Picasso – TableauTrois Musiciens

A l’époque même où Picasso réalise des nus féminins colossaux, il exécute aussi des peintures cubistes d’une pureté extrême : des natures mortes et des Arlequins que la simplicité de la forme et l’association des couleurs rendent étrangement fascinants. Ces études culminent dans la grande composition des Trois Musiciens réalisée pendant l’été 1921.

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Dès le début de l’année 1901, la figure d’Arlequin apparaît souvent dans le petit peuple des personnages de Picasso, à côté des mendiants aveugles, des prostituées ou des saltimbanques : victime parmi les victimes roi des acteurs d’une compagnie qui interprète le drame de la vie alors même que ses membres en sont exclus ; c’est tout naturellement que le costume aux losanges colorés se retrouve dans la « décomposition » de la période cubiste.

Une présence et une continuité qui révèlent le désir inconscient de Picasso de se peindre et de se retrouver sous le masque triste d’Arlequin. On retrouve constamment chez Picasso ce besoin de déguisement et de participation qui le porte à s’identifier aux rôles les plus différents, en fait dans tous les personnages qu’il a représentés et dans tous ses modèles.

Dans les Trois Musiciens, Picasso compose ses trois figures en utilisant la technique que l’on appellera « cubisme synthétique » : une décomposition de formes simples, colorées, mise côte à côte sur le même plan et faciles à déchiffrer.

Maurice Reynal écrit : « Ces Trois Musiciens multiplient en une sorte d’anthologie la plupart des découvertes de l’expérience cubiste. Avec ce chef d’œuvre d’humour poétique, Picasso semble mettre un point final à ses évocations plastiques de personnages abstraits, inspirés de la comédie italienne ». (M. Reynal : Picasso, 1953)

 

Picasso-les-trois-musiciens Trois façons différentes d’interpréter la figure d’Arlequin, qui montrent la variété infinie des façons de voir, de sentir et de représenter de  Picasso. Il s’agit, certes, de trois époques diverses, mais aussi d’une sensibilité à chaque fois différente devant le même thème : mélancolie dans le premier tableau (Arlequin -1917 – Huile sur toile, 117 X 89cm – Barcelone, Musée Picasso) ; recherche cubiste dans le second (Arlequin – 1915 – Huile sur toile  183 X 105 cm –New York Museum of Modern Art) ; participation affectueuse dans le troisième (Paul en costume d’Arlequin – 1924 – Huile sur toile, 130 X 97,5 cm – Paris, Musée Picasso)

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une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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