Pierre d’Aragon au secours de Raymond VI

19  Janvier 1213 : Pierre d’Aragon au secours de Raymond VI

Le Mémoire que lui ont adressé les consuls toulousains pousse le roi d’Aragon Pierre II à tenter d’intervenir pour arbitrer la situation. Nul autant que lui n’est mieux placé pour tenir ce rôle.

Il est, d’une part, le suzerain du nouveau vicomte de Béziers et de Carcassonne, ainsi que des comtes de Foix et de Comminges et de Gaston de Béarn. Des liens de parenté l’unissent à Raymond VI.

D’autre part, il a toujours été l’allié fidèle du Saint-Siège. Il en est même devenu le vassal. Enfin, n’a-t-il pas combattu et vaincu, aux côté d’Arnaud Almaric, les sarrasins d’Espagne ?

Le 6 janvier 1213, Pierre II est à Toulouse. Il vient d’envoyer des ambassadeurs au pape afin de défendre la cause de Raymond. Le pape, qui connaît l’ambition de Montfort et qui n’a jamais vraiment conçu de haine pour le comte de Toulouse, exige un nouveau concile afin que soit examinée, une fois de plus, et sans passion, toute l’affaire.

Deux lettres partent en outre qui montrent qu’il n’est pas dupe. Ainsi, s’adressant au légat, il lui dit sans ambages : Toi, mon frère archevêque, tu as laissé les croisés sur la terre de Toulouse. Non seulement vous vous êtes saisis des domaines où habitaient les hérétiques, mais vous avez porté vos mains avides sur les terres où l’hérésie n’existait pas !

Hélas ! Arnaud et Simon ne sont pas hommes à se laisser impressionner. Cependant, comme Innocent III l’a demandé, un nouveau concile s’ouvre, à Lavaur cette fois.

C’est Arnaud Amalric qui le préside. Pendant qu’il se déroule, Pierre a écrit aux évêques, intercédant en faveur de Raymond VI qui souhaite rentrer dans le sein de la sainte mère l’Eglise. Il demande qu’il soit rétabli dans ses possessions ; et si la chose n’est pas possible, qu’au moins son fils qui n’est jamais tombé dans l’erreur, recouvre la totalité de ses droits.

Dans ce cas, lui, souverain d’Aragon, s’engage à assumer l’éducation du jeune homme et à le guider dans l’amour du vrai Dieu. Il plaide aussi pour les comtes de Foix et de Comminges qui ne sont pas compromis avec les Cathares et qui sont prêts à s’incliner devant l’autorité religieuse.

Pour le malheur des Méridionaux, la requête est repoussée : tant que Raymond régnera, le catharisme ne pourra être extirpé. Même chose en ce qui concerne les seigneurs de Foix et de Comminges, ses alliés. Quant à la dépossession du comte ou à l’héritage de son fils, ce sont là des questions qui ressortissent à la décision du Saint-Père.

Pierre, alors demande que soit au moins accordée une trêve jusqu’au temps de Pâques. Mais le même refus lui est opposé : elle refroidirait la dévotion des croisés ! Autrement dit, elle ferait cesser le recrutement… Cette seconde requête est d’ailleurs qualifiée

Printemps 1213 : manœuvres autour de Pierre II d’Aragon

Ce sont probablement ces refus qui vont provoquer le brusque changement du roi d’Aragon. A la fin du mois de janvier 1213, Raymond VI et son fils lui prêtent serment de fidélité, plaçant sous sa protection leurs personnes, et leur ville et devenant ainsi, au même titre que Simon de Montfort, ses vassaux.

En sa qualité de légat apostolique, Arnaud, récemment nommé à l’archevêché de Narbonne, rappelle à Pierre qu’il ne peut, en tant que prince catholique, prêter assistance à une ville exclue de la communion de l’Eglise et livrée aux croisés par décret pontifical.

Entre-temps et pour contre-battre la requête du roi d’Aragon, les artisans du concile de Lavaur ont aussi envoyé une ambassade à Rome. Ils ont résumé au pape l’action salvatrice de la croisade, désignant une fois de plus Raymond VI comme un allié peu fiable et dénonçant le double jeu auquel il ne cesse de se prêter depuis plus de quatre ans.  Ils s’indignent surtout de la supplique qu’il vient d’adresser à Pierre II et par laquelle il prépare peut-être quelque nouvelle trahison.

Pressé par Hugues de Riez et Thédise, les nouveaux légats, par les archevêques de Bordeaux et d’Aix, par les évêques de Périgueux, de Béziers, de Provence, d’Uzès, de Nîmes et par l’abbé de Saint-Gilles, Innocent III, dans un courrier rédigé le 21 mai 1213, somme le roi d’Aragon de se désolidariser des Toulousains.

Des doutes lui sont venus quant à l’honnêteté des propos tenus par les envoyés de Pierre II : n’ont-ils pas pris le parti des hérétiques ?

Malheureusement, lorsque cette missive parvient à Pierre, les dés sont jetés : il a déjà installé des troupes dans Toulouse et lui-même, franchissant les Pyrénées, fait route vers Muret qu’il atteint le 8 septembre. Avec lui chevauchent les comtes de Foix et de Comminges.

Pourquoi ce retournement de Pierre II et son soutien à la cause de Raymond ? Certes, les revirements du pape à son égard y sont pour quelque chose. Certes, il penche plus naturellement pour les hommes du Midi que pour ceux du Nord.

Mais il est aussi suzerain de Simon et de Raymond et à le devoir – ce sont les règles de la féodalité –d’intervenir en cas de rivalités graves.

Et n’est-il pas dans son intérêt de soutenir le second contre le premier, d’abattre Montfort et de s’assurer du même coup de l’ancien domaine des Trencavel ? Il s’occupera ensuite avec le comte de Toulouse du sort des hérétiques, en accord avec le pape ?

Pierre des Vaux-de-Cernay donne une autre version du changement du roi : ce dernier a ordonné à Simon de Montfort de se rendre à Narbonne pour démêler la situation.

Montfort, craignant une embuscade, refuse de s’y rendre. Indigné, Pierre II lui envoie alors son défi, selon le code chevaleresque. Simon dépêche aussitôt un émissaire muni d’une lettre dans laquelle il déclare rompre son hommage envers le roi. C’est un nouvel affront. La fureur du monarque est extrême. Il somme Simon de comparaître en personne, à défaut de quoi, l’émissaire sera exécuté.

Le parti de Pierre est pris : il se rangera parmi les ennemis de la croisade.

montsegur12 septembre 1213 bataille de Muret et mort de Pierre II

Prévenu de l’arrivée de Pierre II, Raymond reprend espoir. Sur ce, dit la Chanson, les cors de la cour sonnèrent pour le rassemblement des troupes. L’ordre était donné à tous de sortir, entièrement équipés, en direction de Muret où était le roi d’Aragon.

De son côté, Simon de Montfort accourt en toute hâte de Fanjeaux où il a établi sa résidence. D’ultimes négociations sont alors tentées par le clergé qui mesure l’incongruité d’aller combattre un prince qui jusqu’ici a toujours loyalement servi l’Eglise : l’homme lige du pape qui s’affronte aux croisés ! Mais les négociations échouent. Il ne reste plus qu’à recourir aux armes.

Cette bataille, qui se déroule le 12 septembre 1213, a fait couler beaucoup d’encre. Nous n’en ferons pas la description. Qu’on sache seulement que tout va se jouer en un espace de temps extrêmement court, que les croisés, bien qu’inférieurs en nombre, auront pourtant le dessus et feront un grand massacre des forces ennemies en déroute.

Et surtout que Pierre II, le roi d’Aragon, va y trouver la mort. Entouré de ses frères d’armes, il a hissé son étendard, hélas ! pour sa perte, car à la vue de celui-ci, les croisés se sont précipités vers lui avec une telle pression que le choc des armes et le bruit des coups étaient portés par l’air à l’endroit où se trouvait le narrateur, comme si beaucoup de cognées abattaient du bois. Là mourut le roi, et beaucoup de grands d’Aragon autour de lui. Les autres tournèrent le dos et s’enfuirent, et tombèrent en nombre infini dans leur fuite.

On peut se demander pourquoi, après la victoire de Muret, Simon de Montfort n’a pas investi. Toulouse alors en pleins débâcle. Les évêques ont-ils voulu éviter à cette ville une nouvelle humiliation. La population a promis de se soumettre et le pape consent à les absoudre.

L’interdit sur la cité est levé le 25 avril 1214. Raymond VI, réfugié quelques temps en Angleterre à la cour du roi Jean, est revenu, apportant à son tour sa soumission. La paix semble enfin acquise.

1215 la parade militaire du prince Louis

L’année suivante, au mois de janvier, s’ouvre un synode à Montpellier. Simon de Montfort y est officiellement désigné comme l’administrateur des territoires occupés. Soit : l’Agenais, le Toulousain, l’Albigeois, le Quercy, le Comminges et Foix.

Peu après, on apprend que le prince héritier de la couronne, le futur Louis VIII, prend la croix à son tour. Le 19 avril, il est à Lyon, entouré de nombreux comtes, chevaliers et évêques. A Vienne, il rencontre Simon. A Valence, il a un entretien avec le légat apostolique Pierre de Bénévent.

Ce passage pacifique de Louis dans les terres du Midi, simple parade militaire, semble apaiser les esprits. Le fils du roi visite encore Béziers, Carcassonne, Fanjeaux, Pamiers et se rend à Toulouse. Puis, ayant achevé sa quarantaine, reprend le chemin de la France.

Tandis que Louis s’en retourne et que Montfort parcourt les terres dont il est maintenant responsable, les regards de la chrétienté se tournent vers Rome où se prépare un grand concile œcuménique.

Décembre 1215 le concile de Latran exile Raymond VI

Le 11 novembre 1215 s’ouvre la première séance. Une autre se déroulera le 20, la dernière le 30. 400 évêques, 800 abbés et prieurs, les représentants des chapitres, ceux des communes, des rois, des princes y participent après deux ans de préparation, les convocations ayant été lancées le 10 avril 1213.

Pour la première fois dans les conciles occidentaux, les canons officiels débutent par un exposé doctrinal destiné à combattre l’hérésie cathare.

Quinze jours plus tard, Innocent III fulmine une bulle dans laquelle il proclame que le comte de Toulouse n’ayant pas su protéger ses domaines ni les maintenir dans la foi et la paix, les conquêtes réalisées par les croisés sont données au comte de Montfort.

Raymond, quant à lui, devra quitter le pays afin d’accomplir une pénitence. Une pension de 400 marcs d’argent lui sera versée et son épouse de bonnes mœurs catholiques conservera ses biens.

Eu égard au comte de Foix, le pape se montre indulgent puisqu’il lui promet  restitution de son château après enquête menée par des commissaires. Quant au jeune Raymond VII, il conserve les contrées non conquises par les croisées, autrement dit, les possessions provençales de son père, en terre d’Empire, sur la rive gauche du Rhône.

C’est à l’occasion de ce quatrième concile de Latran et de la condamnation solennelle et renouvelée de l’hérésie albigeoise que les Pères vont définir la doctrine des sacrements. Innocent III meurt peu après, le 16 juillet 1216 à Pérouse.

Simon de Montfort porte désormais les titres de duc de Narbonne et de comte de Toulouse.

Il a fait son entrée dans la ville ; le peuple lui a prêté serment de fidélité.

Juillet 1216 échec de Simon de Montfort devant Beaucaire

Pendant ce temps, revenant de Rome avec son fils, Raymond VI gagne Avignon, puis Beaucaire où les habitants révoltés par la décision du concile, l’accueillent avec enthousiasme.

La citadelle est défendue par une garnison française peu nombreuse laissée par le chef de la croisade lors de son passage dans la région. Raymond décide alors de s’en emparer.

Montfort rassemble à la hâte des troupes mais se rend vite à l’évidence : ses forces sont bien trop minces pour qu’il puisse déloger un adversaire que tout le pays soutient.

Après des combats inutiles, il finit par négocier et de mauvais gré, abandonne Beaucaire au jeune Raymond VII. A Toulouse où il rentre, d’humeur morose, il fait, soupçonnant les habitants de quelque complot, confisquer toutes les armes et démanteler le reste des remparts.

Le 13 septembre 1217, alors qu’il est reparti guerroyer dans la vallée du Rhône, il apprend que le vieux comte Raymond, profitant de son absence, est revenu dans sa cité et qu’il tente avec l’aide des chevaliers faidits de reprendre ses droits.

Cela plut à certains, et déplut à d’autres écrit l’auteur de la Chronique. La crainte des représailles est toujours vive la comtesse de Montfort, restée dans la ville, s’enferme dans le Château-Narbonnais (le palais comtal) avec les croisés et dépêche un émissaire pour alerter son époux.

C’est seulement vers le 15 octobre que Simon revient. Il trouve son frère Guy qui a tenté en vain, à plusieurs reprises, de s’ouvrir un passage dans les défenses de la ville. Lui-même s’y essaye sans succès.

C’est donc l’Eglise qui va réagir : Foulque, en compagnie de la comtesse de Montfort, se

rend en France pour obtenir du roi d’autres renforts.

Automne 1217 le siège de Toulouse

Honorius III, le nouveau pape, ravive l’ardeur des défenseurs de la religion par un abondant courrier qu’il expédie dans toute la France. Il exhorte aussi Raymond VII à ne pas imiter son père.

Mais il n’est déjà plus temps : le jeune homme a quitté Beaucaire et fait route, à marche forcée vers Toulouse.

On lit dans la Chanson : Les chevaliers et les hommes de la ville, les bourgeois et le viguier, les dames et les bourgeoises allèrent accueillir le comte, objet de leur grand désir ; et il ne resta pas une seule pucelle dans les chambres ni dans les étages. La population de la ville, les grands et les petits, tous fixaient leurs regards sur le comte comme sur une fleur de rosier […] il y avait des larmes de joie, du bonheur et de l’allégresse.

Plusieurs fois, la fortune va changer de camp et les mois d’hiver s’écouler en escarmouches. Puis, en mai 1218, Foulque revient avec des contingents neufs.

Toutefois, et comme à l’ordinaire, le roi Philippe Auguste va se garder  d’intervenir : en tant que catholique, il devait aider l’Eglise ; et, comme suzerain de Montfort, secourir ce dernier. Mais il préfère laisser les deux antagonistes s’entr’affaiblir et se réserve d’entrer en scène le moment venu.

25 juin 1218 : devant Toulouse, mort de Simon de Montfort

La mort de Simon de Montfort, en forme de juste châtiment des atrocités qu’il a couvertes, sinon ordonnées, a, au XIXe siècle, inspiré les dessinateurs, lorsque la conquête du comté de Toulouse par les seigneurs du Nord, pour ceux qui virent en lui un sauveur du royaume du royaume de France (en gagnant la bataille de Muret, il empêchait le Midi de passer sous domination espagnole), il a les traits d’un chef valeureux, d’un autre Godefroy de Bouillon.

C’est alors que la nouvelle tombe : le comte de Montfort a perdu la vie dans la bataille ! Le 25 juin, après avoir entendu la messe, il s’est élancé au combat. Soudain, il aperçoit son frère qui s’effondre dans la mêlée. Il court à son secours, mais à cet instant précis, une pierre lancée par une machine que manœuvrent des femmes, l’atteint mortellement.

Et la pierre, dit la Chanson, vint tout droit là où il fallait ; elle frappa le comte sur son heaume d’acier et si fortement qu’elle lui mit  en morceaux les yeux, la cervelle, le front et les mâchoires ; et le comte tomba à terre, mort, ensanglanté et livide.

Bien différent est le ton de l’Historia Albigensis : Qui pourrait écrire et lire ce qui suit ? qui pourrait, dis-je, le raconter sans douleur ou l’écouter sans longs sanglots ? Oui, qui ne fondra en larmes en entendant que la vie des malheureux fut, on peut le dire, broyé dans la personne de celui dont la mort fut la mort de toutes choses ? […] Tandis que le très vaillant comte était posté avec les siens devant nos machines afin d’empêcher que les assiégés ne sortissent à nouveau pour les ruiner, une pierre partie de leur mangonneau frappa le soldat du Christ à la tête, lequel fut renversé d’une mortelle atteinte.

Eté 1219 la piètre croisade du prince Louis

Le comte mort, son fils µAmaury lui succède, héritant ses droits et ses titres. Il emporte alors le corps de son père et se retire à Carcassonne. Mais si l’armée s’est laissée gagner par l’abattement, les hommes d’Eglise, une fois encore, ne sont pas du tout décidés à laisser les choses en l’état.

Inlassable, Foulque revient auprès de Philippe Auguste, afin qu’il envoie son fils Louis au secours d’Amaury. Honorius aussi répète son appel et pour l’appuyer, annonce solennellement qu’il prend le royaume de France sous sa tutelle. En outre, il accorde au roi une part des revenus du clergé afin qu’elle soit utilisée contre les Toulousains.

Il confirme aussi le jeune Amaury dans toutes les acquisitions et titres que le concile du Latran a reconnus à son père et va même jusqu’à menacer Toulouse de lui supprimer son évêché et de répartir son territoire entre les évêques.

Louis va se croiser pour la seconde fois. Parvenant en Agenais, le 3 juin 1219, il assiège Marmande. Pendant qu’il tient conseil avec Amaury, les soldats massacrent la population. Au mois de juin, il est devant Toulouse, mais, face à une cité farouchement décidée à se défendre, il a la sagesse de ne rien tenter. De surcroît, à ce moment-là, sa quarantaine aura pris fin.

Amaury de Montfort se retrouve donc seul. Pendant cinq ans, il va devoir supporter tout le poids des combats. Au mois d’août 1222, le vieux comte Raymond meurt.

Son fils prend dès lors toutes les initiatives. Le 16 juin, il a écrit au roi de France : J’ai recours à vous comme à mon unique et principal refuge […]vous suppliant humblement d’avoir pitié de moi et que, en considération de Dieu, vous daigniez me faire entrer dans l’unité de la sainte Eglise de Dieu, afin qu’une fois enlevée l’opprobre de mon ex-hérédation je reçoive de vous mon héritage.

1224 : Montfort dépossédé et renaissance cathare.

Mais la réponse ne viendra jamais car Philippe Auguste meurt le 14 juillet 1223. Cet appel cependant, n’a pas interrompu pour autant les opérations militaires que Raymond poursuit victorieusement, reprenant une à une les places dont s’étaient emparés les croisés.

Le nouveau comte de Foix, Roger-Bernard, s’est rallié à lui ainsi que nombre d’autres seigneurs. Amaury, qui n’a plus d’argent pour payer ses troupes, accepte alors de traiter avec son rival et le 15 janvier 1224, quitte Carcassonne avec le reste de ses chevaliers.

Tout le travail de la croisade semble réduit à néant. La sentence dépossédant la famille comtale de Toulouse est regardée comme nulle par la population et Amaury n’est pas plutôt sorti de Carcassonne que le jeune vicomte de Trencavel, le fils de Raymond-Roger, s’y installe.

L’espoir renaît chez les Cathares et l’archevêque de Narbonne constate amèrement dans une lettre adressée au roi Louis VIII : L’esprit immonde qui avait été jadis rejeté de la province de Narbonne et des régions avoisinantes, revient maintenant avec éclat, emmenant sept autres esprits plus mauvais pour occuper la maison qui avait été purifiée.

Après son départ de Carcassonne, Amaury de Montfort se rend à Paris. Il y rencontre le roi Louis VIII. Loin d’y trouver le secours qu’il espérait, il s’y voit contraint de signer un acte par lequel il cède la totalité de ses droits à son souverain.

Et le pape confirme la dévolution de ses domaines au Royaume de France. En réalité, c’est Louis qui a imposé ces conditions avant son second départ. Une nouvelle conférence s’ouvre à Montpellier.

Honorius III cherche un compromis : il demande aux seigneurs du Midi, pour la énième fois, de chasser les hérétiques. Amaury, qui bon gré, mal gré, s’est désisté en faveur du roi, n’en accepte pas pour autant de voir revenir Raymond VII. Et tous les évêques méridionaux le soutiennent qui constatent avec consternation que les Cathares relèvent la tête.

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une grand-mère qui s'amuse tout en espérant gagner un peu d'argent

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