Les traitements de l’hypothyroïdie

Face à des symptômes d’hypothyroïdie, il est important de commencer par vérifier qu’il n’y a pas une carence en micronutriments indispensables à la bonne fonction thyroïdienne, et de la combler si c’est le cas.

En cas d’hypothyroïdie débutante, plusieurs plantes peuvent s’avérer utiles pour soutenir la fonction thyroïdienne.

L’ashwaganda Withania somnifera

Appelée aussi ginseng indien, cette plante de la médecine ayurvédique est utilisée de longue date dans le traitement de l’hypothyroïdie. Elle est aussi réputée pour ses propriétés reconstituantes et adaptogènes contre les effets du stress. Les principes actifs qu’elle contient, les whitanolidcs, auraient une action stimulante sur la glande thyroïde en augmentant la production de T4. Une cure d’ashwaganda peut redonner un peu d’énergie à tous ceux dont le fonctionnement thyroïdien est insuffisant.

La dose recommandée, pour agir sur la thyroïde, est de 900 mg par jour de plante broyée (en 2 doses de 450 mg).

Le guggul Commiphora muku

L’action de l’ashwagandha sur la glande thyroïde est renforcée par la consommation conjointe de guggul, autre plante d’origine indienne qui stimule aussi l’activité de la glande thyroïde et favorise la conversion de T4 en T3 par le foie.

La prise de guggulstérones (principes actifs du guggul) s’accompagne d’une diminution des lésions oxydatives au niveau du foie, principal site de stockage de la T4 et de la conversion en T3.

Le guggul est surtout reconnu pour son action sur le métabolisme des lipides. On l’utilise avec succès pour abaisser le taux de cholestérol et contrôler le poids. Son action sur les lipides passe par une stimulation de la fonction thyroïdienne (qui active les hormones lipolytiques).

Un travail portant sur deux groupes de sujets ayant suivi un protocole de six semaines pour perdre du poids (programme alliant régime et exercice physique), a montré que la prise d’un supplément de guggulstérones a permis une perte de 5 kg de graisse contre seulement l,5 kg pour le groupe non supplémenté. Dans le même temps, l’activité de la glande thyroïde était augmentée de 8 à 10% dans le groupe supplémenté.

L’apport quotidien doit être de 2 g de plante standardisée à 2,5 % de guggulstérones, à prendre en 4 fois. La plante est déconseillée aux femmes enceintes.

Le Coleus forskohlii

Cette plante, traditionnellement utilisée par la médecine ayurvédique pour traiter un grand nombre de problèmes de santé, contient de la forskoline qui accroît la production d’hormones thyroïdiennes etstimule leur libération.

Cette stimulation de la thyroïde expliquerait que la forskoline favorise la perte de poids.

Les effets antidépresseurs du Coleus forskohlii pourraient être liés à une normalisation de la fonction thyroïdienne, la dépression étant l’une des caractéristiques courantes de l’hypothyroïdie.

Dose recommandée : 200 à 400 mg par jour d’extrait standardisé titré à l0 % de forskoline.

En cas d’hypothyroïdie avérée, si votre manque d’hormones thyroïdiennes est trop important, alors seul un traitement hormonal permettra de le combler.

Parmi les nombreuses « médecines alternatives » (incluant naturopathie, phytothérapie, homéopathie, médecine traditionnelle chinoise, médecine ayurvédique.), aucune ne semble pouvoir guérir naturellement une hypothyroïdie avérée (pas de cas publié dans la littérature scientifique), même si l’on peut arriver à diminuer les doses nécessaires de médicaments et obtenir l’amélioration de certains symptômes qui ne sont pas soulagés par le traitement conventionnel.

Le but de cette hormonothérapie substitutive (encore appelée opothérapie), qui doit toujours être prescrite et surveillée par un médecin, est de rétablir une fonction thyroïdienne normale (euthyroïdie). Une fois le traitement instauré, les symptômes vont diminuer progressivement en quelques semaines et le taux sanguin de TSH va revenir à la normale. Une fois la posologie efficace identifiée, le traitement est poursuivi à vie.hypothyroide

Quels sont les médicaments disponibles?

Les médicaments à base de glandes de thyroïde interdits

Toute préparation, magistrale ou officinale, à base de glandes de thyroïde est interdite en France depuis 2006 par décision de l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité

Sanitaire des Produits de Santé). Ces préparations contenaient des doses variables d’hormones T4 et T3, dans des proportions inadaptées à l’homme. De plus, les extraits thyroïdiens n’étaient pas purifiés et pouvaient donc contenir des protéines animales étrangères à notre organisme. On prescrit aujourd’hui uniquement des hormones de synthèse qui sont exactement les mêmes que celles produites naturellement par le corps.

Lévothyroxine (T4)

C’est la T4, c’est-à-dire la pro-hormone qui ne sera active qu’après sa transformation en hormone T3. C’est le médicament prescrit en première intention. Votre médecin adaptera la posologie selon les résultats des dosages de TSH et de T4 libre après 5 à 6 semaines de traitement à posologie constante, car l’effet maximal de la T4 n’est obtenu qu’après plusieurs semaines de traitement.

Le problème des génériques

La molécule active est la même  dans un médicament de base et son générique, mais les autres composants du comprimé peuvent être différents et modifier l’effet du médicament.  C’est le cas pour le Lévothyroxe. Si vous constatez un changement de votre état depuis la prise d’un générique, informez votre médecin qui pourra avoir recours à la mention «non substituable » sur ses ordonnances.

Des excipients parfois problématiques

On prescrit aujourd’hui uniquement des hormones de synthèse qui sont exactement les mêmes que celles produites naturellement par notre organisme, à ceci près que les comprimés contiennent des excipients : lactose, amidon de maïs OGM, gélatine, croscarmellose. Le lactose peut causer des troubles digestifs en cas d’intolérance au lactose et la croscarmellose est soupçonnée de modifier le microbiote intestinal en favorisant le développement d’une flore bactérienne nuisible.hypothyroide

A RETENIR

La supplémentation en T3 est surtout nécessaire lorsqu’un problème de conversion périphérique de T4L en T3L1 est observé (on a alors une T4L haute et une T3L. basse à l’examen sanguin).

L-iothyronine (T3)

C’est la T3 libre, c’est-à-dire la seule hormone active. Son action est très rapide et sa demi-vie est courte (24h). La posologie est a adapter en fonction des résultats des dosages sanguins de TSH et T3L. Elle est utilisée surtout quand un effet rapide et transitoire est souhaité, mais aussi dans les cas de conversion périphérique insuffisante de T4 en T3 ou comme traitement d’appoint dans le traitement des résistances périphériques aux hormones thyroïdiennes.

Quel est l’intérêt d’une association T3 T4?

Une étude, déjà ancienne puisqu’elle date de 1999, publiée dans la prestigieuse revue The New England Journal of Medecine, a montré que l’association de T4 et de T3 améliore la qualité de vie de la majorité des patients traités pour hypothyroïdie, comparativement à l’administration de T4 seule. Dans cette étude, menée sur 33 patients hypothyroïdiens, les sujets recevaient pendant 5 semaines leur dose habituelle de lévothyroxine seule (groupe T4 seule), puis pendant une autre période de 5 semaines un traitement associant T4 et T3 (50 µg de lévothyroxine étaient remplacés par 12.5 µg de triiodothyronine).

Au terme de l’étude, la comparaison des deux groupes montrait que la fréquence cardiaque, la pression artérielle et le taux de cholestérol étaient légèrement inférieurs dans le groupe T4 + T3. Mais c’est dans les tests neuropsychologiques que les différences étaient très importantes en faveur des patients du groupe T4 + T3. Les patients recevant l’association de T4 et T3 avaient une meilleure concentration, ressentaient un regain d’énergie et se sentaient globalement mieux. Quand on demandait leur préférence aux 33 volontaires de l’étude. 2H souhaitaient un traitement associant T4 et T3, 11 n’avaient pas de préférence. et seulement 2 préféraient le traitement par T4 seule.

Si vous êtes sous traitement par lévothiroxine  (T4) seule et que, malgré des taux sanguins de ITSH et de T4L satisfaisants, vous ne vous sentez pas bien  « équilibré » une association T3/ T4 peut être intéressante. Parlez-en à  votre médecin.

Mise en place et suivi du traitement

On ne prescrit jamais de la T3 seule (sans T4) au long cours car sa demi-vie est courte et son action très puissante. L’administration de T3 est suivie d’un pie sanguin important et bref, Son maniement est donc délicat et peu pratique Pour éviter un surdosage en T3, il faudra donc d’abord diminuer la posologie de T4  (qui a une demi-vie longue) pendant une semaine, puis introduire la T3 dont l’effet est immédiat. On diminue habituellement de 25 µg la dose de T4 pour 5 µg de T3 ajoutés.  La posologie finale de T3 sera atteinte en augmentant très progressivement les doses et en respectant des paliers.

La T3 peut être administrée en une fois, mais compte-tenu de sa demi-vie courte, il est plus logique de la fractionner en plusieurs prises quotidiennes. Chez  certaines personnes, la prise fractionnée permet d’éviter de se sentir excite le matin et épuisé en fin de journée. On peut par exemple prendre ½  dose le matin ou le soir et une 1/2 dose vers l3 heures (être à jeun n’est pas très important pour que la T3 soit bien absorbée).  C’est à chacun de tâtonner avec sa prise de T3 pour voir ce qui lui convient le mieux.

Mise en garde

Tous ces médicaments sont puissants ; ils sont très efficaces mais peuvent être dangereux s’ils sont mal pris. Ils doivent toujours être prescrits et surveillés par un médecin.

L’excès de poids sans hypothyroïdie n’est pas une indication au traitement par hormones thyroïdiennes.

Les effets du traitement substitutif ne sont pas immédiats. Ils nécessitent un délai de l5 jours à un mois après le début du traitement. Il en est de même pour les signes d’intolérance. Vous ne devez pas en modifier vous-même les posologies sans en parler à votre médecin.

Il est indispensable de bien prendre votre traitement thyroïdien et de ne jamais l’arrêter par vous-même, même (surtout !) si vous vous sentez mieux.

Le meilleur moment pouhypothyroider prendre son traitement

À jeun ou à distance des repas

De nombreuses études ont montré que c’est à jeun que l’absorption intestinale de la thyroxine est optimale,  l’ingestion parallèle d’aliments entraînant une réduction de l’absorption qui passe de 80%  du médicament  à 40/60%.  Le problème se pose moins pour la T3 qui est absorbée à plus de 90% donc beaucoup  mieux que la T4. De plus, la fixation aux protéines plasmatiques est augmentée après un repas et diminue donc la fraction libre active. Ainsi, la prise du traitement 30 minutes avant ou 2 heures après un repas permet de réduire la dose nécessaire et aussi d’obtenir  un taux de TSH plus bas et plus stable.

Une autre raison de prendre sa T4 à jeun est d’éviter de la prendre avec d’autres traitements qui sont habituellement pris au moment des repas. En effet, de nombreux traitements (calcium et fer par exemple) modifient l’absorption des hormones thyroïdiennes.

Le soir

Plusieurs études ont montré que la prise de lévothyroxe au coucher, comparée à une prise matinale permet d’obtenir une TSH beaucoup plus basse (et plus stable) et des taux sanguins de T4 et T3 très supérieurs. Il semblerait que l’absorption intestinale de la lévothyroxine soit meilleure la nuit.

Cette notion est méconnue des médecins qui, par habitude prescrivent presque toujours la thyroxine le matin.  Un bon équilibre peut quand même être atteint lorsque les conditions de la prise médicamenteuse demeurent stables au fil des semaines, en prenant sa pastille au même moment avant, pendant ou après le repas). Si vous êtes dans ce cas,  vous pouvez essayer de changer l’horaire de la prise de lévothyroxine si vous le souhaiter. Pour cela, c’est simple : vous avez pris votre comprimé le matin à jeun ; le soir même, le plus tard possible, vous reprenez le même dosage et les jours suivants vous prendrez votre comprimé au coucher.

Attention : Si vous prenez une association de T4 et de T3 il est conseillé de prendre la T4 le soir et la T3 le matin puisque celle-ci agit rapidement et a une demi-vie brève.

A retenir : la L thyroxine doit être prise à distance d’un repas et a heure fixe.

Le dogme de la prise matinale doit être abandonné.

La surveillance du traitement

L’objectif de tout traitement thyroïdien est de rétablir le métabolisme tissulaire. l.es hormones thyroïdiennes ont besoin de plusieurs semaines pour exercer un effet visible, et il faut compter un bon mois pour voir s’atténuer les symptômes d’hypothyroïdie

Après l’instauration du traitement

Vous reverrez donc votre médecin après 6 à 8 semaines, avec au minimum  un dosage sanguin de TSH (nous axons vu qu’il vaut mieux aussi  avoir le dosage de T4L et T3L. Il recherchera la disparition des symptômes d’hypothyroïdie, dépistera les signes d’un éventuel surdosage (surtout une tachycardie,  c’est-à-dire un cœur qui bat trop vite), et vérifiera la normalisation du taux de TSH.  La Société Française d’Endocrinologie recommande d’obtenir une TSH inférieure à  2.5 mUI/ l, mais c’est souvent avec une TSH entre 0,5 et l5 mUI/ l que les patients se sentent le mieux.

A la recherche de la juste posologie

La « bonne » dose de traitement n’est pas la même chez toutes les personnes, et c’est en modifiant peu à peu la posologie en fonction de votre état clinique,  de vos résultats sanguins ct aussi de votre ressenti que votre médecin  vous aidera à trouver la dose de traitement qui vous convient  vraiment.

Lors d’une modification posologique, un nouveau dosage de TSH n’est indiqué qu’après un mois ou plus. Des dosages plus rapprochés de TSH entraînent un risque de surdosage (il faut 2 à 3 semaines pour inhiber la TSH par l’administration de lévothyroxine.

Pour se sentir bien, certaines personnes ont besoin d’une posologie de T4 qui fait baisser la TSH très en dessous de la limite inférieure de référence (TSH<0.5 mUI/ l).

Un parle alors d’une posologie « suppressive de la TSH. S’il n’y a pas de signe  d’hyperthyroïdie et que la personne se sent mieux avec cette dose, cette situation est tout à fait acceptable.

L’équilibre hormonal est si fragile et délicat à obtenir, qu’un sentiment de  mieux-être ne s’installera parfois pas avant plusieurs mois de modifications dans les dosages du traitement, jusqu’à trouver le bon.

Chez les personnes âgées ou celles qui ont une maladie cardiaque, la normalisation de la TSH est parfois plus longue à obtenir que pour une personne jeune (et dans certains cas, on n’y arrive pas). Une fois l’équilibre obtenu, un contrôle de TSH tous les 6 à l2 mois peut suffire si le patient se sent bien.

En cas de traitement par thyroxine seule, il est souhaitable d’avoir des taux de T4 et T3 dans le tiers supérieur de la norme du laboratoire.

Si dans le traitement on introduit de la T3 en plus de la T4, il n’est plus nécessaire d’avoir un taux aussi important de T4.

Nous avons vu qu’il faut d’abord diminuer la posologie de T4, mais aussi surveiller à ce que le taux de T4 ne soit pas « trop » élevé (par rapport à vos besoins, et non par rapport aux normes du laboratoire) car la T4 en excès (relatif) peut augmenter la production de rT3 qui bloquera l’action de la T3, ce qui aboutit à l’inverse du but recherché !

Tout ceci est délicat, et c’est à chacun de trouver, par tâtonnement, SES bonnes valeurs qui lui permettent de se sentir bien (sans signe d’hyper ni d’hypothyroïdie)

Source : Dr Philippe Veroli, médecin spécialiste en anesthésie-réanimation, ancien Chef de clinique, il est notamment diplômé en Nutrition, hypnose et médecine traditionnelle chinoise. In  santé corps esprit janvier 2017

 

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