Napoléon ou Le vol de l’Aigle à travers les Alpes

La célèbre route Napoléon rappelle l’itinéraire suivi par l’Empereur lors de son retour de l’île d’Elbe, il y a eu deux cents ans en 2015.

« L’invasion du pays par un seul homme » : l’heureuse formule de Chateaubriand résume le retour d’exil de Napoléon, en 1815. Le « Vol de l’Aigle »(1) à travers les Alpes jusqu’aux tours de Notre-Dame a contribué à forger sa légende. Son contemporain, Stendhal, ne qualifier-t-il pas cette folle équipée « d’entreprise la plus romanesque des temps modernes » ?

Rappelons le contexte. En Avril 1814, la France est envahie par les armées autrichiennes, russes et prussiennes. Napoléon abdique et part en exil sur l’île d’Elbe, en Méditerranée. Louis XVIII monte sur le trône. L’Europe des rois en a enfin fini avec ce diable de caporal corse. Erreur ! En secret, le proscrit prépare la reconquête du pouvoir. Le 1er mars 1815, il débarque à Golfe-Juan, entre Antibes et Cannes, à la tête d’à peine un millier d’hommes.

NapoléonSoucieux d’éviter la Provence et la vallée du Rhône, jugées trop royalistes, il choisit de traverser les Alpes pour rejoindre Grenoble et, de là, Lyon. En guise de route, l’essentiel du chemin se fera sur des sentiers muletiers, encore couverts de neige. Après Grasse, Castellane, Digne et Sisteron, la petite troupe atteint Gap, le 5 mars au soir. Pour la première fois, la population l’accueille chaleureusement : « Enfin, nous sommes en France » s’exclame-t-il. Mais la partie est loin d’être gagnée. Entre-temps, la nouvelle du débarquement est parvenue à Paris, Louis XVIII ordonne de courir « sus à l’usurpateur ». Commandant la place de Grenoble, le général Marchant dépêche un bataillon du 5e au-devant des Elbois. La rencontre décisive a lieu le 7 mars, à hauteur du lac de Laffrey, en Matheysine. La scène et entrée dans l’Histoire. Napoléon s’avance, seul, à portée des fusils adverse. « Me voilà, soldats du 5e, reconnaissez-moi ! » Encore quelques pas. « S’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son empereur, me voilà ! » dit-il en ouvrant sa redingote grise. Personne n’ose tirer. Un instant plus tard, le bataillon se rallie aux cris de « Vive l’Empereur ».  L’occasion de stopper le vol de l’Aigle est passée. Pour preuve, peu après Vizille, le 7e de ligne, appelé en renfort de Chambéry, fait lui aussi défection et vient grossir les rangs(2) ! Le soir même, le héros d’Austerlitz entre triomphalement dans la capitale du Dauphiné. En une semaine, il aura parcouru plus de 300 kilomètres de routes de montagne, sans tirer un coup de feu : « Jusqu’à Grenoble, j’étais un aventurier ; à Grenoble, j’étais un prince ». Le 20 mars, il est  Paris. La suite, ce sera les Cent Jours, Waterloo, Sainte-Hélène…

NapoléonConstruite au cours du XIXe siècle, la RN 85 prendra officiellement le nom de « route Napoléon » en 1932, à l’initiative des élus et des syndicats de tourisme locaux.

  • L’expression est de Napoléon lui-même.
  • Pour cet acte de trahison envers le roi, le commandant du 7e, le colonel de la Bédoyère, sera fusillé au lendemain des Cent-Jours.

Source : l’Almanach savoyard 2015

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