Père Noël et Coca-Cola

Le phénomène du « Cokelore »

La société Coca-Cola est devenue un des symboles de l’Amérique et pour qui souhaite critiquer le système, pourquoi ne pas utiliser une démarche imagée que tout le monde peut comprendre ? Et c’est ainsi que pour illustrer leur point de vue, d’aucuns estiment pouvoir faire feu de tout bois pour servir leur cause quitte à s’accommoder avec la réalité.

Comme toute multinationale dominante, la compagnie est en proie aux critiques et victime d’un nombre incalculable de rumeurs, à tel point qu’est apparu récemment outre-Atlantique le terme Cokelore : un concentré de rumeurs, légendes et affabulations autour de la marque.

Mais la multinationale en pâtit-elle vraiment ?

Certainement pas, sa domination est incontestable dans le secteur des sodas et il est probable que le résultat de toutes ces attaques ne fait que renforcer sa position de dominant du marché. Grâce à ces rumeurs infondées, elle peut communiquer à loisir sur sa marque. La légende urbaine du Père Noël Coca-Cola est encore plus profitable puisqu’elle lui permet de ressortir ses anciennes campagnes et ainsi d’exploiter son patrimoine historique (les marques adorent étaler leurs vieilles affiches…)

Mais au fait, le Père Noël existe-t-il ?

Vaste question, qui a nécessité que nous fassions le tour des sites scientifiques chevronnés. C’est celui de la Zététique qui a attiré toute notre attention et leur démarche intellectuelle nous a convaincu. Petit résumé de leurs conclusions :

Le Père Noël a pour objectif de livrer près de 1000 domiciles par seconde. Pour remplir sa mission, il doit donc atteindre des vitesses de 3000 km par seconde.

Et si le Père Noël a jamais existé, en se déplaçant à cette allure, nous sommes au regret de vous      annoncer qu’il a été pulvérisé !

D’après l’enquête zététique sur le Père Noël par Richard Monvoisin qui vient de lancer un site plein de promesses, CorteX : Esprit critique et sciences.

Il ne manque rien ?

Ah si, l’effet cigogne, lui-même décrit dans un article du fameux CorteX… C’est un sophisme qui consiste à prétendre que si deux événements sont corrélés alors il y a un lien de cause à effet entre les deux.

En ce qui concerne le Père Noël et ses habits rouge, il peut être résumé par : « Avant le Père Noël était vert, Coca-Cola a fait une pub avec un Père Noël rouge, donc Coca-Cola a changé la couleur du Père-Noël ! »

Et ainsi, la boucle est bouclée ! Lorsqu’on vous sort sur un ton péremptoire qu’il est de notoriété publique que le Père Noël est rouge parce que Coca-Cola l’a relooké à son image… Vous pouvez désormais sans rougir prendre la parole et affirmer haut et fort que les faits démontrent que cette légende urbaine est infondée [Thomas Nast – 1860 vs Coca Cola – 1931] et que Coca-Cola n’a fait que populariser mondialement l’image du bonhomme rouge parce que les couleurs qu’il arborait correspondaient aux siennes !

En 1860, Thomas Nast, illustrateur et caricaturiste à l’emploi du journal new-yorkais Harper’s Illustrated Weekly, revêt Santa Claus d’un costume rouge, garni de fourrure blanche et rehaussé d’un large ceinturon de cuir. Pendant près de 30 ans, Nast illustra au moyen de centaines de dessins tous les aspects de la légende de Santa Claus, connu chez les francophones comme étant le père Noël.

En 1885, Nast établissait la résidence officielle du père Noël au pôle Nord au moyen d’un dessin illustrant deux enfants regardant, sur une carte de monde, le tracé de son parcours depuis le pôle Nord jusqu’aux États-Unis. L’année suivante, l’écrivain américain George P. Webster reprenait cette idée et précisait que sa manufacture de jouets et « sa demeure, pendant les longs mois d’été, est cachée dans la glace et la neige du pôle Nord ».

En 1931, le père Noël prit finalement une toute nouvelle allure dans une image publicitaire, diffusée par la compagnie Coca-Cola. Grâce au talent artistique de Haddon Sundblom, le père Noël avait désormais une stature humaine (le rendant ainsi plus convaincant et nettement plus accessible), un ventre rebondissant, une figurine sympathique, un air jovial et une attitude débonnaire.

Ainsi, pendant près de 35 ans, Coca-Cola diffusa ce portrait du père Noël dans la presse écrite et, ensuite, à la télévision partout dans le monde. L’idée que les enfants se font aujourd’hui du père Noël est encore fortement imprégnée de cette image.

http://www.culture.gouv.fr/culture/noel/franc/pereno.htm

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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