Lundi de pentecôte orthodoxe chypriote

Contrairement à ce que pensent la majorité des gens, le Lundi de pentecôte n’est pas une simple « tradition », mais, à l’origine c’est bien un jour religieux, que l’église orthodoxe chypriote continue à célébrer. Chez les catholiques « traditionnels »,  depuis 1965, et le nouvel ordo liturgique de Paul VI, le lundi de Pentecôte n’est plus liturgiquement solennisé. Il n’y a plus de liturgie du lundi de  de Pentecôte.  Source : http://cybercure.fr/les-fetes-de-l-eglise/paques/la-pentecote/article/lundi-de-la-pentecote-liturgie-coutumes-pelerinage-de-chartres-jour-ferie

Rappelons que la Pentecôte se célèbre le septième dimanche (soit le quarante-neuvième jour) après le dimanche de Pâques, à une date mobile calculée par le comput. Elle tombe toujours un dimanche entre le 10 mai et le 13 juin.

Mais dans la tradition orthodoxe chypriote on continue à célébrer le lundi de Pentecôte sous le nom de « Kataklysmos », immersion dans la mer

Hors de son contexte strictement religieux, la Pentecôte est l’occasion de pratiques anciennes associant au culte des ancêtres la purification par immersion dans l’eau de la mer. Tel est le cas de la fête de Kataklysmos, du Déluge ou de saint Yalos (littéralement, de la sainte Grève), immanquablement célébrée sur tout le littoral chypriote, selon une tradition séculaire.

Le samedi des Ames, celui qui précède la Pentecôte, s’accomplissent, à Chypre comme dans tout le monde orthodoxe, les Roussalia, rites funèbres qui assurent le retour des morts dans le royaume d’en-bas, après cinquante jours d’errance parmi les vivants. Le dimanche est dédié à l’invocation de la miséricorde de Dieu et à la descente du Saint-Esprit sur les apôtres et, par extension, sur toute l’humanité. Mais ce sont les rites du jour suivant qui préparent les fidèles à la réception de la grâce divine à la suite d’un nouveau baptême symbolique dans les eaux de la mer.

Pour ce faire, après la messe du lundi de la Pentecôte, jour de la Sainte-Grève, les foules munies de tubes faits de roseaux et de petits récipients en terre cuite, se dirigent vers la mer. Les chantres ouvrent la procession suivis du clergé, des jeunes tout fiers dans leurs beaux habits neufs et des adultes en tenue estivale. Le plus haut dignitaire ecclésiastique verse, au nom du Christ, de l’eau bénite dans les flots de la mer qui se transforme ainsi en eau vive, primordiale. Cette mutation mystique, déjà préparée par les prières, les hymnes et les psalmodies qu’on entonne pendant le parcours, se confirme par l’immersion de la Croix. Les meilleurs nageurs parmi les jeunes gens se jettent à l’eau pour la rapporter aussitôt, sous les acclamations générales.

Par ce rite s’accomplit un double transfert  de forces vives. La Croix se laisse purifier et sanctifier par les eaux auxquelles elle transmet à son tour la grâce du Saint-Esprit. L’immersion du dieu dans la mer, connue pour ses vertus, se pratiqua pendant toute l’Antiquité, dans l’est de la Méditerranée : on  conduisait en grande pompe les «sacres » jusqu’au  littoral, à des dates clés, et on immergeait les idoles, les attributs des divinités et les objets du culte dans la mer pour assurer purification et revitalisation  réciproque.

Kataklysmos -lundi-de-pentecoteLes bénéficiaires de cet échange sont, dans cas des Chypriotes, les fidèles qui plongent à la suite pour  s’adonner au déluge; on «se mouille jusqu’à l’os » afin de se purifier le corps et d’éviter toute maladie durant l’été. Ils ont ensuite la certitude d’être prêts à recevoir le Saint-Esprit. Ils s’aspergent mutuellement et s’amusent toute la journée dans l’eau. Avant  de quitter la mer ils remplissent d’eau vive de petits récipients, coutume que l’on pratique aussi le jour  de l’Épiphanie en souvenir du baptême du Christ.

Puis viennent des jeux athlétiques maritimes des courses d’aviron, des compétitions de chants et des poèmes improvisés, et la journée se termine avec des danses populaires et des concours musicaux dans une ambiance de joyeuse kermesse aux alentours des ports et le long des plages 1.

1 Ces pratiques ressemblent étonnamment aux rites décrits par Lucien dans son témoignage sur les solennités en l’honneur de la Grande Déesse syrienne, sur les côtes asiatiques à quelques encablures de Chypre.

Vous l’aurez compris, ce jour –là est surtout festif, l’instant religieux  est de courte durée

fama-volat

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