Les Gaulois aux oubliettes

De 476 à 1492, on ne parle plus de nos ancêtres les Gaulois. La mode semble être de nouveau « à l’oubli » ils passent encore une fois à la trappe et pourtant… Ils sont toutes notre histoire.

Au cours du moyen âge, les Gaulois sont comme effacés de l’histoire. Peuple vaincu, il n’est guère recommandable aux yeux d’une monarchie soucieuse de sa légitimité. Des historiographes se livrent alors à de véritables tours de passe-passe et acrobaties étymologiques pour attribuer aux rois de France une ascendance noble et antique.

Voici les Francs dotés d’un ancêtre commun avec les augustes Romains : Priam. Leur berceau devient Troie, en Asie mineure.

Cette légende qui commence à se forger dès le VIIe siècle, est appelée « mythe troyen »

Les gaulois vu par eux-mêmes

Ces quatre statuettes, découvertes en Bretagne sur le site d’une résidence aristocratique gauloise, constituent peut-être une galerie d’ancêtres.

La plus grande d’entre elles porte le torque, ce collier typiquement gaulois, ainsi qu’une lyre, il s’agit probablement d’un barde.

Culture et outils

Blé amidonnier (triticum dicoccum) : c’est le blé le plus communément cultivé en Gaule du Nord à la période de la Tène finale.

Blé engrain (triticum monococcum) ou « petit épeautre » quelques variétés sont planifiables

Faux en fer utilisée pour faucher les fourrages

Meule rotative : le grain est écrasé par le frottement de 2 pierres permettant d’obtenir une farine fine

La naissance des villes

A la fin de « l’âge de fer », aristocrates et paysans vivent dans une campagne soigneusement découpée en parcelles. L’habitat prend la forme d’un vaste maillage de fermes.

Puis, au cours des IIIe et IIe siècles avant notre ère, des bourgs se développent, om l’artisanat et le commerce prospèrent.

Implanté stratégiquement le long des voies de communication, ces bourgs, qui peuvent s’étendre sur plusieurs hectares, annoncent les oppida, vastes agglomérations qui se multiplieront durant le siècle précédant la conquête romaine.

Chacun chez soi

Dans une Gaule où la démographie se porte bien, l’espace est compté tandis que la notion de propriété s’affirme.

L’usage systématique de fossés et de talus délimitant les habitations en témoigne.

La taille des fossés et des fondations, signe le rang social des habitants, de même que la présence éventuelle de clés, parures précieuses, armes ou pièce de char.

Dans ces vastes enclos, l’espace est organisé géométriquement : maisons, ateliers, greniers, silos, enclos à bétail voisinent aux abords des fossés, dégageant une vaste cour centrale

La maison gauloise

Son style architectural varie beaucoup d’une région à l’autre. Caractéristiques les plus communes : des poteaux en chêne équarris et plantés au sol, des murs en branches fines entrecroisées recouverts d’une couche de terre (torchis), un épais toit de chaume ou de planchettes en bois.

Le plan révèle souvent une seule pièce, subdivisée par des poteaux en une à quatre nefs aux rares ouvertures.

Les habitations les plus riches peuvent présenter de grandes dimensions, un étage supplémentaire et des ornements sculptés ou peints.

Qu’est-ce qu’un oppidum ?

Ce mot latin a été choisi par César pour désigner les agglomérations gauloises, autrement dit, les villes.

L’oppidum des IIe et Ier siècles regroupait plusieurs milliers d’habitants et s’étendant sur une superficie allant d’une dizaine à plusieurs centaines d’hectares.

Environ 150 oppida ont été recensé en Europe centrale et occidentale. Adaptés au  relief, ils  comportent généralement des fortifications, des bâtiments en bois et en terre, des édifices publics, des voies aménagées, des zones de production artisanale et du commerce.

Implantée près de grands axes de communication terrestre et fluviale, ces villes correspondent souvent aux véritables capitales des territoires gaulois. Certaines vont disparaître avec la conquête romaine, porteuse de nouveaux modèles urbains.

La Gaule abrite plusieurs millions d’habitants regroupés en 60 peuples ou tribus. Chaque territoire possède un ou plusieurs oppida.

Les Gaulois se rassemblent dans l’oppidum lors des grands évènements. Ils y prennent les décisions politiques,  y tiennent assemblées, procès, élections, votes. Pôle politique et religieux, l’oppidum est aussi le siège  d’activités financières et commerciales : on y frappe monnaie, on y produit ou échange de nombreuses marchandises.

Plus de 50 000 clous pour un mur !

La construction d’une « muraille gauloise » (murus gallicus), nécessite une impressionnante quantité de matériaux, d’hommes et de temps. Le mur peut mesurer jusqu’à 5 kilomètres de long et plus de 5 mètres de haut.

Il est constitué de pierres assemblées et renforcées par de nombreuses poutres entrecroisées dont la production entraîne l’abattage de quelque s100 hectares de chênaie. Poutres assemblées à l’aide d’au moins 50 000 clous de fer d’un poids de 200 grammes chacun : le tout avoisinant les 10 tonnes de métal ! Enfin, les vides sont comblés par de la terre tassée.

Les gaulois et leurs animaux

Les animaux de la Gaule sont sensiblement les mêmes qu’aujourd’hui..

Ils sont omniprésents dans la société gauloise et font l’objet d’usages multiples, en premier lieu bien sûr pour l’élevage et la consommation.

Mais ils sont aussi très utilisés comme matière première pour l’artisanat, lors des rituels religieux, pour les travaux agricole ou encore à la guerre, où le cheval sert de monture. Certaines races de chiens sont également dressées pour le combat.

Les animaux suivent leur maître jusque dans la tombe.

Autour du défunt, des pièces de boucherie – de porc le plus souvent – sont fréquemment déposées à côté de couteaux et de vases.

Traces animalières remontées jusqu’à nous.

Les archéozoologues sont  formels : les animaux gaulois sont beaucoup plus petits et graciles que ceux d’aujourd’hui. Ils fournissent une plus faible quantité de viande, qui se conserve donc plus facilement.

Les cochons ont le poil long, un groin allongé. Les moutons, mâles et femelles portent des cornes, sans doute pour se défendre contre les prédateurs.

Dans les fermes, chevaux et bovidés servent pour le trait, le labour, le hersage. Leurs squelettes révèlent des déformations dues au joug. Leur lait est transformé en beurre et fromage, leur laine en vêtements.

En témoignent les faisselles, fusaïoles et poids de métier à tisser mis à jour.

Une fois abattu, l’animal est entièrement utilisé. Os sculptés en dés à jouer, peignes ou aiguilles.

Crins façonnés en cordelettes. Cornes transformées en vases à boire. Peaux traitées pour en obtenir cuir et fourrure.

Fer et savoir-faire

L’époque gauloise ou celtique, qui dure du Ve au Ier siècle avant notre ère, est aussi appelée « second âge de fer ». Les objets  en fer, longtemps négligés en raison de la rouille qui les masque après 2000 ans d’enfouissement, sont une source précieuse d’informations pour les archéologues.

Le fer, dans les sociétés gauloises, devient le matériau privilégié de l’outillage, qu’il soit agricole ou artisanal, tant pour le charpentier que pour le chirurgien.

Matériau de construction des chariots, le fer devient indispensable à l’économie du transport. Il apparaît aussi en masse dans le domaine domestique pour les ustensiles de la vie quotidienne mais aussi sous la forme de petite quincaillerie.

Enfin, bien sûr, le fer est très prisé dans le domaine de l’armement, sans oublier celui de la parure vestimentaire.

Armuriers gaulois, fleurons de l’Antiquité

Légère, souple et tranchante comme un rasoir, telle doit être la lame de l’épée ! La souplesse s’acquiert par corroyage, c’est-à-dire, repliements et martèlements successifs d’une barre de fer. Les fourreaux sont fabriqués avec de très fines tôles serties (environ 0,5 millimètres d’épaisseur) sur lesquelles sont fixées différentes pièces (bouterolle, pontet…), relevant à la fois d’un travail de forge, de dinanderie et d’ajustage de haute précision.

Un savoir-faire et une dextérité qu’aucun autre peuple de l’Antiquité n’a maîtriser au même degré.

Les Gaulois chasseurs de sangliers ?

C’est ce que raconte une célèbre BD…

Et pourtant, les Gaulois chassent et mangent très peu de sangliers !

La chasse est le privilège d’une petite élite disposant de temps libre et de l’équipement adapté à ce loisir aristocratique par excellence.

La viande des animaux les plus jeunes et les meilleurs morceaux sont l’apanage des couches favorisées de la société.

Le reste de la population se nourrit de bœuf, mouton, porc, mais aussi de chèvre, de cheval et de chien.

Bien peu en vérité, de produits de la pêche et de la chasse…

Comment s’assurer la bienveillance des dieux ?

Les Galois expriment leur piété principalement par le biais du sacrifice. Ce rituel remplit plusieurs fonctions : échanges symboliques, divination, pratiques politiques.

Il existe deux types de sacrifies. Soit l’animal (souvent vieux et jugé incomestible) est offert aux dieux dans sa totalité, soit hommes et dieux se répartissent une bête plus jeune, dont on brûle les parties destinées aux dieux et dont on mange les autres morceaux à l’occasion d’un grand banquet

De nouveaux métiers

Les Gaulois inventent des panoplies d’outils. Outils pour charpentiers, ferronniers, paysans… qui varieront peu jusqu’au… XVIIIe siècle, époque où on les trouve représentés dans les planches de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.

Le travail du fer transforme profondément la société gauloise et ses modes de vie : la diversification des fabrications d’objets en fer suppose une spécialisation accrue des forgerons, qui deviennent taillandiers, serruriers, ferronniers, bijoutiers ou cloutiers…

Une mutation complète.

Outils gaulois

Herminette à emmanchement à douille, utilisée pour le travail du bois

Paire de forces, sorte de ciseaux servant à couper et tondre.

Javelot fixé sur hampe

Lance fixée sur hampe

Faucille à emmanchement à douille, utilisée pour récolter les céréales

 

 

 

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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