Saint Minas, à la porte du froid

Saint Minas, un militaire de l’armée romaine, justicier et bienfaiteur, est commémoré le 11 novembre tout comme saint Martin

« A la Saint-Minas

Je me suis annoncé

Et à la Saint-Philippe

Je me suis présenté »

Tel est l’avertissement qu’adresse le grand froid aux bergers et aux agriculteurs. Ce dicton météorologique est toujours en vigueur dans le Sud-Est européen où saint Minas protège les bergers des loups qui apparaissent en même temps que les premières neiges. C’est pourquoi à la Saint-Minas les femmes ne touchent pas aux ciseaux et les hommes évitent d’ouvrir leurs couteaux, assimilés à la gueule tranchante du loup.

Il est intéressant de noter que les chapelles rurales dédiées à saint Minas sont en contrebas de collines couronnées d’églises et de sanctuaires dédiés, eux, à saint Elie, personnage mythique et solaire par excellence dans la tradition gréco-chrétienne. Ce n’est pas seulement pour ne pas porter atteinte à sa prééminence, mais aussi  pour trouver refuge et hospitalité aux pieds des montagnes qui tiennent lieu de chimadio.

scene-agricole-saint-MinasLa Saint-Minas constitue comme la Saint-Martin une « frontière » dans le cycle des travaux agricoles : elle est l’ultime date d’ouverture et de dégustations des vins nouveaux. On considère qu’à cette date le moût a accompli sa « quarantaine », ayant mûri pendant quarante jours depuis sa mise en tonneau. Dans cette perspective, saint Minas ressemble au saint Dimitri, au saint Georges d’automne, l’ « ivrogne » du monde orthodoxe et au saint Martin des traditions catholiques. Une autre ressemblance entre ces quatre saints est leur vie, leur personnalité, les miracles qui leur sont attribués et qui donnent lieu à une abondante iconographie. Ils sont tous des chevaliers, des « saints militaires ». En effet saint Minas, originaire d’Alexandrie, était officier de l’armée romaine, converti au christianisme et fervent défenseur de la nouvelle Foi. Martyrisé vers 300, il fut rapidement canonisé. Une croyance populaire crétoise, anecdotique mais très significative, voit en saint Minas l’un des principaux acteurs de la victoire d’El-Alamein, en 1942, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Les traditions associées à sa vie se rapprochent de celles attribuées également à saint Nicolas : il se présente sous forme de chevalier bienfaiteur, qui découvre et punit, répare les injustices inavouées, retrouve  les objets perdus, prévient les viols et guérit les malades. Par une paraphrase de son nom (Minas = message, messager), le saint est considéré comme l’annonciateur et le vengeur des fautes morales et des préjudices et, par extension, le protecteur des pauvres et des faibles.

 

https://lescoptes.jimdo.com/historique-et-saints/la-vie-des-principaux-saints/saint-minas/

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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