Préparation à l’ancienne des murs pour pose du Papier Peint

Comment préparer avec des techniques anciennes les murs pour poser du papier peint. Bien sûr il est plus facile d’utiliser des produits du commerce, mais le retour au « naturel » nous incite à reproduire la façon de faire de nos grands-parents

Préparation des murs

Avant d’exécuter la pose du papier il importe que les murs soient soigneusement apprêtés afin que le travail soit aussi parfait que possible.

Suivant que les murs ont déjà était tapissés ou que, neufs, ils n’ont jamais encore été recouverts, les travaux de préparation seront quelque peu  différents.

Préparation des murs neufs.

Cette préparation consiste en premier lieu à égrener parfaitement la surface afin qu’aucun grain de plâtre, qu’aucune aspérité ne subsiste, sur lesquels le papier serait soulevé ou pourrait s’arracher. Cet égrenage sera fiat au couteau ou au grattoir, mais bien entendu, sans appuyer pour ne pas entamer la surface.

Si quelques trous même petits existent, ils seront bouchés soit au plâtre, soit au blanc de Meudon. Avec du papier de verre, toute la surface sera poncée, époussetée avec soin et l’on s’assurera en passant la paume de la main sur le mur qu’aucune aspérité ne subside.

Sur tout le pourtour du plafond il faudra en haut des murs faire disparaitre la couche de peinture à la détrempe qui pourrait exister. Pour cela vous utiliserez un « couteau » pour gratter cette couche de peinture avant de poncer au papier de verre.

Si une corniche existe, ce travail ne sera probablement pas nécessaire, car il est plus pratique d’arrêter la détrempe sur une partie arrondie que dans un angle. Il est utile d’enlever la détrempe, car celle-ci absorberait la colle qui se trouve sur le papier et rapidement celui-ci se décollerait.

La colle

Employez de la colle, que vous achèterez dans le commerce. Mais pour les produits « faits maison » voici la recette de la colle qu’utilisait nos grands –parents en employant de la colle de pâte préparée avec de la farine de blé, en comptant 250g de farine par rouleau à coller. Délayez la farine dans très peu d’eau, ajoutez ensuite l’eau nécessaire et portez au feu jusqu’à ébullition sans cesser de remuer ; laissez bouillir peu de temps, toujours en remuant. Laissez refroidir et ajouter 2% d’alun et 1% de borax qui assureront la conservation de la colle. Vous pouvez acheter de la colle de pâte toute préparée chez un droguiste ou encore une colle en poudre à base d’amidon ; cependant pour des papiers unis mats et des papiers fragiles, la colle de pâte sera employée de préférence ; suivant l’épaisseur du papier, la colle sera plus ou moins étendue d’eau, un papier mince étant collé avec une colle plus liquide qu’un papier très épais.

Bandes à l’eau

Elles ont pour but de masquer les fissures qui se produisent entre les pans de bois et le plâtre des murs ou encore sur les endroits des charnières des portes de placards. Ces bandes sont constituées par du papier gris découpé sensiblement de la largeur de la main. Elles sont mouillées à l’eau avec une faible partie de colle et posée à cheval sur les fissures ou les charnières. Elles servent en somme à renforcer aux endroits faibles le papier de tenture. Pour obtenir une protection supérieure, on peut employer la bande à l’anglaise, qui est constituée par une double bande de papier, la première collée directement à cheval sur le plâtre et l’huisserie et la seconde un peu moins large étant collée sur la première.

Ces bandes simples ou doubles évitent que le papier de tenture ne se fende quand inévitablement le bois travaille. On peut du reste, pour permettre à la bande à l’eau de jouer et de faire soufflet, ne la coller, qu’après l’avoir trempée dans un seau d’eau, seulement en haut et en bas avec très peu de colle.

Papier de fond

Généralement on se contente de coller directement le papier de tenture sur les murs nus, mais pour un travail soigné il est préférable de coller en premier lieu un papier de doublure ou d’apprêt qui assure un fond plus net.

Le papier qui ne comporte pas d’émargement se colle à joints vifs, c’est-à-dire sans recouvrement d’une bande sur l’autre, qui apparaîtraient sur le papier de tenture. Les joints n’auront pas besoin d’être parfaitement approchés, un espace de 1 à 2 mm pourra exister entre les bandes. Dans les angles des murs on pourra se dispenser de coller ce papier d’apprêt qui pourrait s’opposer à un pli net du papier de tenture. De même il sera arrêté à 5 cm du plafond ou du bord inférieur de la retombée.

Préparation pour certaines tentures spéciales.

Certains papiers de tentures très épais ou parcheminés, imitant la soierie, ainsi que les papiers lavables nécessitent un apprêt spécial des murs.

Ceux-ci ayant été égrenés, poncés au papier de verre n°1 et balayés, on devra les encoller à la colle de pâte. Ensuite, après collage des bandes à des bandes à l’eau, le papier d’apprêt sera posé à joints vifs avec une colle assez épaisse. Ce papier d’apprêt doit en effet adhérer fortement au mur, de manière à permettre l’application de la préparation suivante ; colle de pâte, 2 parties ; blanc gélatineux, 1 partie ; blanc de Meudon tamisé, qui se fera à l’aide du couteau à enduite. Après séchage passer cet enduit au papier de verre pour enlever les grains qui pourraient subsister dans l’enduit.

Préparation sur murs anciennement peints à l’huile.

On ne peut coller directement des papiers de tenture sur des murs précédemment peints à l’huile sans faire subir à ces derniers une préparation.

En effet, la buée qui peut se produire dans toute pièce par temps froid en coulant sur le fond de peinture détrempera la colle et rapidement vos papiers tomberont. Il faut dans ce cas faire un encollage à la colle de peau, qu’on laissera sécher avant de procéder à la pose du papier.

Sur des peintures vernissées on devra même faire un lessivage à la potasse ou à l’alcali avant de procéder à l’encollage.

Préparation sur murs peints à la détrempe ou à la chaux.

Dans ce cas il faudra faire disparaître l’enduit de chaux ou de colle à l’aide du grattoir avant de procéder à l’encollage de toute la surface des murs.

Apprêts des cloisons en bois ou portes de placards

Le bois, suivant les saisons, joue de façon plus ou moins sensible. Si un papier de tenture est collé directement sur un tel support, il ne résistera pas  longtemps et des déchirures se produiront dans la tapisserie.

Pour éviter de telles dégradations, il faut couvrir les parties de bois appelées  à être recouvertes de toiles sur lesquelles seront collés les papiers d’apprêt et ensuite le papier peint.

La toile est posée à sec, en la clouant bien tendue sur tout son pourtour à l’aide de semences. Ensuite on procède au marouflage, c’est-à-dire l’encollage de la toile avec de la colle de pâte. Les bords seront particulièrement bien enduits de façon à fixer les filandres de toile qui pourraient dépasser. Au lieu de colle de pâte on peut utiliser de la colle faite avec de la farine de seigle, qui sera employée assez épaisse et dans laquelle on met une ou deux têtes d’ail. Si l’on désire faire un travail plus soigné donnant un marouflage très solide, il faudra employer de la colle à la céruse, qui est un enduit composé de céruse en pâte «étendue de vernie et d’un peu de siccatif.

Avant de commencer à faire le collage des papiers d‘apprêt, il faudra bien laisser sécher la toile pour qu’elle se tende. Les papiers de doublure étant collés, la toile sera bordée sur son pourtour.

Dans la pose des papiers très épais ou lavables, le papier d’apprêt ordinaire sera remplacé par un papier fort. Si vous avez à refaire les papiers sur des toiles déjà existantes et que celles-ci soient encore bonnes, retendez-les en les reclouant de préférence en haut, bordez-les à nouveau et posez le papier d’apprêt.

Arrachage à vif des vieux papiers de tenture.

Cette opération est particulièrement fastidieuse mais cependant, lorsque les murs sont déjà recouverts de plus de trois papiers superposés, le collage d’un papier neuf devient difficile sur les vieux et le travail risque d’être mal fait, car on peut observer des décollements le long des boiseries sur le pourtour des portes, des fenêtres et sur les bords du plafond. Il est donc indispensable d’exécuter ce travail. Le moyen le plus efficace consiste à mouiller à l’eau chaude le vieux papier et, quand il est suffisamment mouillé, on l’enlève à l’aide du couteau à reboucher.

Le mouillage doit être fait à l’avance, de façon que le papier soit bien imprégné au moment du grattage. La préparation du mur mis à nu se fera alors de la même façon que pour les murs neufs dont nous avons parlé précédemment.

Si vos murs ne sont recouverts que d’un ou deux papiers de tenture et que l’arrachage à vif vous rebute, contentez-vous alors d’enlever partiellement à l’aide du couteau toutes les parties d’ancienne tenture qui n’adhèrent plus au mur et risqueraient de produire un mauvais travail, principalement autour de toutes les ouvertures,  boiseries, plinthes, plafonds.

Si vous avez à poser des tentures lavables ou très épaisses sur d’anciens papiers de même nature, sans vouloir gratter ces derniers vous devrez opérer de la façon suivante : poncez les joints de l’ancien papier et enduisez-les au mastic à la colle. Encollez ensuite l’ancienne tenture au blanc gélatineux pur à l’aide d’une brosse. Collez un papier d’apprêt avec une bonne colle de pâte afin qu’il tienne bien. Enfin, poncez toute la surface au papier de verre avant de poser le nouveau papier.

Dans tous les cas, aucun clou ne devra subsister dans les murs.

Préparation sur murs humides

L’humidité des murs ne permet pas un encollage résistant si on ne la supprime pas ou tout au moins si on ne l’isole pas du papier de tenture.

Deux cas peuvent se produire suivant que l’on est propriétaire ou non de la maison ou de l’appartement qu’on habite. Un propriétaire pourra se permettre de faire les travaux nécessaires pour tenter de supprimer définitivement l’humidité d’un mur, tandis qu’un locataire hésitera à faire une dépense assez importante.

Dans ce cas il pourra avoir recours à un procédé peu coûteux et malgré tout efficace ; on fait bouillir 3 kilo d’huile de lin crue avec 300 g de litharge pendant trois heures à feux doux. Cette préparation devra être faite dans une casserole en terre vernissée à l’exclusion de toutes autres en métal. Ecumez pendant la cuisson et remuez doucement de temps en temps avec une cuillère de bois. Après refroidissement, tamisez ou décantez. Remettez au feu et ajoutez 1 kg de cire jaune d’abeilles coupée en morceaux, mélangez sans laisser bouillir. Vous obtiendrez ainsi un mastic hydrofuge.

Le mur étant dépouillé de ses papiers de tenture et les raccords étant faits, appliquez l’huile que vous aurez fait bouillir, à l’aide d’une brosse, en une première couche légère. Faites pénétrer l’huile en tapotant. Plus elle sera brûlante, plus elle pénètrera dans le mur. Laissez sécher l’enduit jusqu’au surlendemain et recommencez une deuxième fois l’opération. Il faudra alors laisser sécher l’enduit pendant une dizaine de jours.

fama-volat

une grand-mère qui s'amuse, certes, mais qui aime aussi partager ce qu'elle apprend

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