Sept fleurs parfumées

Il y avait une fois, il y a bien longtemps, un Roi qui avait une très belle fille à marier. Un jeune prince qui voyageait pour étudier le monde, vit un jour la jeune princesse. Elle rentrait au château, accompagnée de ses servantes. Le prince en tomba amoureux. Il courut au château, demanda audience au Roi et se présentant comme fils d’un puissant souverain qui régnait au-delà des mers. Il demanda la main de la princesse. Le Roi répondit: – Si ma fille est contente, je consentirai à votre mariage mais, avant, il faut que je te mette à l’épreuve: ma fille possède sept châteaux. Demain je l’accompagnerai dans son château préféré. Si tu es capable de découvrit ce château tu seras reçu en audience, si non… tu auras la tête tranchée. Le prince accepta la terrible épreuve et le lendemain il partit à la recherche des sept châteaux.

Le premier était une véritable forteresse: on ne voyait que fossés, pont-levis, portails de fer, armes et soldats aux créneaux. Le prince hocha la tête: – L’aimable jeune fille ne peut aimer la guerre, ses yeux bleus parlent de paix.

Le deuxième château était couvert de marbres précieux, de fenêtres de cristal et d’albâtre. Le portail de bois était sculpté et décoré de pièces d’argent. Sur le fronton brillaient les armes de la famille royale. Partout on ne voyait que de l’or et des pierres précieuses. Le prince détourna son regard: – La gentille princesse ne peut aimer le luxe et la pompe. La simplicité de ses vêtements indique sa modestie.

fleursLe troisième château était grand et simple, mais on y entendait des cris, des rires, de la musique et des danses. Le prince s’éloigna: – La gentille princesse ne peut aimer les fêtes bruyantes et mondaines, son sourire parle de tranquillité.

Le quatrième château n’avait rien de spécial. Des fenêtres sortaient des odeurs de rôtis, de sauces, de gâteaux etc. Le prince détourna les yeux encore une fois: – La jeune princesse ne peut être gourmande, sa frêle silhouette parle de sobriété.

Le cinquième château avait sur la porte un grand écriteau: « Il est interdit de mendier »  « Le personnel est au complet »  « Attention aux chiens »  « Défense d’entrer ». Le prince ne s’arrêta même pas. Sa gentille princesse ne peut être égoïste et méchante, son doux sourire parle de bonté et d’amour.

Le sixième château semblait un couvent ou une prison silencieuse et austère. A travers les barreaux du portail on ne voyait que des domestiques aux visages maussades et grognons, à l’allure lente et triste. Le prince rebroussa chemin: – La princesse ne peut aimer la tristesse, son visage parle de gaîté et de joie.

Le septième château était le plus petit. Il était simple et gracieux au centre d’un vaste jardin. Sur les arbres des oiseaux chantaient joyeusement. Les allées du parc étaient couvertes de fleurs et dans le grand bassin frétillaient d’innombrables poissons dorés. Le prince s’arrêta, ému. -Voici certainement le château préféré de la princesse, pensa-t-il. Il m’a suffit d’un regard pour comprendre que cette douce jeune fille aime les merveilles de la nature. Tout en elle parle de bonté, d’amour et de beauté.

Le prince tira sur une chaîne qui pendait le long du mur et un son harmonieux se répandit dans l’air. Le roi reçut le jeune homme immédiatement.

fleurs– Je suis content de toi. L’épreuve est résolue, dit le roi en souriant. La princesse ma fille est heureuse de devenir ton épouse, mais maintenant il faut montrer ton habilité et ton intelligence. Tu dois offrir un cadeau à la princesse, mais sans sortir de ce château. La porte ne s’ouvrira que pour vos noces ou… en cas d’échec!… Tu as sept secondes pour me dire ce que tu désires offrir à ma fille. Un… Deux… Trois…

– Je lui cueillerai, de mes propres mains, sept fleurs différentes. Je les prendrai dans ce jardin et les lui offrirai.

– Très bien! dit le roi. C’est une bien gentille pensée qui certainement plaira à la princesse.

Le prince descendit au jardin pour choisir sept fleurs différentes. Il faut vous dire qu’en ce temps-là, les fleurs avaient des formes différentes, mais elles étaient toutes blanches. Au bout d’une heure le prince se présenta devant le roi: -Voici le bouquet,  j’ai l’honneur de vous demander la main de votre fille.

– Doucement, doucement, dit le roi, tout le monde est capable de cueillir sept fleurs en une heure, toi, tu dois les cueillir en sept minutes.

Le prince retourna au jardin. Il se demandait tristement comment il pourrait cueillir en sept minutes, sept fleurs différentes alors qu’elles se ressemblaient toutes! De sa fenêtre, la jeune princesse regardait le beau jeune homme en soupirant. Pourvu qu’il réussisse! Elle se retourna vers sa fidèle servante qui, heureusement, était une fée.

– Fidèle servante, aide ce jeune homme, je t’en prie, lui demanda la princesse.

La fée ouvrit la fenêtre, frappa trois fois dans ses mains et referma rapidement la croisée. Le prince regarda autour de lui émerveillé. Les fleurs qui étaient blanches prenaient tout à coup des couleurs différentes. Il y en avait de blanches, de roses, de jaunes, de toutes teintes. Il eut vite fait de cueillir sept fleurs différentes et retourna chez le roi.

-Voici le bouquet. Veuillez m’accorder la main de votre fille.

La princesse le vit de sa fenêtre et se mit à pleurer. Elle appela encore une fois sa bonne servante et lui demanda de l’aider. La fée ouvrit la fenêtre, frappa trois fois dans ses mains et referma la croisée. Oh! Miracle! Les fleurs qui ne pouvaient se distinguer que par leur forme ou leur couleur dégagèrent routes un parfum différent.

Le prince choisit sept parfums et retourna rapidement vers le roi.

– Voici le bouquet, Majesté, puis-je avoir l’honneur de demander la main de votre fille?

– je te l’accorde, dit le roi. Tu offriras toi-même ton bouquet à la princesse… mais tu devras la reconnaître au milieu de sept jeunes filles voilées. Si tu sais la découvrir elle sera ta femme… si non tu auras la tête tranchée.

La fée-servante aida le prince à réunir ses sept fleurs par un ruban doré et il pénétra dans la grande salle où sept jeunes filles voilées l’attendaient, assises sur sept fauteuils semblables.

Le prince s’approcha de la première jeune fille, qui, attirée par les délicats parfums du bouquet, allongea la tête pour en respirer l’odeur et « atchoum » elle éternua! La fée, en cachette, avait mis du poivre sur chaque fleur. Le prince s’éloigna et présenta le bouquet à la seconde jeune fille, qui comme la précédente avança la tête et éternua. Le prince continua le même stratagème devant la troisième, la quatrième, la cinquième et la sixième. Toutes, attirées par le bouquet se mirent à éternuer. Quand le prince arriva devant la septième, celle-ci, sans faire attention au parfum, saisit le bouquet et le pressa sur son cœur.

– Retirez les voiles! dit le Roi. Que la jeune fille choisie s’avance!

C’était la jeune princesse rayonnante de joie. Le prince lui prit le bras et vint avec elle s’agenouiller devant le roi qui bénit les futurs époux.

C’est depuis ce jour mémorable que, dans le grand jardin du château royal, se trouvent les fleurs les plus belles, les plus variées et les plus parfumées de tout le royaume.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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