Phages : la thérapie oubliée retrouvée

Phages : la thérapie oubliée qui détruit même les bactéries les plus résistantes

Antibiorésistance : bientôt tous condamnés ?

En France, 143millions de boîtes d’antibiotiques  sont vendues chaque année

Et même si ce nombre a diminué par rapport aux années 1990, nous faisons face à un problème intimement  lié à cette consommation excessive : l’antibiorésistance

Pendant un demi-siècle, les pays développés ont accordé une pleine  confiance aux antibiotiques, les utilisant à tort et à travers même quand cela n’était pas nécessaire.

Mais on a ignoré le principe même de  tout être vivant pour survivre, il faut s’adapter.

Et en cinquante ans, les bactéries ont évolué en super-bactéries, capables de résister à tous les traitements antibiotiques connus. C’est un « immense danger »  selon l’Organisation mondiale de la Santé, (OMS) qui causerait plus de 12500morts par an en France.

phageHeureusement, un traitement naturel oublié pendant des années pourrait  permettre de lutter efficacement contre ce nouveau type de bactéries. Sans risque de résistance, et sans le moindre effet secondaire.

Seuls quelques instituts d’Europe de l’Est utilisent encore cette méthode naturelle vieille de plus de 100 ans. Bizarrement, elle est interdite en France… mais cela pourrait bientôt changer, grâce à une étude européenne sans précédent.

Caroline Lemaire est sur le point de se faire amputer le pied droit, à l2 centimètres au-dessous du genou. Elle a déjà inscrit la date de l’opération dans son agenda. Sa prothèse est prête…  La  faute à un staphylocoque doré, contracté après un violent accident, qu’aucun antibiotique ne parvient à soigner. La plaie ne cicatrise pas. Mais avant de renoncer à sa jambe, en désespoir de cause,  elle accepte de suivre un traitement expérimental encore interdit en France. C’était en 2008. Et aujourd’hui, Caroline a toujours son pied droit. Elle n’a plus aucune douleur et n’a eu aucune rechute depuis qu’elle a été traitée.

Cette méthode, il y a peu de chances que vous en ayez déjà entendu parler. Pourtant, elle est utilisée avec succès depuis les années  1910. Et c’est l’une des plus sérieuses pistes contre la résistance aux antibiotiques. C’est la phagothérapie. Complètement éclipsée par l’avènement des antibiotiques, la phagothérapie pourrait bien devenir le traitement de référence contre la plupart des infections bactériennes.

Le nouveau Superman de la santé ne mesure que 200 nanomètres

La phagothérapie s’appuie sur des bactériophages (ou phages) pour soigner les infections. Ce sont des virus « chasseurs de bactérie ». Chaque type de phage s’attaque  à une espèce de bactérie bien spécifique. Cela signifie que si on vous injecte des phages « anti-staphylocoque doré »  par exemple, ceux-ci ne combattront que ces bactéries sans endommager les autres cellules de votre corps. Ils n’ont donc aucun effet secondaire sur notre organisme, contrairement aux antibiotiques qui ont un domaine d’action plus vaste.

Le phage c’est un peu le tireur d’élite, et l’antibiotique une bombe atomique… Le prédateur naturel des bactéries. Mais ces superhéros miniatures (à peine 200 nanomètres), ont un autre avantage: ils sont vivants. Quand une bactérie mute pour devenir plus résistante, ils s’adaptent à leur tour pour rester efficace. C’est le principe même de la nature.phage

Comment faire exploser une bactérie de l’intérieur : la technique utilisée par le phage pour détruire les bactéries est assez incroyable. Le phage se pose d’abord sur la bactérie, à l’aide de sa base d’arrimage, et perfore la membrane bactérienne. Il injecte ensuite son ADN dans la bactérie, exactement comme une seringue. L’ADN du phage fragmente I’ADN de la bactérie et l’utilise pour synthétiser les éléments constitutifs des futurs phages. S’en suit une période de maturation et d’assemblage des différents éléments, jusqu’au bouquet final : l’éclatement de la bactérie et la libération des phages dans le milieu. Cette opération conduit à la mort bactérienne et à la production de 50 à 100 clones du phage original pour chaque cycle.

 A Tbilissi, on fait la queue pour se soigner avec des phages

Découverts en I917 par le français Francis D’Hérelle, les phages ont tout de suite été considérés comme des « agents de la guérison naturelle ». Mais l’arrivée des antibiotiques dans les années 1920 fut tellement retentissante que la phagothérapie sombra dans l’oubli. Les recherches sur les phages cessèrent partout dans le monde, à l’exception de certains pays de l’Est. Heureusement, certaines cliniques russes, polonaises et géorgiennes ont continué d’utiliser la phagothérapie. Il faut dire que sous l’URSS, les chercheurs avaient interdiction de toucher aux antibiotiques américains,  et furent donc bien obligés de développer des techniques alternatives.

Et aujourd’hui on trouve encore des instituts, comme Eliava, à Tbilissi, spécialisés dans l’utilisation des phages, qui soignent chaque année avec succès des milliers de patients. Si bien que certains Français n’hésitent d’ailleurs pas à se rendre jusqu’en Géorgie pour soigner leurs infections devenues résistantes aux antibiotiques. Si vous voulez en savoir plus.

Rendez-vous sur www.sesoignerengeorgie.com

Autorisés en Géorgie… interdits en France

En France, la phagothérapie est tolérée uniquement à titre exceptionnel, en cas de maladie grave qu’aucun traitement ne permet de soigner. En dernier recours… Cela peut surprendre, surtout quand on sait qu’ils sont déjà utilisés dans l’industrie alimentaire, pour lutter contre les listeria et les salmonelles.phage

En fait, le problème vient de la réglementation : les produits utilisés en Géorgie ne peuvent pas être produits en Europe, car ils ne respectent pas les bonnes pratiques de fabrications (BPF). Mais tout pourrait bientôt changer : des chercheurs suisses sont sur le point de publier les résultats d’une étude scientifique inédite. Grande première : cet essai clinique va faire des vagues L’étude s’appelle Phagoburn et a été réalisée par une petite équipe du Centre hospitalier universitaire de Lausanne, en Suisse. C’est le tout premier essai clinique de phagothérapie conforme aux standards occidentaux.

Commencée en 2013, cette longue étude a suivi pendant 13 mois 25 malades infectés par deux bactéries courantes difficiles à traiter : Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa, qui peuvent entraîner différents types d’infections (gastro-entérites, infections urinaires, méningites…).

Les chercheurs ont testé l’efficacité des phages contre celle des antibiotiques. Les résultats sont tenus secrets jusqu’à la publication. Ils devraient paraître dans le courant de cet été. Mais Gregory Resch, co-auteur de l’étude et docteur en microbiologie, a accepté de révéler quelques informations – en exclusivité pour les lecteurs de Révélations Santé et Bien-Etre.

La grande première pour Phagoburn a été de produire ces phages en BPF. La société CleanCells, basée à Nantes, s’est occupée de purifier les phages. Je ne sais pas si cette étude suffira, mais elle a pour but d’autoriser le traitement à base de phage en France.

Le plus important, c’est qu’on a réussi pour la première fois à démontrer qu’on est capable de produire des phages en BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication). L’étude a été acceptée par trois pays différents, la France, la Suisse et la Belgiquc. C’est un signal très fort qui montre qu’on peut soumettre ce genre d’études aux autorités avec des chances qu’elles soient acceptées. Désormais, des initiatives démarrent un peu partout dans le monde.

Des phages bientôt disponibles dans nos pharmacies ?

En France, une opération  s’est déroulée avec succès à Lyon, en 2017, permettant à deux malades normalement condamnés de se débarrasser de leurs multiples infections bactériennes.

En Angleterre, une étude menée sur 24 patients a prouvé l’effet des phages sur Pseudomonas aeruginosa. Les patients traités avec les phages ont vu leur état s’améliorer deux fois plus que ceux ayant consommé un placebo.

Des start-up prometteuses se lancent dans la recherche et la conception de phages : c’est par exemple le cas du laboratoire nantais Pherecydes Pharma, ou encore de la start-up française EIigoBioScience.

À moyen terme, les scientifiques espèrent pouvoir proposer des solutions efficaces contre différents types de bactéries résistantes aux antibiotiques, et en particulier pour traiter la mucoviscidose, les infections ostéo-articulaires (staphylocoque doré) et les troubles urinaires chroniques. Mais en théorie, les phages pourraient soigner n’importe quelle maladie bactérienne, à l’exception des bactéries capables de se réfugier dans nos cellules (Lyme, tuberculose. . .).

L’équipe Combris

Source : Révélations Santé bien-être juillet 2018

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse tout en espérant gagner un peu d'argent

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.