Les paradisiers ou oiseaux du paradis

Les paradisiers sont sans doute les plus spectaculaires des oiseaux et ils sont considérés comme l’image même de ce que l’on entend ordinairement par “oiseau exotique”.  Il s’agit d’une famille propre à la Nouvelle-Guinée et aux îles adjacentes, apparentée par certains caractères aux Corvidés et dont la taille varie de celle de la corneille à celle de l’étourneau. Les indigènes avaient alors l’habitude de leur couper les pattes, jugées sans doute lourdes et disgracieuses, et des légendes naquirent alors, qui comparaient ces oiseaux à des êtres surnaturels, ne se posant jamais, volant toujours, “venus tout droit du paradis” (en souvenir de cette légende, la plus populaire des espèces fut baptisée du nom latin de Paraisaea apada). 

Seuls les mâles des 43 espèces qui nous sont connues, présentent un plumage remarquable par ses couleurs et ses parures ; les femelles tendent à être plutôt ternes et assez semblables d’une espèce à l’autre. Ces magnifiques livrées trouvèrent immédiatement des amateurs, tant en Occident qu’en Orient, et un commerce florissant put s’établir. Au début du XXe siècle, on exportait déjà des dizaines de milliers de plumes par an ; en 1913, à Londres, on en vendit au moins 30 000. Mais en 1924, à la suite d’une protestation du public, on interdit finalement la vente des plumes de ces oiseaux. 

La famille à laquelle ils appartiennent se subdivise en deux groupes distincts : les “oiseaux de paradis” proprement dits, remarquables par l’extraordinaire plumage des mâles et les “oiseaux -jardiniers”, sans plumes ornementales, mais possédant en revanche des dons architecturaux uniques chez les oiseaux. Parmi les nombreuses espèces d’oiseaux de paradis, 4 d’entre elles sont absentes de Nouvelle-Guinée et ne se trouvent qu’en Australie et aux Moluques, alors que sur 18 espèces d’oiseaux-jardiniers, 12 vivent en Nouvelle-Guinée, et le reste en Australie. 

Les spécimens au plumage coloré ne développent pas nécessairement le même type de plumes : chez certains, en effet, les plus développées sont celles de la tête et de la poitrine, alors que chez d’autres, ce sont celles des flancs ou ce la queue. Le paradisier de Wallace a deux paires de longues pennes blanches qui ressortent sur la courbe de l’aile. Le séleucide multifil a des petites touffes de plumes ornementales, noires et jaunes sur chaque côté de la poitrine, prolongées par six brins filiformes revenant à angle aigu vers l’avant. 

L’épimaque superbe, l’espèce la plus répandue, possède une longue et large queue et, sur les flancs, des éventails de plumes à reflets métalliques qu’il redresse au-dessus de son dos lors des parades nuptiales. Les astrapies  ont une queue longue et ample et, autour de la tête, une fraise de plumes extrêmement brillantes.  

Le “superbe” est recouvert d’une ample cape de plumes veloutées qui, partant de la nuque, couvre presque entièrement le dos, par étages. Les oriflammes, ou sifilets (genre Parotia), sont caractérisés par la présence sur chaque côté de la tête de trois plumes filiformes, souvent de la même longueur que le corps, se terminant en raquette. Un des plus spectaculaires est le paradisier Prince Albert, qui porte sur chaque côté de la tête une plume dont la longueur est presque le double du corps et de la queue. Ces deux plumes sont festonnées, sur toute leur longueur, d’une série de petites lamelles d’in bleu d’émail. Chez le manucaude royal, les rectrices médianes sont filiformes, cinq fois plus longues que le reste de la queue, et se terminent en raquettes spiralées vert émeraude. Le diphyllode magnifique est l’une des espèces les plus riches en couleurs. 

Les paradisiers les plus célèbres, cependant, sont sans doute les 7 espèces du genre Paradisea, chez qui les plumes latérales des flancs forment des faisceaux de fins rubans décomposés, qui, selon l’espèce, peuvent être jaunes, rouges, blancs ou bleus. 

Bien que fort peu d’espèces aient pu être étudiées dans la nature, celles sur lesquelles ont pu être effectuées des observations montrent à quel point chaque aspect de leur comportement est intéressant. L’époque de la reproduction varie suivant les moussons (novembre sur les côtes occidentales de la Nouvelle-Guinée, mai sur les côtes septentrionales et orientales). Beaucoup sont polygames et les mâles vivent séparés des femelles, avec lesquelles ils se rencontrent à l’époque des parades sur une zone semblable à une “arène”. 

Les oiseaux-jardiniers constituent un groupe assez polymorphe et comprennent des espèces au plumage assez modeste – à l’exception du jardinier Prince d’Orange qui est revêtu d’un plumage jaune et orange très vifs, sauf sur les ailes, la queue et certaines zones de la tête qui sont noires- et même généralement privées des parures nuptiales particulièrement riches ou voyantes des autres mâles. Ils ont cependant des talents d’architecte et de décorateur assez remarquable : l’archboldie, par exemple, dégage une surface du sol, qu’il décore ensuite d’excréments, d’insectes, de coquilles d’œufs, de peaux de serpents ; certains (du genre Amblyornis) construisent des édifices compliqués, faits de bouts de bois et de branches, qui peuvent atteindre jusqu’à 1,5 mètre de diamètre ; le “prince-régent” construit non seulement une demeure luxueuse, mais la peint avec son bec à l’aide de substances végétales mélangées à la salive. Ces édifices sont construits à terre en un lieu choisi par les deux partenaires, et ne sont que des “résidences secondaires” où le couple se réunit et s’ébat, leur véritable demeure se trouvant dans les arbres. 

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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