les dieux d’apaiser leur courroux,

Pour faire luire un rayon d’espérance,

Bons Savoisiens (bis), je resterai chez vous.

Origine de l’hymne des Savoyards ; les Allobroges

Les paroles de ce chant de liberté, et non de guerre, ont été composées par Joseph-Edouard Dessaix, né en 1817, à Allinges, près de Thonon, neveu de Joseph-Marie Dessaix, général de Napoléon lorsque la Savoie fut occupée par la France entre 1792 et 1815. Il mourut en 1870 à Evian. Joseph Dessaix était très connu en Savoie comme écrivain, journaliste, historien : outre des articles politiques, il rédigeait des guides touristiques, genre dans lequel il fut un véritable précurseur : « La Savoie historique, pittoresque, statistique et biographique », parue en 1854, et surtout, après l’Annexion, en 1864, les deux célèbres volumes de « Nice et Savoie ». En 1855, il fondait la Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie de Chambéry.

En 1856, on lui demanda de composer un chant à l’occasion de la Fête du statut qui avait lieu chaque année depuis 1848, année om le roi Charles-Albert avait aboli la monarchie absolue et institué une Constitution qui donnait aux Savoyards les libertés de pensée, de presse et de réunion, ainsi que des députés élus.

D’autres couplets furent composés ultérieurement en fonction d’événements historiques ou simplement par des … instituteurs. Dessaix intitula son chant « La Liberté » : il la personnifie et il la fait s’adresser aux Savoyards en les appelant Allobroges, du nom de leurs anciens ancêtres.

Refrain :

La Liberté, chassée de France après le Coup d’Etat de décembre 1851, s’est réfugiée dans les montagnes de Savoie.

Couplet I :

La Liberté vient à la Fête de la Constitution dans ce royaume qui a déjà accueilli de nombreux exilés politiques

Couplet II et III

La Liberté interpelle les peuples opprimés par les Révolutions de 1848 et leur adresse des messages d’espérance.

Ses paroles furent retranscrites sur un air alors populaire chez les soldats de la Brigade de Savoie qui venaient de rentrer de Crimée. « La Liberté » fut interprétée pour la première fois au Théâtre Royal de Chambéry par la cantatrice Clarisse Miroy (du Théâtre parisien de la Porte-St-Martin), puis à Annecy et à Aix, en mai 1856. Cet air d’allure martiale plut, et il remporta aussitôt un immense succès populaire. C’est en 1870 que le chant changea de titre en reprenant les premiers mots du refrain : « Les Allobroges ».

Source : l’Almanach savoyard 2010

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.